‹ Jérôme Napoléon et la Pologne en 1812Chapitre 18 sur 97 · RER ES · texte numérisé non relu

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… et vifs combats d'avant-garde que livrent presque seuls des.

cavaliers sûrs et bien entraînés. Il ajoute : « Si j'avais 1.800 Français, je pourrais faire une diversion très avantageuse pour la Grande Armée en entrant en Bohême » 1. D'Albignac agit de même entre Leipzig et Dresde : alors que Jérôme con-seillait de grouper toute l’armée avant d'engager une action

générale. D'’Albignac craignant peut-être cette action pour

l'esprit des Westphaliens, même renforcés, des Hollandais « ne put empêcher les chasseurs carabiniers et les chevau-légers de la garde de charger. Cette affaire coûte à l'ennemi 500

hommes, à nous 20 » 72. Il y a donc encore ici des Polonais.

Le 1+ juillet, à 9 heures du matin, Jérôme entre à Dresde et s’empresse davertir Frédéric-Auguste que l’ennemi a évacué la capitale. Et Frédéric annonce son retour rapide à Dresde où il veut retrouver son libérateur ‘5.

Le 13 juillet, Jérôme est avisé de la victoire de Wagram. d'une descente anglaise à Cuxhaven, d’une insurrection près

- d'Osnabrück, puis, le lendemain, de scènes tumultueuses à Ha--

novre; le roi Louis @e Hollande lui confirme le débarquement et en fait prévoir d’autres T4. Ceci est d’une extrême importance. Lefebvre soulignera l’erreur que fut Walcheren; il a la hantise du danger qu’aurait été une descente de 4.000 Anglais dans un Hanovre qui contenait une multitude d’anciens soldats autrefois à la solde de l'Angleterre, ce qui eut porté l’armée d’invasion à 70:000 hommes %. Jérôme pouvait-il moins s’en soucier que Lefebvre ? Bref « se figurant la campagne finie, prenant son désir pour une réalité, remarque justement M. Emile Bourgeois, le roi renvoie simplement ses troupes » "6 et rejoint Cassel. TI ÿ est le 20, s’attirant de l'Empereur la rude et fameuse mercuriale du 25 dont Masson a pris texte pour le foudroyer à son tour. Or, à peine Jérôme Pa-t-il reçue, que le duc de Brunswick-OEls surprend le 50 dans Halberstadt le 5° de ligne westphalien et Meyronnet, comte de Wellingerode; le 1* août, il est dans Brunswick sa

(71) Mémoires de Jérôme, t. 4, p. 148-9.

(72) Idem, p. 151-3. Jérôme à Napoléon, Dresde, 1° juillet.

(73) BonxeroNs (André), Un allié de Napoléon, Frédéric Auguste, Paris, Perrin 1902, xx-514 p. in-8°, p. 295.

(74) Masson, Nap. et sa famille, t. 4, p. 318 et Mémoires de Jérôme, t. 4, 175-6.

A ERA Histoire des cabinets de l’Europe, t. 4, p. 276 et 283.

(76) Bourceois (Emile), Manuel historique de politique étrangère, £ 2,0p. 423.

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capitale : l’armée westphalienne donne des signes multiples de -démoralisation TT.

Mais, le 4 juillet, Napoléon ayant donné à Jérôme l’ordre d'entrer en Bohême et lui ayant envoyé le 4 chasseurs polonais de Stettin qui vient d'opérer contre Schill, contingents de Berg, de Hollande, Westphaliens, Polonais agissent concentriquement, encore que tardivement, contre Brunswick en marche vers le bas Weser où les Anglais d’Heligoland l’aident le 7 août à s’embarquer 8. La rapidité de sa marche et les Anglais lui évitent le sort de Schill et de sa propre arrièregarde. Le 4 chasseurs polonais se promène alors à travers la Westphalie : il est à Magdebourg le 1* septembre ®. Numériquement parlant, c’est peu de chose; mais c’est encore un appoint moral, appréciable en de telles circonstances.

