PEINTURES. — FOUQUET PORTRAITISTE
insi qu'on l'a déjà pu voir par certains faits de sa vie. Jehan Fouquet fut donc un vrai peintre, un peintre au sens le plus complet du mot, un peintre tel qu'on l'entendait au xve siècle, aple aux besognes les plus diverses, publiques ou privées, glorieuses ou obscures, qui rentraient alors, d'après les habitudes et les règlements, dans les obligations du métier. De ses travaux décoratifs, peintures murales, toiles peintes, cartons de tapisseries, patrons de sculptures, tableaux d'église, par malheur, rien n'a survécu. Ce n'est pas que son nom ne vienne, tout d'abord, flotter sur nos lèvres en présence de certaines œuvres contemporaines ! Dans le beau plafond de la chapelle Jacques Cœur, à Bourges, les anges souriants, petilsfîls de van Eyck, sont des anges de famille ; comme ceux de Fouquet, ils ont respiré, en passant, l'air de Toscane. Dans le triptyque de l'église Saint- Antoine, à Loches, la Marche au Calvaire, le Crucifiement, la Mise au tombeau, c'est encore plus la clarté vive de Fouquet dans les ordonnances, son naturalisme franc et ingénieux dans les types et les expressions, et, si l'on n'y peut voir, à cause de la date (1485) un peu postérieure à celle de sa mort, une œuvre complète de sa main, on doit au moins y reconnaître des panneaux dessinés par lui et terminés par ses fils ou d'autres élèves1. Beaucoup d'autres débris du passé, vestiges de fresques ou fragments de verrières, dans la région tourangelle, peuvent éveiller aussi le même souvenir. Néanmoins, ce ne sont point là des œuvres assez
1. Un examen plus facile et plus attentif du triptyque de Loches, complaisamment prêté parla Fabrique à l'Exposition du Pavillon de Marsan, a permis d'y reconnaître, en certaines parties, la main de Jehan Hourdichon. Voir l'Exposition des Peintres Primitifs, par Georges Lafenestre, 1 vol. gr. in-8°, avec 80 gravures. Paris, 1904.
authentiques, ou suffisamment personnelles, pour qu'on y veuille cherc her des preuves certaines de son génie.
Cinq tableaux peints, une centaine de miniatures, voilà, en somme, le seul bagage incontestable qu'on puisse, jusqu'à présent, restituer au peintre royal, si célèbre et si fécond. Hâtons-nous de dire que ses prédécesseurs ou successeurs dans la faveur des rois (maries VII et Louis XI,
Pierre Hennés, Jacob
de Lite mont, Henri Mellm, Coppin Délit, Jehan Perréal, Jehan Loyer, Jehan Bourdifhon, ont été plus maillai lés encore par notre indifférence. 1 )es quatre premiers, aucune trace.
Quant aux trois derniers, les ouvrages qui leur ont été rendus, le tombeau de François II de Bretagne dans la cathédrale de Nantes, dont les projets, exécutés par Michel Colombe, sont dus à Jehan Per-
Jbram Fodqubt.
Louis XI présidant dm chapitre DB 1/OrDRB i>e Saint-Michel | M ■ ii i al tire placi'c pu lele <lu Ms. français luis 19 de la Bililiotlu''i|ue nalinnalcl.
réal, et le Livre d'heures de la reine Amie de
Bretagne, enluminé par Bourdichon el Loyer, suffisent sans doute ii nous expliquer leur renommée : toutefois, celle beauté même ne peut que grossir en nous le regret de ne point connaître les autres travaux dus aux mêmes artistes, travaux si nombreux et si importants '.
