XI.V
Rouge, les soldats égyptiens s’écrient : «F uyons devant Israël, car Ihuli combat pour eux contre Alilsraïm » (*). De leur côté, les Israélites, après leur sortie miraculeuse de cette mer, chantent la victoire de leur Dieu libérateur qu’ils nomment alternativement Ih et Iliuh (1 2 3 4 5) . D’ailleurs la mère de Moïse et d’Aaron s’appelait Jôkabed, (hébreu lukbd pour Ihukbd), gloire de Jéhovah (3). Tout cela suppose que, dans la Basse-Egypte au moins, le Tétragramme Iliuh était antérieur à Moïse et connu tant des Hébreux que des Egy ptiens au milieu desquels ils vivaient depuis l’arrivée de Jacob et de ses fils dans la terre de Gessen.
Ce nom sacré devait être d’origine ou plutôt de provenance chaldéenne, car, à Paddan-Aram, c’est-àdire en Mésopotamie, la deuxième épouse de Jacob, Rachel, avait fait entrer cet ethnique dans le nom de Joseph, son premier fils sorti de ses entrailles, en hébreu luspli 0), pour lhusph (3), nom signifiant, selon moi, Jeliovœ augmenlum , dans le sens de Rejeton de Jéhovah , et correspondant, sous ce rapport, au magnum Jovis incremenium de Virgile!6). Plus bas,
(1) Ibid, XIV, 25.
(2) Ibid, XV, 1-3.
(3) Ibid, VI, 20 et nomb. XXVI, 39.
(4) Genèse, XXX, 23-4.
(5) Ps. I.XXXI, li.
(6) Gesenius conteste les deux allusions de l’auteur sacré. Voir son Thésaurus, in verbo. Je n’hésite pas à admettre la seconde après le chev. Drach, dans son livre de l’Harmonie entre l’Eglise et la Synagogue, I, p. 480 et suiv. J’aurai occasion d’y revenir au § qui va suivre.