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LES MASQUES

Le carnaval fut un enchantement pour Jep et pour Bepa. Une ou deux fois par semaine, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, ils étaient conviés à fêter la matanse, l'événement annuel qui met en liesse les plus pauvres comme les plus riches ménages du pays. 11 faisait bon vivre alors; c'était comme de la joie qui flottait, qu'on respirait avec l'odeur des cuisines, l'arôme délectable des « boutifarres » et des « bougnettes » qui s'en allait des logis. Pendant que les invités, le dos au feu, s'emplissaient de cochonnaille, dehors, hommes ou bêtes, mendiants ou chiens de borde, tous les faméliques accouraient, rôdaient autour de la maison, frappaient ou grattaient à la porte, et quelquefois apparaissait sur le seuil, le septsamaïré, le récitant des sept psaumes de la pé-

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nitence, dont l'imploration tenace attendait la distribution des reliefs du festin.

Le forgeron et sa petite amie menèrent pendant quelques jours cette vie de bombance. Sans s'être donné leur parole, ils avaient déjà entre eux des comportements de fiancés. Le Dragon, cloué au coin du feu par la scia tique, les laissait partir, revenir en tête-à-tête. Et ils faisaient durer le plaisir. Ils s'attardaient an retour dans les chemins déserts, appuyés l'un à l'autre, le bras de Jep passé autour de la taille de Bepa. Si la soirée était douce, ils s'asseyaient à l'abri d'un roc, au pied d'un olivier. Le mystère de la nuit faisait leur inlit imité plus étroite. L'aboi d'un chien, le hôlement d'une chouette montaient vers eux de l'obscurité des campagnes ; et quand ces bruits se taisaient, le silence était si profond, qu'ils baissaient la voix comme si quelqu'un pouvait les entendre.

Quand ils se retiraient par la route de Mollig, ils s'arrêtaient quelquefois devant l'oratoire de Saint-Pierre, une chapelle rustique établie à l'entrée de Calllar. Le pauvre saint de bois dédoré, vermoulu, qui ne recevait d'habitude, en guise d'offrandes, que la poussière du chemin et les jurons des charretiers, présidait à leurs derniers bavardages et il s'en

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réjouissait, sans doute. Ces paroles d'amoureux étaient comme des fleurs fraîches pour remplacer les bleuets flétris, les roses défuntes, qu'une dévole du voisinage lui portait une fois Tan, le jour de sa fêle.

Un heureux garçon, ce Jep! La politique ne le tourmentait guère pour le quart d'heure.

Jeunes ou vieux, « démocs-socs » ou « réacs », le carnaval entraînait tout le pays dans sa farandole. Vive l'amour et les boutifarres ! Làbas, à Paris, le Président avait beau se chamailler avec l'Assemblée, la Montagne trépigner de fureur et Romieu agiler le spectre rouge, les gens de Catllar n'en perdaient pas un coup de dents ni un enlrechat. Seuls, l'abbé Colomer et M. Sabardeilh résistaient à la contagion... Encore l'abbé Colomer admettait-il quelques tempéraments à son rigorisme, comme d'accepter, en prélèvement sur la gourmandise de ses paroissiens, le présent d'un quartier de lard, d'un ou deux empans de boutifarres que lui offrait quelque pénitente. Ces petits cadeaux le rendaient indulgent aux folies de la matanse : « Je connais mes Catalans, — disait-il; — quand ils seront fatigués de servir le diable, ils reviendront au bon Dieu ! Je les rattraperai en carême ! »

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Le régent se laissait plus malaisément apprivoiser. Il en voulait au carnaval de la dissipation de ses élèves. La cadence des tambourins, les hurlements désespérés d'un cochon qu'on égorgeait dans le voisinage, troublaient à tout moment le silence de Ja classe. Excités parle bruil, les enfants criaient, tambourinaient à l'unisson. Les pensums plenvaient sans apaiser le tapage, et, poussé à bout, le maître en venait à regretter l'usage des châtiments corporels, l'emploi de la férule, qu'il avait aboli dès son entrée en fonction, par haine de la force brulale.

Madame Sabardeilh, dont l'avarice trouvait son compte à renverser la marmite, décidait quelquefois l'instituteur à se rendre avec elle à l'invitation d'un voisin. Le couple endimanché participait aux bombances. Leg rasades de vin blanc doux excitaient M. Sabardeilh : il se déridait au dessert, lançait un mot pour rire, entonnait une chanson patriotique. Après la fête, au retour, il était presque tendre avec madame Sabardeilh. Le ménage n'avait pas besoin de bassinoire, ce soir-là, pour réchauffer le lit conjugal.