L. Depuis la première publication de ce trav ail dans la Heene des liei/.r M, miles 1 j |an\ ht I !'n-j , le nombre des peintures et miniatures qu'on peut attribuer, avec certitude OU grande probabilité, i Jehan Fouquet et à ses élèves, notamment a Bourdichon el au maître de Moulins (J. Perréal?] s'est considérablement augmenté, grâce a la clairvoyance crudité de MM. Paul Durrieu, Bouchot, Émile Mâle, Leprieur etc.. On en a vu récemment plusieurs à l'Exposition des Primitifs français (avril-juillet 1904).
l'ignorons
Les cinq panneaux de Fonquet, même celui qui représente un sujet religieux, la Vierge et l'Enfant, sont des portraits ; or, nous le savons, c'est le portraitiste surtout qu'admirèrent en lui Filarete, Florio, tons ses contemporains. C'est un bonheur, sans doute, mais bien incomplet, puisque, dans la série, ne se retrouve point le plus célèbre, le Portrait d' Eugène /T . C'était, hélas ! (chose rare alors et que tous ont signalée comme une sorte d'innovation) une peinture sur toile, et la fragilité de la matière a pu hâter sa destruction. C'était aussi (chose encore peu commune) un assemblage de portraits, une vraie peinture d'hisloire. Le Pape s'y présentait entre deux dignitaires; tel on verra, quelques aimées pins tard, Sixte IV, entouré de ses quatre neveux, dans la fresque de Melozzo à la librairie Vaticane; tel, au siècle suivant, Léon X avec
deux cardinaux, dans le tableau -•-^^«^ll ~i deRaphaë.l.Etaient-ce des figures
en pied ou à mi-corps? Nous Elles étaient probablement de naturelle
assez soignée, du xvie siècle, qui circule dans les recueils de biographies pontificales, n'a reproduit que le personnage principal. On y voit Eugène, à m i -
corps, de trois quarts, le bras gauche appuyé sur une balustrade, la main droite reposant sur le poignet gauche ; il semble être debout. Son costume est tout à fait simple, de ceux qui plaisaient à Fouquet comme ils plaisent à tous les peintres physionomistes : calotte plate à liseré de fourrure, surplis uni de linge, à petits plis ; col étroit et bas. Au-dessus de ce corps tranquille, la tète, forte et grave, s'enlève en vigueur, avec des accents très marqués dans les creux et saillies, les orbiles, les sourcils, les ossatures, les rides et les veines. A travers la traduction fatalement infidèle, quoique sincère, d'un artiste postérieur, on reconnaît
grandeur La gravure
Charpentiers construisant la Croix Dessin d'après une miniature du Livre d'heures d'Etienne Chemlier (Musée Condé, à Chantilly).
JEHAN FOUQUET 39 bien encore ce respect scrupuleux, celle élude attentive «le la vie ei de
École française nu xv* siècle.
Voûte de chapelle povb Jacques Cason iHotol do Jacques Cœur, a Bourges).
la nature qui attirèrent alors au Français l'admiration de ses émules d'Italie poursuivant le même idéal de vérité.
Des cinq panneaux retrouvés, deux son! au Musée du Louvre (le roi Charles VU et le chancelier Jouvenel des Ursins), un au Musée de
JEHAN FOTJQUET
Berlin, E 'tienne Chevalier, un dans la galerie Liechtenstein à Vienne, le Portrait de Jeune homme inconnu, le cinquième au Musée d'Anvers [la
Jehan Fouquet. — Etienne Chevalier présenté par saint Etienne (Volel gauche du diptyque de Melun. — Musée de Berlin).
Vierge et P Enfant Jésus). Le portrait du roi, au Louvre, est regardé, par quelques érudils, comme un spécimen du jeune talent de Fouquet, avant son départ pour l'Italie* Les petits rideaux verts, glissant, clans le fond,
sur mie tringle, encadrent, nous assure-t-on, Lrop prosaïquemenl l'effigie royale, pour que ce futile décor ail élé conservé par un homme revenant
Jehan Fouquet. — La Vibrgb sm s lus traits d'Agnès Sorbi. i Voici droit >l u diptyque do Uolun, — Musée d'Anvers).
(I Italie. L'argument, ;i vrai dire, ne suppose ni nue connaissance bien sûre de Tari toscan du xve siècle, où les accessoires de ce -cure, topiques cl significatifs, sont d'ordinaire scrupuleusemenl conservés, ni surtout nue
observation bien attentive des habitudes de Fouquet, qui garda toujours ce respect du détail exact, comme une affirmation probante de sa rigoureuse sincérité. Sans doute. L'inscription, le Très Victorieux Roi/ de France, jamais employée avant la reprise de la Guyenne (1451), peut avoir été ajoutée après coup. Qu'importe? Cette date même (1450 à 1400) ne se lit-elle pas dans les traits du modèle et dans le style de la peinture ?
