‹ Jérémie en 1845Chapitre 11 sur 22 · A.U MINISTRE · texte numérisé non relu

A.U MINISTRE

Ministre du Seigneur, le soleil, dans sa gloire Guide, anime, soutient les mondes qu’il régit.

Et le faible et le fort, le grand et le petit,

Sont toujours, sont partout présents à sa mémoire ; Riche de sa chaleur, puissant de son éclat.

Ses rayons vont chercher la comète invisible,

Et le concert du ciel esl le signe inflexible D’un père intelligent administrant l’état.

Soumis avec transport à la loi souveraine.

Ses décrets souverains commandent le bonheur ;

Et l'épouse, enivrée à sa féconde ardeur.

Et l’enfant, vagabond à la céleste plaine.

Par des chemins divers mais vers un hut commun, Accomplissent, unis, la grande destinée.

Règle pour les humains dans les deux burinée ,

Par celui qui peut tout, qui fait tout, qui n’est qu’UN.

Quel bien nous a produit, infirmes que nous sommes, Quel bien nous a produit un exemple si beau?..

Un malheur incessant pousse vers le tombeau Les serfs de Belzébuth qui se disent des hommes.

La haine, les baillons, l’esclavage/la faim,

La guerre et ses horreurs, la peste et ses misères, Dévorent les mortels créés pour être frères.

Et dans ses fondements sapent le genre humain.

Toujours so'Us tnes regards ces fantômes iniques!

Mou Dieu ! Seigneur, mon Dieu, détourne ce tahlcaul Etouffé, mutilé dans cet infect caveau.

Etreint de toute part de spectres faméliques.

Quel doigt peut aux démons montrer la vérité ?

Qui voudra se chauffer aux rayons de ma flamme?

Qnelle main Oans ma main, quelle âme dans mon âme Réfiétera les feux de la sainle clarté!.

Blinistre d’un Seigneur cliorgé de nous conduire.

Tous cherchez le fanal qui désigne le but.

L’arche qui doit entrer dans le port de salut,

Le pilote sacré qui doit nous introduire ;

Le pilote n’est plus, il est mort épuisé, ’

Mais Dieu nous aidera, les vents sont favorables,

Les rnatelots sont forts, les rameurs indomptables.

Le pilote n’est plus, il fut martyrisé !!

Gomorrhe tressaillit à sa longue agonie.

Les fils de Barrabas décrétèrent son sort,

Et les voix des démons crièrent : il est mort!

Il est mort, mais heureux de nous donner la vie,

11 est mort, mais je vis, je vis pour vous juger, Eeptiles ténébreux; je vis pour vous confondre. Vampires affamés ; essayez de répondre?

Il est mort, mais je vis, je vis pour le venger !...

Le venger, et pourquoi? le fou dans son délire Frappe le sein flétri de son aïeule en pleurs ;

L idiot pour du pain prend des poisons rongeurs.

Dieu dira-t-il un jour aux enfants du martyre : Pourquoi, fils de la nuit, as-tu fermé les yeux, Lorsqu’un astre éclatant éclairait des merveilles?.,. Pourquoi, fils des enfers, bouchais-tu les oreilles Au chant du Rédempteur, hymne miraculeux?,,.

Mais enfin, pour sortir de l’affreuse caverne Où mille préjugés nous tiennent accroupis.

Quels bras assez vaillants, quels cœurs assez hardis Purgeront nos instincts de cotte hydre de Lerne ?

Quel baume adoucira nos esprits irrités?

Qui nous arrachera du bras de la megère ?

Qui nous affranchira de l'antique misère Dévorant sans pitié ceux qu’elle a révoltés ?

Ecoulez ! regardez ! l’éiilgme salutaire Qu’un génie inspiré sut dérober aux cieux , Bourdonne îi noire oreiile, et nous brûie les yeux. Mais aveugles, mais sourds, la race de Cerbère '

A vivre dans l’enfer lâchement se résout !...

Nous faut-il entonner l’hymne des funérailles.

Où, pour les émouvoir, hurler à leurs entrailles :

« Si le pilote est mort, l’écjuipage est debout ! i

Voyez : la foi jaillit en paroles de flamme,

La vérité déborde en faisceaux lumineux ; Laissez-vous éclairer, ministre généreux,

L’éternel vons sourit, sa bonté vous réclame!... Prudent, mais résolu, prenez le gouvernail; L’autan est muselé, la mer nous est propice;

Voyez, voyez là-bâs la plage de justice;

Guidez le troupeau saint au céleste bercail.

Un seul mot, un regard; courage, allons, courage! ün regard, un seul mot, et nous sommes sauvés ! Ministre tout puissant, les temps sont arrivés.

Un seul mot, un regard, et ton nom d'âge en âge Sur les échos du ciel vole à l’éternité !

Et les anges ravis de notre délivrance,

Pour honorer le roi, pour célébrer la France, Prendront leurs lyres d’or et crieront ; Liberté !

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