Les dimanches, maintenant, étaient voués à la danse. Dès le matin, la cobla, l'orchestre de a flabiols » et de « bourrasses » — de fia-

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geolels et de cornemuses — faisait « le tour de ville », ameutant la Iroupe des toul petits qui gambiliaient à la suile. Des marchandes de Prades étalaient sur de légers éventaires les gâteaux du pays : les « ascloupels », sortes de massepains piqués de grains de sucre multicolores, les <« rousquilles », les « brènes », qu'on fabrique avec de la farine de seigle pétrie dans des jaunes d'œuf. Les vêpres dites, au dernier coup de la cloche qui annonçait la fin de l'office, le bal s'ouvrait en plein air, autour de Tonneau. Toute la jeunesse était là, qui se trémoussait au soleil. La folie de la danse les empêchait de sentir le vent et la poussière : la tramontane sou fil ail, secouait les jupes des danseuses, soulevait les tendelets des petits éventaires, dont les gâteaux se poudraient d'une illusion de sucre; et les couples tournaient toujours.

Jep et Bepa ne se quittaient plus d'une semelle. Faute de mieux, c'est-à-dire de Bepa, engagée tout le temps par son ami, les camarades avaient dû se pourvoir d'autres danseuses. Jean Cadène s'était apparié avec une petite Pétronille, une donzelle qui n'avait pas froid aux yeux ; Félip des Orles avait pris une Francisque lie dodue et montée en couleurs, qui portait très bas, sur le chignon, comme

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tout prêta s'envoler, son bonnet de dentelle... Galdéric, refusé par Bepa comme les autres, avait invilé par dépit l'Yzabel, une noiraude riche d'atours, indigente de beauté, qui languissait dans son coin, n'ayant pas trouvé de danseur. Lui, épais et courte jambe, plie, longue et sèche à la façon d'un échalas, ils s'enlaidissaient par le contraste. Et, comme ils s'évertuaient à se donner des grâces, FYzabel pour plaire à son galant d'occasion, Galdéric pour faire enrager Bepa, on éclatait de rire dans leur dos.

— Regarde-la un peu, disait Bepa à son ami; — elle a sorti ce qu'elle avait de plus beau pour aguicher les hommes. Cest comme on dit de la mère de Dieu de Rodés : « Plus on la pare, plus laide elle est! »

— Bien du plaisir je leur souhaite! — ricanait Jep en garant sa danseuse d'un coup de coude, que Galdéric, sournoisement, lui envoyait dans les côtes.

Le bonheur de son frère, les regards que les amoureux échangeaient, appuyés, enlacés l'un à l'autre, exaspéraient l'aîné des Bernadach. C'était plus qu'il n'en pouvait supporter.

Brusquement, il plantait là son Yzabel, s'en allait noyeT son dépit au cabaret.

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Cependant les jours gras — los darrers dies — approchaient. C'est le grand amusement de ce ternps-là de se déguiser et d'intriguer les passants, qui essaient de mettre un nom sur les faux visages. Devine qui peut! Un masque vous apostrophe, c'est son droit : défense de se fâcher, permission de tout dire.

Et on en ditl Riche ou pauvre, artisan ou bourgeois, chacun reçoit son paquet: c'est, pour deux ou trois jours, le règne de l'égalité, la revanche de la sincérité sur l'hypocrisie quotidienne. Impossible d'échapper à cette revision des consciences, déshabillées, fustigées, à la grande satisfaction du public. Ceux qui voudraient se dérober en restant chez eux, on va les chercher, on force leur porte. Une bande joyeuse envahit la maison, promène sa farandole de chambre en chambre.

Le seul moyen de se débarrasser des importuns est de leur verser à boire; une tournée de rancio ou de rosoli désarme quelquefois les mal embouchés, ferme le bec aux bavards; la troupe, largement arrosée, va promener ses mystifications chez le voisin.

Jep et Jean Cadène avaient concerté une mascarade de ce genre pour le soir du mardigras. Jojotte en était; il s'était chargé de louer les déguisements à Prades, chez le maître

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perruquier de la grand'rue : tout un lot de « carètes », — de figures de carton peinl,

— avec des nez de polichinelle, des faces de Jocrisse, des mines ahuries, des trognes à crever de rire. Les costumes étaient laissés à l'invention d'un chacun. Le plus simple, le plus usité, parce qu'il est à la portée de toutes les bourses, consiste à mettre ses habits à | l'envers. Mais on avait résolu de faire mieux. Jep emprunterait une robe et un corsage à Bepa, qui se travestirait, elle aussi, avec une

« barrétine », — un bonnet de laine rouge — par dessus la carète, et sur les épaules, une pallisse en peau de mouton, à la mode des bergers. Jean Cadène endosserait la défroque militaire du Dragon, retrouvée au galetas dans un coffre, et Jojotle, enfermé de pied en cap dans une robe de pénitent noir, domino ecclésiastique orné de grelots pour la circonstance, avec une coucaroutxe — un grand bonnet pointu — sur la tête, éclairerait le cortège en brandissant la hatxe — la torche de résine

— que les confrères ont coutume de porter dans les processions.

