‹ Jehovah et AgniChapitre 15 sur 22 · LX IX · texte numérisé non relu

LX IX

antérieurs, je veux dire jusque vers la fin de la domination des Ramsès qui remplissent les XIXe, XXe et XXIe dynasties réputées indigènes.

Déjà, sous l’ancien empire, et dès le commencement de la IVe dynastie , Set et llorus apparaissent sur les monuments hiéroglyphiques comme les représentants de la souveraineté, l'un sur la Basse-Egypte ou le Delta et l’autre sur la Haute ou la Thébaïde. Ils sont tellement unis que chaque Pharaon, en montant sur le trône, se fait appeler VHorus et le Set, en même temps que : « Soleil, fils du Soleil »(*). Aussi le Rituel funéraire mentionnet-il une scène dans laquelle Horus et Set sont représentés versant sur la tête des rois, lors de leur sacre probablement, les symboles de leur domination future (1 2 3). En outre, sur le tombeau de Ramsès 111 Hic-Pen , chef de la XXe dynastie, on voit figurer un génie symbolique à deux têtes qui sont, d’un côté, celle de Set et, de l’autre, celle d' llorus (3), en signe de la domination de ce roi sur les deux Egvptes, appelées dans la Bible Milsraïm au duel, « les deux confins, les deux limites » (4).

Sous les Jouîmes de la XVIHe dynastie, le culte

(1) Voir les Recherches citées p. 232-3 et pour les preuves, p. 264-5, 276-7 et 330.

(2) Voir Revue archéologique, nouv. série, t, p. 3oO.

(3) Clmmpollion, notices, p. 420.

(4) Voy. sur le sens de ce mot ou le Thesour ou le Lcxicor. monnaie de Gesenius.

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de Set qui avait prédominé au temps des usurpateurs asiatiques sous le titre de culte de Sul-ekh, fut associé de nouveau à celui d’Horus. tl reprit plus de faveur encore sous les Ramsès des trois dynasties suivantes, à tel point que le surnom de Seti, comme qui dirait dévoué à Set ou Setien , fut donné successivement :

1 0 an lïe roi de la XIXe dynastie, Ramenma, fils de Ramsès Ier et père du grand Ramsès H Mianmn, 2° au IV6 roi de cette dynastie, Menephfah, sous le règne duquel paraît s’être opéré l'Exode et qui était le 1 3° fils de Ramsès II, et 3° au chef de la XXe dynastie, Ramsès III , Ilic-Pm , sur le tombeau duquel figure le génie à deux têtes dont je viens de parler.

Quoique Ramsès II Stiamvn n’eût pas pris luimême le surnom de Seti que portèrent son père et son fils, le traité d’alliance offensive et défensive qu’il conclut avec le prince des Khétas où il se dit chéri de 5e<(') et surtout la fameuse stèle de l’an 400, découverte récemment à Tanis par M. A. Mariette-Bey, prouvent sans réplique qu’il n’en était pas moins dévoué au dieu principal de cette ville, puisqu’il y restaura le temple de Sul-ekh et y consacra à ce dieu un monument en mémoire de ses ancêtres et

(I) Voir la traduction de ce traité parM. Em. de Rougé dans la Revue archéologique, nouv- série, XIII, p. 268-15. Notons ici: lu que M. Chabas, dans les Mémoires de la Société d'histoire et d’archéologie de Chàlons-sur-Saône, IV, p. 453 (an. 1863), cite un texte hiéroglyphique où il est dit de ce Ramsès il : C’est tout Haras-Set-, et-2° que, suivant M. Em. de Rougé [Revue archéologique IX, p. f3l, nouv. série), ce grand roi avait épousé la fille du prince de Khét, quand le traité de l’an 22 de son règne eut ramené la paix entre les doux pays.

de son père Seti 1er. Les paroles prononcées à ce sujet par le Pharaon et le profs! de sa figure qui rappelle le type syrien, ont fait croire à M. le vicomte de Rougé que les Ramsès s’honoraient de descendre (par les femmes probablement) d'un Roi-Pasteur, nommé Noubti-Sd ou Set-îe-Roux (B.

Le culte de Set avait donc été ravivé dans la Basse-Egypte au temps de l’Exode et replacé au même rang que celui d’Horus. En conséquence, les Egyptiens de cette époque , jusque-là vainqueurs de leurs voisins sous des Pharaons que protégeaient également ces deux divinités, durent être étrangement surpris des nombreux fléaux qui venaient fondre sur eux , à intervalles plus ou moins rapprochés , y compris l’insurrection des Israélites et de leurs adhérents; ils durent penser que l’antique dieu Sel qui avait favorisé tour à-tour les anciens Pharaons jusqu’à la fin de la XIVe dynastie, puis les Rois-Pasteurs ou Hycsos des trois dynasties suivantes, ensuite les Ahnuh s et les Fouîmes de la XVIIIe et finalement les trois premiers Ramsès de la XIXe, redevenait contraire aux fidèles sujets du 4e Ramsès, (Menephtah), actuellement sur le trône. De là, ainsi que je l'ai déjà insinué à la fin du § précédent, ce conseil un peu rude donné au roi régnant par ses serviteurs timorés : «Jusqu’à quand

(I) Celte filiation présumée a été constestée par M. Mariette et maintenue par M. de Rougé. Voir Revue archéologique, nouv. série, XI, p. 169-90, et p. 34U-7, et Revue des Deux-Mondes, n° du i septembre 1 307, p.

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