‹ Jérémie en 1845Chapitre 15 sur 22 · AU DOCTEUR DE LA LOI · texte numérisé non relu

AU DOCTEUR DE LA LOI

L’iinmanilé de Dieu redeviendra la fille,

Quand elle aura sauvé l'état et la famille Sc la diiplicilé;

L’inlérct divergent conduit à rinforltine,

L’univers est lié par une loi'commune De solidarité.

L’Eternel du malbcnr fit l’école suprême Pour nous initier au céleste problème.

Mais non pas pour punir;

Créés intelligents, libres dans notre voie.

Du faux nous vient le mal, du vrai nous vient la joie Et nous pouvons choisir.

La nature en lous.licux déroulant scs merveilles,

Les bruits mj'sléricu.\ (|ni cliarmcnl nos oreilles.

De la maleniilé généreuses victimes :

El rends-les atlenlifs.

I,es temps sont arrivés. —L'Immortel te commande, Puissante nation, de préparer l’offrande Qui dissipe la nuit ;

Moïse se réveille, il se lève, il s'avance.

Le volcan de la foi jette sa lave immense.

Et la libellé luit!

Pour les peuples élus (lui domptent l’csclavago ,

Les chemins .sont fleuri.s, la mer ouvre un passage, El le désert produit ;

Des flancs d’un roc aride une eau vive s’élance,

La manne du Seigneur entretient leur vaillance.

Et le ciel les conduit.

Un murmure confus remplit d’abord l’espace ;

Au banquet du bonheur chacun trouvant sa place, Kul être n’est maudit ;

Les lions transformés quilleiit riusiincl sauvage,

Le printemps éternel parfume le feuillage,

El la terre boudil.

Criminels, égares par d’infernales brigues,

Au seuil de runilé frappez, enfants prodigues,

Vous êtes conviés;

Du vin consolateur le sol u’e.n plus avare,

Au fojer paternel lu veau gras se prépare :

Fi ères, communiez !

Le ciel n’a plus de voile et l'homme s’illumine,

La justice, la paix, la vérité divine

Pxcvienuenl parmi nous ;

Lucifer converti rentre à la cour céleste;

Le mystère est vaincu, Dieu bon se manifcslo: Mortels 1 redressez-vous!

A L’AFlTISTE.

Il faut à l’homme une croyance ; Alix autels, il faut de l’cncens ■ Aux pauvres, une providence ; ’ Aux oiseaux, il faut le priiilemps; Au faible, un appui tutélaire; Aux amants, il faut le mystère;

A l’apùlre, de grands travaux ;

Au vaillant, il faut des complètes ; A la jeune (ille, des fêtes ;

A l’artiste il faut des héros.

Artiste ! qu’un volcan enflamme , Penché vers riminortalité,

Tu voudrais d’un torrent de flamme Illuminer l’humaniié;

Mais le brouillard qui ti domine g: Inonde tron front, te poitrine, D’erreii;'de doute, de poison, ;

Mille léactions funèbres Tiennent augmenter les ténèbres.

Qui régnent sur ton horizon.

•Poursuis ta belle destinée, l'ils du ciel, captifdu démon.

Faut-il voir ta sainte pensée Engloutie au noir tourbillon?

Quitte le eiilte des comètes,

Fuis le royaume des tempêtes.

Ou tout s’efface ou se salit.

Fuis la bourbe qui t’environne j Oieii te prépare une couronne Où déj.à ton nom re.spletidil.

Alors l’clincello éleclrique,

Dont l’wprit sai’nl csl le foyer , Orùleva Ion âme arlislitiue El saura tout vivifier.

Alors tout renaît, tout s’épure, L’éclat terui de la sculpture Aussitôt se raiilincra.

El riuiraanité, dlàgc en âge.

Entourera de son liommage Le phare qui l'illiunina.

David ! que ton ciseau rappelle L’audace de l’ygmalion ;

Qu'un miracle se reneuvelie ;

Que le marbre chaule un grand nom El les reins couverts d’un ciliée , Dans le temple de la justice.

Abjurant son impiété.

Le genre Imuiaiii, ce grand coupable.

Viendra faire amende honorable Sur raulel de la vérité. . .

Un Clirisl gît obscur dans la tombe!

Prends le burin, prends le marteau ; Ailv yeux d’un siècle qui suècombe, Frappe la pierre du caveau.

Iléhabilitc la victime,

Ressuscite ce front sublime,

Rellèle l’image des cieux ;

Les mortels, ravis d’allégresse, Viendront conlenipier la prouesse Delon génie audacieux.

Alors, l’homme aura sa croyance ; Les aulel.s, auront de l’encens ;

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