Ainsi accoutrée, la bande, après souper, s'était évadée de la forge. Il faisait très noir dans la rue, et il y avait beaucoup de monde. Des ombres circulaient : ombres paisibles de

badauds, ombres bruyantes de masques qui couraient en se tenant par la main, Tiraient en rondes folles autour des curieux en jetant le cri traditionnel de ce soir-là: « Gourou!

Gotirou!... » Des géants, c'est-à-dire des poupées emmanchées au bout d'un bâton et portées très haut par des gens entortillés dans un drap de lit, déambulaient à grands pas en poussant des cris terribles, un curé pour rire, vêtu d'ornements sacerdotaux en papier peint, caricaturait les gestes de l'abbé Colomer, et des enfanls se poursuivaient à travers la foule, sans autre déguisement qu'une feuille de chou appliquée sur la figure. « Gourou! Gourou!... » Tout ce monde dansait, chantait, s'interpellait dans une mêlée furieuse.

Bousculés, engueulés, Jep et ses amis fendaient la cohue, entraient en tourbillon dans la maison d'école. M. Sabardeilh lisait la Réforme au coin du feu, M " Sabardeilh ravaudait les bas de son époux. Avec de belles révérences, les masques défilèrent devant eux.

— Ma counexes ir ! interrogeaient-ils l'un après l'autre en contrefaisant leur voix.

» L'instituteur avait posé le journal, relevé

i. « Me reconnais-tu? »

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les lunettes sur sou front. Grave et condescendant, il assistait au spectacle : tel un sénateur romain surpris par l'invasion des barbares. Mais quand il se trouva nez à nez avec Jep, qui poilrinait sous ses habits de fille, il ne put se retenir de prolester :

— Enlraîner Une femme dans ces saturnales, vous. n'y pensez pas, mes amis!...

— Une femme, ça! Eh! tu n'y vois que du feu, mon pauvre homme! — dit M me Sabardeilh. — Demande-lui donc, à ce farceur, combien de livres d'étoupes il a fourrées dans son corsage !

On riait, et Jep, persistant dans son rôle, envoyait des baisers au régent.

— Gentil moineau, — lui disait-il, — rossignol du bois joli, viens te divertir avec nous.

— Ça va! — insistait le faux berger ; — tu prendras le mari ; moi, j'emmène la femme.

Elle me plaît, cette brune.

11 Iutinait la dame, qui se défendait comme un beau diable.

— Alors, c'est tout ce qu'il y a à boire ici? — demandait Jean Cadène. — Bonsoir, tas de grigous !

Toujours chantant, toujours dansant, les masques avaient regagné la rue. De maison en maison, ils firent le tour du village. On les

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fêla au Café du Commerce, on leur offrit un punch à l'auberge des Trois-Rois. Il était déjà tard, quand, débraillés, enroués, ils arrivèrent au pont du Router, à deux pas de chez les Rernadach.

— Si Ton allait intriguer tes vieux ? — proposa Jean Cadène à Jep. — L'Aulari, sûrement, déboucherait du rancio, et Ton servirait quelque bonne farce à celte maie bête de Galdéric.

Jep hésitait. Son ancien n'était pas de bonne humeur tous les jours : qui sait comment ça se passerait, s'il venait à le reconnaître? Ça ne marchait déjà pas trop bien entre eux. Depuis son retour à Catllar, Jep ne fréquentait guère à Jeantine. L'accueil qu'il y recevait de son père et de son frère n'était pas encourageant. Entre ces deux hommes toujours d'accord sur lout et qui s'entendaient à demi-mot, il était comme un passant, comme un intrus. A peine s'ils lui adressaient la parole, et chaque fois pour le contredire. Galdéric ne manquait pas une occasion de monter la tête à son père. Les deux ou trois dimanches que Jep avait mangé à la table de famille, les propos avaient tourné à l'aigre; pour une chose ou pour l'autre, les deux frères avaient failli s'attraper. Sans TAulari,

qui réussissait à grancTpeine à les raccommoder, le cadet aurait renoncé depuis longtemps à revenir chez ses parents. Et le moment était peut-être mal choisi pour s'y présenter. Mais, sans plus lanterner, la bande avait déjà franchi le pont, elle entrait chez les Bernadach.

— Gourou! Gourou!