Si Charles VII, entre quarante-sept et cinquante-sept ans, à celte époque, est le « Très Victorieux », c'est aussi le « Très Malheureux ». Les désillusions, de toutes parts, l'accablent en même temps que la gloire. Sa bonne conseillère des mauvais jours, Agnès, est morte; le Dauphin, en exil, son fils maudit, de loin l'inquiète et le menace. L'ancien roi fainéant devenu, sur le lard, un vrai roi. justicier, laborieux, populaire, ne seul, autour de lui, qu'un fourmillement d'ingratitudes actives et de trahisons latentes. Avant qu'il se laisse mourir, de faim, assure-t-on, il esl depuis longtemps usé. navré, flétri, à bout. Sous son lourd chapeau bleu rayé de zigzags blanc s, dans son épaisse jaquette, quelle allure triste cl comme endolorie ! Traits tirés, face bouffie, chairs congestionnées et couperosées, lin tel visage porle-t-il moins de quarante-cinq à cinquante ans ? Evidemment, le peintre a été aussi franc, d'une franchise rude et virile, avec son roi, qu'il Ta été avec lui-même. La ressemblance est criante, d'une exactitude implacable et qui apitoie. Tel sans doute apparaissait le pauvre Charles, écoulant la messe, grelottant, fiévreux, entre les rideaux de sa logette, à la Sainte-Chapelle de Bourges, où le tableau resta jusqu'à la destruction de l'admirable édifice par le cardinal de La Rochefoucauld, en 1757. Quand Fouquet voudra donner de son roi une image moins pénible, il saura bien, d'ailleurs, retrouver, sous le masque de l'âge et des souiï'rances, le galant chevalier d'autrefois; vers le même temps, dans une miniature célèbre, C Adoration des Mages (Livres d'heures d'Etienne Chevalier), c'est en elle! Charles VII, aussi grave, mais moins accablé, el retrouvant, pour la circonstance, sa noble allure, qui s'agenouille encore aux pieds de la Vierge. C'est bien exactement le même homme, du même âge, avec les mêmes caractères, mais l'expression est tout autre et suffit à le transformer. Après tout, n'en est-il pas de même dans la vie ? L'homme d'Etat qui se lève énervé, maussade, fripé, se ressemblera-l-il à lui-même une heure après, lors d'une cérémonie publique, dans le feu de la parole
Poiithait nu roi Charles Vil (Musée du I. ouvre).
on de l'action ? Rien ne prouve mieux encore la sagacité el la souplesse de l'artiste véridique. Quanl à sa technique, malgré l'usure el les repeints, on la perçoit assez encore pour en constater l'ampleur el la force : c'est la technique d'un peintre vigoureux, en pleine maturité, celle-là même qu'on admire tout auprès, sur un panneau inoins fatigué, le Portrait du chancelier Guillaume Jouvenel des Ursim < I £00-1 172).
Plus âgé de trois ans que son roi. peinl vers la même époque, son heureux conseiller forme avec lui un singulier contraste. Gros el gras, le visage plein el vermeil sous sa calotte de cheveux ras. on dirait d'un bon moine réjoui, joignant les mains devant son lutrin, si la riche houppelande de pourpre à fourrures qui l'enveloppe, la somptueuse escarcelle d'or pendant à sa ceinture, les magnifiques lambris dorés, plaqués de marbres précieux, portant ses écussons héraldiques, ne nous annonçaient hautement l'importance du personnage. Guillaume est un dignitaire puissant, repu et sanguin, opulent, solennel, vaniteux. Fouquet lui en a donné, honnêtement el largement, pour ses écus ; si le chancelier a pu se mirer dans son image, les courtisans moqueurs l'yonl bien dû reconnaître aussi. Le style de celle ligure si vivante est robuste el magistral : la peinture en est chaude el riche. Il faudra bien du Lemps avant qu'on ne retrouve, en un portrait français, une telle vigueur de franchise. Avec son intelligence accoutumée des traditions, qu'il modifie sans les détruire, Fouquel ;i >u. d'ailleurs, associer harmonieusement, à des traits vigoureux, à de fortes couleurs, à la facture large ei précise des grands Florentins cl des grands Flamands, les joyeuses dorures du Moyen Age, accenluanl ainsi le luxe du milieu où s'épanouil son modèle.
