‹ Jérémie en 1845Chapitre 12 sur 22 · AU ROI DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

AU ROI DES FRANÇAIS

Je modulais le chant qui s’e.xhale en cantique. Solitaire et pensif, j’errais sur le coteau.

Tu parus, je te vis sur un char magnifique.

Tu quittais le palais pour voler au château,

Oh ! mallieureux forçai d.i bagne poliiimn Le sa ut dp pays te condamne à souffrir; Au pilon pourpré de la chose publique, l'ou boulet d'or massif te défend de gémiri Vie ime dévouée à la cause commune, ' Tu braves les bourreaux en plaignant les va ia Icmme, tes enfants plaignent ton infort Eternel Damoclès î

Quel est donc ce deslin que le vulgaire eni Kegirdes assassins, des sbires, des mendia, be laire prisonnier pour abriter sa vie Llre admirc des sots, dupe des intrigant;

1 résider aux borreiirs qii’enfaiile le cariiagr Raviver dans le sang l’hydre des factions,^ Répandre ses bienfaits pour récolter l’outra O chef des nations !

Et qu’esl-ce que l’éclat, le renom, la fortune Quand lame s’est.usée à maudire, à punir Quand un peuple en haillons, d'une plainte Accuse le passé, menace l’avenir;

Quand livide et sanglant, le spectre desveni Vous somme d’accomplir de funèbres devoir Quand le cœur est sans foi, l’esprit sans esp Qu est-ce que le pouvoir?,,,

3i le démon saisi de la toute-puissance, Aallpu, des enfers, nous infliger les lois,' ^ous eiit-il enivré de plus sombre démence;

. ouvail-il, de nos maux, aggraver plus le poi ilisere,. fourberie, oppression, carnage,

«üus frappèrent hier, nous frapperont demai

C’esl l'héritage affreux que transmet d’àge en â'^e Le pauvre genre humain!... °

Et Dieu, Bleu tout-puissant, Dieu, sagesse infinie. Se plairait au tableau de nos calamités!...

Impassible, il verrait ses enfants dans l’orgie. Agrandir le torrent de leurs iniquités !

Mais quand un mot suffit à sa bonté suprême.

Pour disposer nos coeurs a bénir ses bienfaits.

Ce mot, ce dernier mot serait-il ; anathème!

Maudits à tout jamais!

Non, non! Dieu nous protège et son règne s’apprête L enfance en vagissant prélude à la chanson,

Les augures trompeurs précèdent le prophète.

De la chenille atlreuse éclot le papillon.

L’humanité perdue aux ténèbres bibliques,...

Jésus lui révéla de nouvelles clartés.

L’esprit-saint va jaillir en torrent pwophétiqucs. Ecoutez ! écoutez !

Un DIEU bon et puissant donne la vie au monde, Une LOI lui suffit pour régir l’univers.

Et de l’attraelion la merveille féconde.

Dans un ciel infini dirige les concerts;

La terre ainsi que l’eau, l’clher comme l’aromo, Caractères et goûts, instincts et passions,

L’esprit comme le corps, l’astre ainsi que l’atome; Tout vit d’attractions.

les règnes tous formés, en groupes, en séries,

A la voix du seigneur sortiront du cahos,

L’ordre du firmament nous peint les harmonies Qui doivent diriger, embellir nos travaux.

Si l’homme audacieux osa briser la trame,

Ralliant les mortels à la divinité,...

L’IIOJIME pourra venir!... il paraît, il proclame La loi de l’unité.

Un nouveau fanatisme égare notre race,

De l’incrédulité les balaillons nombreux,

Sur un nouveau messie exercent leur audacé, Insensibles et sourds, ils détournent les yeux.

Le pontife, les rois secondent leurs furies ;

Quand le peuple abruti le condamne au trépas, lui, soleil des esprits, lui, flambeau des génies,

Ne les éclaire pas !

Quels soupirs, quels accents, quels efforts, quel délire, Arracliera le monde à ses infirmités?...

Quels exemples fameux faudra-t-il donc produire Pour extirper des coeurs tant de callosités?...

Au festin du sabat présomptueux convive.

Notre siècle au veau d’or va dressant un autel; Eallhazar, Ealtbazar, sonviens-toi de Ninive,

Crains le courroux du ciel !...

Mais l’étoile polaire a percé le nuage ;

Dn PILOTE sacré saisit le gouvernail; Entendez les transports, les cris de l’équipage, Ce chant libérateur: au travail! au travail!

