‹ Jehovah et AgniChapitre 11 sur 22 · I.\ III · texte numérisé non relu

I.\ III

puis-pourris. Entre autres méprises, les anecdotiers confondaient les deux anciens chérubins de l’arche avec les deux génies à tète de bœuf et d’âne ou d’autres animaux analogues que les Egyptiens faisaient ligurer sur leurs flans ou barques sacrées. Ils les confondaient aussi, ce semble, tant avec l'ancien oracle mosaïque appelé Urim et Tummim, qu’avec VEphod de C.édéon. de l’Ephraïmite MikasG), et des prêtres de Dan et de Béthel, en Satnarie, car les veaux d’or de ces deux \illes étaient accompagnés d'un Ephod (-), et il en avait été probablement de même du veau d'or du désert, puisque les idolâtres qui l’avaient fait fondre et dresser, s’étaient écriés à sa vue : « voilà tes dieux, ô Israël, qui t’ont fait monter du pays d’Egypte (3). «

Quoiqu'il en soit, et pour remonter à l'origine des reproches faits aux Juifs d’adorer un âne ou une tête d’âne, le savant Bochart croyait les expliquer en disant que, comme les hébreux deGessen. dans leurs réponses aux exacteurs égyptiens, se servaient de l’expression Phi Ihoh, la bouche de Jeiiovah, ou Phi lah, la bouche de îuh , c’est-à-dire la parole, l’ordre, le commandement de Jéhovah ou d 'lah, les employés de Pharaon entendaient qu'on leur opposait Plu là ou Phi la, c'e9t à- dire l'âne, car en égyptien, Phi uu Pi n’était que l’article devant un nom

(1) Juges XVII, 5 ; XVIII, 17-20.

(2) Juges XV1I1, 17-20 et Osée 111, 4.

(Il) Exode XXXII, 4. — Cornp. I Rois, XII, 2*.

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ou qualificatif masculin. Bochart cilail en môme temps, et MM. Creuzer et Guigniaut ont reproduit après lui, maints vestiges d’un très-ancien culle de l’âne en Arabie, en Syrie, en Palestine, etc.!1). Puis G. -Fr. Daumer en a recueilli beaucoup d’autres pour la Judée sous la période des Juges(-).

IOn voit par ce qui précède qu’aux oreilles des Egyptiens les sons Phi là ou Phi la se rapportaient, non pas à l’âne en général, mais au dieu à corps ou à tête d’âne des habitants de Tanis-Avaris , adorateurs de Set ou Sulekh. Ces habitants, proches voisins des Hébreux , étaient des ïhjcsos ou des Khêlas, c’est-à-dire des Asiatiques, établis dans celte x i lie au moins depuis l’usurpation des Rois- Pasteurs. Après le détrônement de ceux-ci, et l’expulsion de leurs bandes armées, on n’avait pas troublé ces étrangers dans leurs possessions; la politique des Pharaons indigènes les y avait même maintenus afin de s’en servir comme d’ouvriers très-utiles pour la construction ou réparation des forteresses du Delta oriental. Ils appartenaient à la même race que les Hébreux, parlaient la même langue et professaient probablement la même religion. Tout porte à croire que nombre d’entre eux se joignirent aux Israélites tant dans la révolte de ces derniers contre le Pharaon (jue dans leur fuite de la Basse-Egypte, car le Penta-

(I) Voy. là-dessus Religions de f Antiquité, lit, p. i 4 1 (2) Voy. son 1 i v ue intitulé: Der Feuer und Moloehdienst der Mten Hebraer, Braunschweig, 1842. p. 172-91.

teuque afiirme en deux endroits qu’à leur départ de la ville de Ramsès les Beni-Israëls furent suivis d’un ramas de toutes sortes de gensO).

Les modernes égyptianistes dont il s’agit en ce moment inclinent donc à penser que le Tétragramme hébraïque se rattache plus au Iô ou fa, âne, de Tanis-Avaris, qu’au llià, Iuh ou lah, bœuf, d’ Héliopolis. Ils se prévalent même à ce sujet de la manière dont Ihuli est transcrit par la version grecque des septante à la tète des noms propres composés dans lesquels il entre comme élément constitutif. Pour cela ils s’arrêtent aux sept premiers livres de la Bible qui ne contiennent que six noms de cette espèce. Dans ce nombre , cinq débutent dans le texte hébreu par lu, ponctué là par les massorèthes, et transcrit de même par les septante, comme s'il s’agissait de l’âne Iô-Sel ou Sulekh de TanisO1 2). Ils font remarquer que le 6e seul, celui de Josué, ministre et succeseeur de Moïse, porte en tête lliu avec h , ponctué lin), comme s’il se référait au taureau Iliô-Mnevis d’Iiéliopolis , ville où Moïse aurait exercé la prêtrise selon Manéthon, mais que c’est là l’effet d’une rectification sacerdotale qui aurait préludé à celle de Iusph en lliuspii opérée

(1) Exode XII, 38; nomb. XI, 4.

(2) Ces cinq noms sont: Iu Iusph, Joseph, fils de Jacob; 2° lukbd , Jocabed , mère de Moïse ; 3° Iuach, Joas, père de Gédéon ; 4° luthm, Jotbam, son fils, et 3° Iual, Joël, fils de Samuel.

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