L'or aussi esl employé, mais plus discrètement et pour de simples détails, dans les deux panneaux qui formaient autrefois un diptyque dans l'église de Melun. L'œuvre complète, souvent décrite. Irès admirée, resta en place jusqu'au xvin' siècle. Les peintures étaient alors encadrées dans une riche bordure de velours ornée d'orfèvreries et d'émaux peints, probablement semblables au médaillon du Louvre. A la suite d'aventures inconnues qui les séparèrent, l'une d'elles, lu Vierge, entra au Musée d'Anvers, avec les collections Van Ertborn; l'autre. Etienne Chevalier et son Patron, achetée à I>àle. vers 1805, par M. Brentano, de Francfort-surle-Mein, n'est sortie de sa famille qu'en 1896, pour aller au Musée de
Berlin, malgré plusieurs tentatives françaises faites parle Musée du Louvre, le duc d'Aumale, Mme Edouard André, pour ramener cette pièce précieuse à son lieu d'origine. De tout temps, la Vierge de Melun a passé pour l'image d'Agnès Sorel, la protectrice de Chevalier, qui fut l'un de ses trois exécuteurs testamentaires. Certains traits communs avec la statue funéraire de Loches, la hauteur du front bombé et très découvert, l'absence presque complète de cils, la finesse du nez, la petitesse de la bouche, el, de plus, la rondeur ferme du sein jaillissant de la robe dégrafée, celle beauté dont Agnès élail fière, donnent quelque vraisemblance à cette tradition. (vhioi qu'il eu soil, la mère et l'enfant trahissent encore l'étude d'après nature, élude pénible, à peine transposée. Les angelots pourprés, voltigeant à la cantonade, ne suffisent pas à diviniser le groupe. Reste une grande dame, de beauté française, non classique, mais intelligente et affable, une reine, si l'on veut, coiffée en arrière d'une haute couronne surchargée de rubis et perles, en robe gris bleu, de gala, très serrée autour de la taille longue et fine, avec ceinture pendante d'orfèvrerie, et, sur les blanches épaules nues, un manteau blanc doublé d'hermine. Elle regarde doucement son nourrisson, aux cheveux roux, aux yeux gris, un petit Français aussi, nu, assis sur ses genoux. La peinture, désaccordée, grisâtre, frottée, éteinte, a beaucoup souffert ; autant qu'on en peut juger, le style, surtout dans les contours de l'enfant, est encore sec et dur, comme d'un homme qui pense trop aux naturalistes âpres des fresques ultramontàines.
La même fermeté, mais, celle fois, avec une entière franchise et une admirable aisance, s'affirme dans l'autre panneau de Melun, mieux conservé1, au Musée de Berlin. Ici, le grand trésorier de France se présente agenouillé, les mains jointes, dans un intérieur, accompagné par son patron, saint Etienne. Celui-ci est debout, en robe noire, à bandes d'orfroi, tenant, sur un riche missel, la pierre de son martyre ; la tête blonde et tonsurée est d'une expression fervente et digne, aussi réelle et aussi vivante que la tête, couronnée de cheveux noirs, de l'adorant en houppelande pourprée ; le saint et son protégé sont également des portraits; le
1. Nous parlions alors du tableau d'après nos souvenirs d'une visite à Francfort, chez M. Brentano. Nous avons pu malheureusement constater, a l'Exposition des Primitifs où ce précieux morceau avait été gracieusement envoyé par le musée de Berlin, que, depuis son entrée dans cette collection, la peinture avait été éclaircie, non sans dommage, par un nettoyage récent.
fond de marbres à pilastres accentue In réalité de la scène. L'exécution des visages, des mains, des draperies, des accessoires, esl d'une sûreté el d'une
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(Collection il» prince Liechtenstein, ù Vienne
délicatesse comparables à celles des meilleurs Florentins, que le Tourangeau rappelle encore par L'aération légère el fine des fonds lumineux où se juxtaposent ses colorations fraîches el claires.
