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satisfait de ce que j'ai vu en route; mon retour à paru causer quelque plaisir dans la partie de mon royaume que j’ai traversée, Je ne puis cependant douter que les ennemis de V. M. et de la France ne continuent à tramer des complots et à nouer en Allemagne tous les fils d’une vaste conspiration prête à éclater au premier signal de guerre. J’ai eu l’honneur de faire part verbalement à V. M. des données principales. Je crois devoir encore lui adresser un extrait des rapports arrivés à la haute police de mon royaume ». En somme, Jérôme est plutôt schwarzseher et rien de tel ne se produira en Westphalie en 1812. Néanmoins sa conclusion est : « Je crois devoir répéter à V. M. qu’en cas de guerre mon plus grand, mon unique désir et de servir activement auprès d’'Elle et de faire {a grande guerre. Le commandement d’un corps d'armée formé d’un nombre suffisant de troupes françaises et des 16 ou 18.000 westphaliens que je puis mettre sur pied indépendamment de ma brigade de Dantzig, me metirait à même de lui prouver mon zèle pour ses intérêts et mon absolu dévoue-
- ment. J'ose espérer que V. M. m’accordera cette faveur due
aux efforts que j'ai faits et ferai toujours pour lui être agréable et à mon inviolable attachement pour sa personne » 25, Napoléon qui ne manque pas de moyens d’information,
écrit à Davout le 2 décembre 1811 : « Quant à la Westphalie, le peuple de la Hesse qui est le principal, est bien loin de regretter l'électeur : l’armée est attachée au Roi » 26, Une lettre de Jérôme (5 décembre) sur la fermentation des esprits en Allemagne, ayant provoqué une enquête de l'Empereur ?17 et une missive de reproches 218, le roi y répond : « Je demande la permission à V. M. de lui représenter qu'Elle s’est trompée en pensant que je me défiais de mes troupes. Je lai toujours assurée au contraire que je comptais entièrement sur leur fidélité et je suis prêt à entreprendre seul avec elles, quand V. M. pourra le désirer, toute opération qui n’exigera pas un plus grand nombre d’hommes que je n’en puis mettre sur pied » 21°. Jérôme n’a cessé d’être en contaci avec son armée : il la connaît, elle le connaît, il se sent son chef. Ce n’est plus
(215) Mémoires du roi Jérôme, t. 5, p. 127-8. Jérôme à l’Empereur, Napoléonshôhe, 4 juillet 1811.
(216) Correspondance de Napoléon, t. 23, p. 51-2, n° 18.300.
(217) Idem, tome 23, p. 79, n° 18.318. A. M. Maret, Paris, 10 déc. 1811. pren de Napoléon (Lecestre), t. 2, p. 185, n° 912, Paris, 10
(219) Mémoires de Jérôme, t. 5, p. 141. Jérôme à l’Empereur, Casse!, 19 déc. 1811.
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le marin amené soudain en 4806 au cœur du continent, em Silésie; ce n’est plus l'étranger inquiet parmi les recrues pe sûres de 1809 : en 1811, il est le roi de Westphalie. Il est de plus en plus affirmatif au sujet de ses troupes, ne tient pas à en commander d’autres : il avoue que son expérience est toute westphalienne. Ceci n'implique guère qu’il ait l’intention de régner ailleurs.
Et pourtant, à ce moment, il est au plus fort d’une crise morale dont il est tout ébranlé.