Par contre, il faut bien s'avouer que, vus de Varsovie, en 1809, Jérôme et Frédéric-Auguste incarnent fort différemment l’idée qu'on s’y fait d’un roi. Quand les Autrichiens envahissent le Duché de: Varsovie et la Bavière, Frédéric-Auguste Janec (24 avril) un manifeste : « Cette injuste agression nous force à nous joindre à notre noble Protecteur et aux Princes nos alliés. Cette invasion dans le Duché a eu lieu sans déelaration de guerre, et on à répandu parmi nos sujets un appel tendant à les détacher de leur monarque légitime. Tels sont les procédés dont use l’Autriche » #, Ce document plaintif ne paraît pas avoir précisément électrisé les Saxons : loin de se lever en masse pour délivrer la Pologne, ils se laissèrent envahir sans grande résistance. La Gazette de Varsovie qui a inséré ecci le 6 juin, signale dans son numsiv du 27, ce déplacement royal : « Aujourd'hui, 143, S. M. le Roi de Saxe est parti vers Eisenach pour quelque temps : ce soir, il est passé par Gotha avec 10 voitures » 81, D’après le numéro du 4 juillet, des voitures du roi sont arrivées le 17 à Francfort et on en

z ra Mémoires de Jérôme, t. 4, p. 192-3, 197-8. Un témoin oculaire,

(78) Idem, p. 183, Napoléon à Jérôme, 4 juillet; p. 185, Jérôme à Berthier, 20 juillet; p. 200, Jérôme à Berthier; p. 179, Jérôme à Napoléon; p. 204. Pour les reproches de l'Empereur voir Lecestre, t. 1, p. 327, n° 479, 17 juillet et p. 331, n° 485, 25 juillet.

(79) GEMBARZEWSK1, Wojsko Polskie, p. 140-1. La Gazette de Varsovie (n° 64, 2° supplément du 12 août, p. 1168) dit le 28 juillet.

(80) Gazeta Warszawska, 1809, n° 45, 6 juin, p. 761, Leipzig, 24 avril.

FN Ut n° 51, 27 juin, supplément, p. 902, Corresp. de Leipzig,

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attend d’autres ? : ce n’est plus une villégiature, c’est un déménagement. Un corps autrichien réuni à «la bande du Prince de Brunswick-OEls », a occupé, Dresde, Leipzig et arrive aux frontières de la Westphalie; le 24 juin les Saxons battus à Stôtteritz se sont enfuis jusque Schôénauf*. Les Polonais, occupés à chasser seuls de leur pavs une armée autrichienne, peuvent ainsi apprécier les rares vertus de chef de leur monarque légitime.

En même temps la Gazette de Varsovie fait mention des troubles survenus à Cassel, des déclarations de Jérôme affirmant qu'il ne quittera pas sa capitale, que l’affaire Dôrnberg est liquidée, annonçant que Schill est en fuite, que 4 de ses compagnons ont été fusillés en attendant les autres, que le roi a mis sa tête à prix pour 10.000 frs $*, que ce Schill et sa bande à la solde de l’Angleterre ont abusé du nom du roi de Prusse, qu’au reste le roi de Westphaiie, en pius de ses 15.000 westphaliens dispose de deux divisions, l’une française, l’autre hollandaise %. Puis la Gazette nous montre Jérôme, avisé que sa frontière est menacée, faisant avancer ses troupes, partant avec sa garde. À Mülhausen, lieu de la première concentration, « impossible de décrire la joie des habitants voyant pour la première fois leur roi et l’ardeur de troupes sentant

. leur roi à leur tête ». Les Saxons et les Hollandais arrivant,

« l’ennemi n’avance plus depuis trois jours ». Nous espérons qu’il va bientôt quitter la Saxe%. L'entrée de Jérôme à Leipzig est un triomphe : « À peine ce Roi a-t-il su notre pays attaqué, qu’il a réuni 16.000 hommes et s’est hâté de venir généreusement au secours de la Saxe opprimée : aussi l’ennemi s'est-il retiré au plus vite. Au grand contentement des habitants rassurés, le roi a fait son entrée l'après-midi escorté de courtisans et de militaires nombreux, en allié fidèle de no-

a? Idem, n° 53, 4 juillet supplément, p. 948, Corresp. de Francfort, 18 juin.

(83) Idem, n° 53, 4 juillet, p. 934-5, Corresp. de Cassel, 18 juin. Le chef du corps saxon est le colonel Thielman « dans la suite assez mal famé comme général » (Mémoires de la Comtesse de Kielmannsegge sur Napoléon 1‘, d’après le manuscrit original des archives du Comte Guerrino zu Lynar, traduit de l’Allemand, par Joseph Delage, Paris- Neuchatel, Attinger, 1928, 2 vol. in-8°, t. 1, p. 28).

(84) Gazeta Warszawska, n° 45, Supplément au 6 juin, p. 772-3. Corresp. de Cassel des 25 avril, 6 et 14 mai; n° 52, 1° juillet, Corresp. de Magdebourg, 10 juin.

(85) Idem, Supplément au n° 45 et n° 50, 24 juin, p. 877.

(86) Idem, n° 53, 4 juillet, p. 934-5, Corresp. de Mülhausen, 19 juin, de Leipzig, 24 et 25 juin.

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