LE SIÈGE ©'ORLÉANS
Jacques Boucher attendait Jehanne avec son alose ; mais Jehanne était trop fatiguée et trop souffrante pour en prendre sa part ; elle mangea seulement un peu de pain, but la moitié d'un gobelet d'argent de vin et d'eau , fit mettre un nouvel appareil sur sa blessure , qui déjà était refermée , et se coucha.
A la pointe du jour, on réveilla Jehanne , en lui disant qu'on voyait une grande flamme et une épaisse fumée du côté du logis des Anglais, Jehanne se leva aussitôt, se couvrit, au lieu de sa lourde cuirasse, d'une légère jaque de mailles, et monta à cheval. En arrivant sur les remparts, elle vit les Anglais en bataille , qui avaient rangé leurs troupes jusque sur les fossés de la ville , et qui semblaient offrir le combat aux Français. Pendant la nuit, lord Talbot-, le comte de Suffolk et les autres chefs anglais avaient décidé de lever le siège; mais comme ils voulaient, pour sauver l'honneur, faire cette retraite , non pas en hommes que l'on chasse, mais en gens qui s'en vont de leur propre volonté, ils avaient mis le feu à leurs logis et rangeaient leurs soldats en bataille : ils étaient venus faire un dernier défi à leurs vainqueurs.
Les chefs français, à cette démonstration, voulaient sortir de la ville et accepter le combat ; mais, cette fois, ce fut Jehanne qui, au lieu d'exciter leur courage, essaya de calmer leur ardeur, u Pour l'amour et l'honneur du saint dimanche ! s'écria-t-elle, ne les attaquez point les premiers et ne leur deman-