Le jour qui va paraître est le jour des miracles. Le peuple à jamais libre est à jamais soumis, Les puissants rassurés renversent les obstacles. Et les rois sont bénis 11

Le 13 JUILLET 1843.

A LA nuCUESSE. D’onLÊANS.

Femme, au nom de vos soeurs, au nom de voire père, Au nom de vos enfants, au nom de votre mère.

Au nom du l’oul-Puissanl, à la vie, à la raorl! Femme, la véiilé du ciel est descendue :

Votre bouche inspirée, annonçant sa venue,

Peut disposer de notre sort.

Quand les sombres décrets, divine Providence,

Nous faisaient craindre Dieu, douter de sa clémence Seigneur, quand ta justice excitait nos terreurs, Lorsque la nuit du cœur produisait nos alarmes.

Le tombeau , le tombeau, lui, récoltait ses larmes, Quand la mort moissonnait nos fleurs !

Alors si d’un beau lys, espoir d’un beau parterre, La corolle flétrie inclinait vers la terre.

Son front pâle, mourant, et faisait ses adieux.

Voyant du mal, la foi protestait, égarée ;

Mais la fleur aspirant à la vie éthérée,

L’arome remontait aux cieux!

Tu compris notre amour, voyant notre délire.

Orgueil d’un beau jardin, fleur d’un brillant empire. Quand Dieu te dégagea des liens du néant,

Quand son doigt désigna l’immortelle carrière.

Ton esprit, secouant la céleste poussière,

Alla régner au firmament !

Un soupir s’exhala dans la phase ascendante :

Tu quittais un instant l’épouse. Ion amante.

Tes parents leur soutien, les enfants notre espoir ;

Au printemps de la vie, à la fleur des années.

Soleil vivifiant de tant de destinées.

Tu le couchais avant le soir.

les fleuves aromavx ont fourni leur essence,

L’é.her est distillé, l’agape au ciel commence :

Cbacun d’un exilé désirait le retour.

Le clairon retentit, une auréole brille,

Le convive apparaît : la céleste famille Est ivre de joie et d’amour.

Son être a revêtu la subtile matière.

O réveil! ô splendeur! immonde de lumière T’inonde de elarté sans t’éblouir les yeux ;

Un chœur de Séraphins célébré ta présence ; Une sainte, une sœur, un archange s'élance, Indicible bonheur des dieux !...

Quel ordre! quel tableau ! mille plaisirs en foule Courent le disputer au plaisir qui s’écoule !

Puis, quand le jour bleuit, hôte des chérubins, Caressé de soupirs, bercé de mélodies,

Tu planes défaillant aux sein des harmonies; L’extàse est le sommeil des saints !

Femme, au nom de vos sœurs, au nom de votre père. Au nom de vos enfants, au nom de votre mère,

Au nom du Tout-Puissant, à la vie, à la mort !

Femme, la vérité du ciel est descendue,

Votre bouche inspirée, annonçant sa venue.

Peut disposer de notre’ sort

Oui, pleurons, mais sur nous, sur nos destins contraires! Là-haut tant de bonheur ! là-bas tant de misères !

Le Seigneur tout-puissant serait-il inhumain ?

Ou plutôt, fascinés de vertiges funestes,

NJjurions-nous pas couvé le germe de ces pestes Qui dévastent le genre humain ?...

N aurions-nous pas déjà, dès la première enfance.

Au sein du paradis, sur l’arbre de science.

Tendu nos bras hardis pour cueillir des fruits verts ?

N aurions-nous pas bientôt, aveuglés, de colère.

Sur pn homme innocent, au cœur de notre frère;

. Plongé ces mêmes bras pervers ?

N’aurîons-nous pas pilus tard, échappas de Gomorrh'e, Reproduit en tous lieux des transports qu’on abhorre, Et, pour nous abriter, fortifié Babel?

N’aurious-nous pas, enfin, pour comble de démence,

A nos deux rédempteurs, prophètes de clémence.

Fait boire l’absiuthe et le fiel?

Femme, au nom de vos sœurs, au-nom de votre père.. Au nom de vos enfants, au nom de votre mère,

Au nom du Tout-Puissant, à la vie, à la mort !

Femme, la vérité du ciel est descendue,

Votre bouche inspirée, annonçant sa venue,

Peut disposer de notre sort.

Le monde, par ma vois, jette un cri de détresse :

Ah! laissez-vous toucher, généreuse princesse ! Epouse, votre époux se joignant à mes vœux,

Dans ce jour solennel, demande notre grâce!

Chrétienne, que de Dieu la volonté se fasse Sur cette terre comme aux cieui..

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