Les vieilles gens, assoupis sur les tisons, s'effaraient; Galdéric, déjà couché dans l'élable, sautait du lit, aussitôt entrepris par les masques. El il riait, il se fâchait à moitié.

— Ma counexes'l — l'apostrophait Jean Cadène.

Galdéric se débattait pour rompre la farandole qui tournait autour de lui.

— Prends garde, — se fâchait-il, — que je ne mette mon poing au lieu de ton nom sur ta figure!

— Le poing n'est pas de jeu : devine.

— Ton nom est « ivrogne! » Et moi, je suis celui qui aimerait mieux dormir.

— Veux- lu dormir avec moi? — le provoquait Jep en se dandinant sur ses hanches.

Il était si bien déguisé, la poitrine si riche, que le fils du même père s'y trompait, cherchait à palper le fallacieux corsage.

— A bas les pattes, commandait le Pénï-

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tent noir. — Cette belle fille-là n'est pas pour ton nez. Sache qu'elle est fiancée avec le berger que voici. Et, comme ils sont pressés de dormir ensemble, nous venons requérir mon- • sieur le conseiller municipal, ici présent, de les unir sans délai.

El, s'adressant au vieux Bernadach :

— Allons, y es-tu?

— Je suis prêl! Qu'ils montrent seulement leurs papiers, et qu'ils enlèvent leurs masques: je n'ai pas l'habitude de conjoindre des mariés de carton.

— C'est ça; qu'ils ôtent leurs masques, — approuva Galdéric, qui flairait la supercherie et se méfiait de quelque mauvais tour de son cadet.

— Ils ôteront leurs carètes demain, pour recevoir les cendres, — répliqua Jojotte; — jusque-là, défense d'y toucher.

— Défense? Attends un peu ! — dit Galdéric en se jetant sur Jep.

Et il essayait de lui arracher sa figure de carnaval.

Jep esquivait l'attaque, ripostait d'un maître coup de poing. Il y eut une risée.

— Hé ! hé ! paraît qu'elle a de la réponse t la demoiselle ! gouaillait Jean Cadène.

Le sexe du coup de poing n'était pas dou-

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teux. Galdéric, furieux, fonçait sur l'adversaire. C'était la bataille, cette fois. Les coups pleuvaient si dru que personne ne se risquait à séparer les combattants.

— Je la verrai, ta peau, je l'aurai ! — hurlait Galdéric.

— Gare à la tienne ! — répliquait Jep, qui ne se donnait plus la peine de déguiser sa voix.

La précaution, d'ailleurs, devenait inutile : une giffle de l'aîné avait décoiffé le cadet, abattu la carète. Les frères luttaient maintenant à découvert.

Galdéric avait empoigné Jep à bras le corps; mais Jep le ceinturait à son tour. Lentement, d'une pesée inflexible, il le pliait, le renversait sur la pierre du foyer. Malheureusement,, la tête avait touché avant les épaules : le sang coulait, arrosait les dalles.

11 y eut un mouvement de stupeur. L'Àulari s'était portée au secours du blessé, qui défaillait dé la honfe plus encore que du mal de sa chute. Jep lui tendait la main pour l'aider à se relever.

Bernadach l'écarta rudement.

— On n'a pas besoin de toi, — dit-il.

Sa rancune contre Jep éclatait. Ce n'était pas assez de les avoir quittés, d'avoir renié, avec la vie paysanne, toutes les idées, toutes

les traditions de sa famille; il fallait qu'il vînt, avec sa troupe d'ivrognes, le braver chez lui, chercher querelle à son frère!... D'où sortaitil, ce Jep ? Il n'était pas de son sang, il n'élait pas de sa race; c'était l'étranger, c'était l'ennemi.

— On n'a pas besoin de toi, — répétait-il.

D'un gesle, il montrait la porte à son fils.

— Tu m'as compris ! allons, décampe !

L'Aulari intervenait, suffoquée de larmes.

— Il a bon cœur, no(re cadet, —r imploraitelle; — je le connais : il est fâché de ce qui vient d'arriver. Ce n'est pas lui qui a commencé; il n'a fait que se défendre. Galdéiic lui .pardonnera, et toi aussi, quand lu seras de sang-froid.

Bernadach ne sourcillait pas, et l'Aulari, rebutée, se tournait vers l'aîné.

— Pas vrai, — disait-elle, — que tu n'en veux pas à ton frère ?

— Entre lui et moi, que le père décide : il est le mallre! répondit Galdéric. Un de nous deux est de trop ici.

— En voilà assez, — disait Bernadach à Jep. — Allons, fichez-moi le camp, tous!

— Pour une fois, nous serons d'accord, père, — répliqua Jep. — Vous êtes pressé de ne plus me voir ; et moi, il me larde de partir.

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