‹ Jehovah et AgniChapitre 5 sur 22 · LI I · texte numérisé non relu

LI I

au déluge asiatique (*). Car je ne vois pas ici mo\en de leur faire prendre la route contraire, de les conduire, par exemple, du Caucase arménien au Caucase indo-bactrien. Les livres sacrés des Perses, des Indiens et des Hébreux, rapprochés les uns des autres, conduisent forcément au parti que j’adopte. C’est celui qui a été admis dans notre siècle par la plupart des savants, par les indianistes d’abord, puis par les historiens, les géographes, les ethnologistes et les critiques (2).

Il n'a guère été combattu dans ces dernières années que par MM. Kiepert , Michel Bréal et Spiegel. Et encore ces érudits n’ont-ils envisagé la question que sous l’une de ses trois faces, l’Iranienne, en laissant de côté les deux autres, l’Aryenne et la Sémitique ou Chaldéo- Araméenne. Ils ont rappelé et proposé deux anciennes solutions consistant à soutenir, l'une, que V Airyanem-Vaêdjô des livres Zends, la première région créée pure par Ormuzd avant la Sogdiane, la Bactriane,la Margiane, etc., aurait été non pas la patrie primitive des Aryas de l’In.de et de la Perse, mais seulement leur première station ou étape plus ou moins prolongée, et l’autre, que ce nom Zend n’aurait désigné qu’une contrée idéale , confondue soit avec le ciel des

(1) Voir Genèse, XI, 2-9.

(2) Voyez leurs noms dans mon opuscule Du Culte des Mânes etc., (Mémoires de l’Académie d’Amiens, 2e série, V, p. 220, avec les notes). Je pourrais en citer beaucoup d’autres.

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Amschaspands, des Izeds et des Férouers , soit avec le var Djemsrhid , cet autre ciel du roi légendaire Yimô, fils du soleil, identique au Yama-Vivasvat du Rig-Véda 0).

Je ne m’arrête point à ces objections, parce que. mythique ou réel. VA ù ya-ier.i- Vaêdjô des Perses, répond au Gnn-Eden des Hébreux, au Mnhâ-Mêrou des Indiens, au Koum-Loun des Chinois, au Bâm-i- Dr.mia des Tartares-Mandchoux, etc., etc. 11 représente pour tous ces peuples le fameux plateau de Pamêr ou Pamir dont les contreforts sont le Belour- Tag et l'Hindou-Kouch, plateau radieux et éblouissant au soleil par ses neiges perpétuelles qui l'avaient fait assimiler à la voûte céleste et confondre avec elle par les peuplades disséminées dans les vallées d’alentour. Aux yeux des peuples de l'Inde et de la Perse, placés les uns au Sud-Est et les autres au Sud-Ouest, le Belour-Tag était la montagne sacrée, la montagne septentrionale où le dieu suprême , Brahma selon les uns, Ormuzd suivant les autres, avait dicté ses lois, où il faisait sa résidence avec ses compagnons les sept astres de la Grande-Ourse, appelés Pourouchas par les premiers et Amschaspands par les seconds f-), et où enfin, selon les Brahmanes,

(1) Voyez pour le premier le Monatlisbérîcht des Mémoires de l’Académie des sciences de Berlin, décembre 1 850, p. 621 et suiv., pour le second le Journal asiatique, 1862, XIX, 5e série, p. 481-97, et pour le troisième son Commenta)' Cher dasAvesta, (Leipzig, 1865), I, p. 1 et 10-20.

(2) Voy. mon opuscule cité, p. 5-10,

s'était arrêtée l'arche de Manou-Vàivasvata à la fin du grand cataclysme qui avait détruit toutes les créatures 0).

Ces légendes avaient passé des Aryas du Sapta- Sindhou aux Sémites de l’Assyrie et de la Chaldée et delà à ceux de la Palestine. Or, comme on ne les trouve pas dans les hiéroglyphes égyptiens, je me crois suffisamment autorisé à contester la prétendue origine égyptienne du dieu Sémitique Ihuh-Alhim , de cette grande divinité qui, suivant ses adorateurs, avait présidé à la création d’Adam et au déluge de Noé(2), puis conduit Abraham de l’Ur des Chaldéens en Canaan O), et finalement dicté ses lois à Moïse sur le Mont-Sinaï O). Aussi bien, le Pentateuque présente-t-il maintes fois Ihuh, le dieu des Hébreux, comme un antagoniste et un vainqueur des dieux de l’Egypte (5).

Je n’entends pas dire toutefois que jusqu’à Moïse et Aaron, Ihuh était resté inconnu aux Egyptiens. 11 est vrai que le Pharaon auquel les deux fils d’Amram avaient affaire, feint de le méconnaître (O. Mais ses conseillers, ses amis, ses affidés redoutent le pouvoir de ce dieu asiatique (7), et, lors du passage de la Mer

(1) Même opuscule, p. 64.

(2) Genèse, Vi, 7 et suiv., VI, 3-4.

(3) Ibid., XV, 7.

(4) Exode, XIX et XX, passim.

(o) Voir, entre autre, Exode, X V 1 1 1 , H, et .Nombre XXXIII, 4.

(6) Exode, V, 2.

(7) Ibid, X, 7.

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