Le dernier portrait qu'on puisse résolument lui attribuer se trouve à Vienne, au palais Liechtenstein. C'est un homme d'une trentaine d'années,
rasé, aux traits irréguliers ; yeux inégaux et affectés d'un léger strabisme, grande bouche, lèvres épaisses, l'oreille ronde et trop forte, la main gauche sur une balustrade. Costume très simple : toque brune, vêlement brun, avec un fermail au col, une exquise orfèvrerie. L'œuvre est datée de I 456, en caractères capricieux comme ceux de l'émail du Louvre.
M. Friedlander croit y trouver un autre portrait de l'artiste ; c'est, je pense, une erreur. Malgré quelques traits voisins dans les types, la structure des maxillaires, la disproportion dans la grandeur des yeux, on ne saurait reconnaître, à
Jehan Bouquet. — Portrait b homme
Collection de m. le comte wiiczeck, vienne). Paris et à Vienne, le
même personnage. Peutêtre y a-t-il entre eux un air de famille ; peut-être avons-nous là le portrait d'un frère ou parent de Fouquet. Quoi qu'il en soit, c'est un type très français aussi, analysé et individualisé avec une énergie et une finesse tranquilles qui en font encore un chef-d'œuvre.
Depuis l'Exposition des Primitifs français, on peut joindre à ces peintures un sixième portrait, des plus beaux, appartenant a M. le comte
Wilczeck,de Vienne. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, de face, rasé, coiffé d'un vaste chapeau noir, en houppelande fourrée, les deux mains appuyées sur le bord d'une table, tenant dans la droite un verre plein, la gauche posée sur un couteau. Les traits ethniques, nez aquilin, larges oreilles, lèvres épaisses, yeux noirs, vifs et perçants, teint pâle et jaunâtre, caractérisant quelque descendant, poitevin ou berrichon, des Sarrasins de Charles Martel, comme on en rencontre encore dans la cou trée. L'exécution est d'une sûreté, d'une intensité étonnantes. Nous ferions plus de réserves pour un autre portrait d'homme-, appartenant au Musée d'Anvers, où il était classé dans l'école flamande, ("est un seigneur d'âge mûr, en vêtement gris, avec un large chapeau, tenant une flèche et la poignée d'un arc. Derrière lui. près d'une horloge, sur la muraille, on lit : « Tant que je vice, autre nauraytt. C'est la devise, nous dit M. Bouchot, de Philippe le Bon, lors de son mariage avec la duchesse [sabeau Tànt que je rire autre n'aurai dame Y.sabcau /), devise d'ailleurs courante au xvie siècle, qui lut celle des Trasigniës, celle de divers seigneurs tourangeaux, avec des variantes. Que l'œuvre soit de Fouquel ou d'un de ses excellents imitateurs, elle sort bien du milieu tourangeau, cl c'est un bon appoint pour l'école. On peut en dire autant du portrait d une daine, en coiffe d'étoffe noire, avec un voile, égrenant son chapelet, auprès d'une fenêtre ouverte où fleurissent des œillets dans un pol de terre, et celui d'un jeune homme en calotte sombre, avec un vêtement lacé au col. Tous les deux, la tète un peu dressée, attentifs, de- physionomies intelligentes et fines, sont d'une mine à la lois sérieuse et éveillée, (pu ne laisse pas plus de doute (pie leur type sur leur nationalité. On peu! rendre au — i à Fouquet un beau dessin de ta collection Heselline. «un Rommain légal de notre Saint Père en France », cl tu Dame <le Baudricourt avec ses dûmes, de la collection du comte Paul Durrieu. (Voirie Catalogue de t 'Exposition des Primitifs, par M. Bouchot, nos 13. 17, 18. \ \. 19.)