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Jin, la 18° entre Modlin et Varsovie, la 46° au nord-ouest de Varsovie; la division de cavalerie seule franchement à l’est, mais assez proche de la capitale, et à une distance respectable de la frontière. C’est là un dispositif d’attente et d'ordre défensif, plutôt qu’offensif.
Si la blonde Mme Czosnowska a pris part au dîner de Jablonna, cette soirée est pour nous dénuée d’intérêt; si Jérôme et Joseph ont été en tête-à-tête, il est difficile que l'échange des soucis, que leur causait, à l’un la situation financière du Duché, à l’autre celle de son royaume, ne les ait pas éclairés l’un et l’autre sur l'impossibilité d’une aide financière même momentanée de la Westphalie au Duché, et sur le peu d'intérêt qu’il y aurait à abandonner la Westphalie pour régner sur un pays, qui est dans un tel dénuement.
Le 10 d’ailleurs Jérôme ne dut pas avoir à subir d’autres demandes de secours du prince Joseph, auquel l’Intendant Général Dumas a écrit de Posen le 8 : « M. l’Inspecteur Chevillard doit Vous avoir annoncé que le Payeur général de l’armée venait d'envoyer un de ses préposés à Varsovie, pour acquitter toutes les dépenses auxquelles donne lieu l’augmentation de l’armée polonaise et qui sont au compte de la France. Cette mesure me met à même de faire expédier à Varsovie par M. l’ordonnateur Trousset les ordonnances, qui jusqu'alors n’avaient pu être délivrées qu’à Posen par M. l'Ordonnateur Robinet. Je viens en conséquence d'ouvrir à M. J’Ordonnateur Trousset un crédit de 1.200.000 francs, qui joints aux 200.000 francs, que M. le Maréchal Prince d’Eckmühl a fait déjà mettre à Votre disposition, forment l’ensemble de 1.400.000 frs accordés jusqu'ici par S. M. l'Empereur et Roi. J’ai lieu d'espérer, qu’au moment de cette mesure, qui place auprès de Vous l’ordonnateur et les fonds et au moyen de la présence de l’inspecteur, toutes Vos inquiétudes sur les payements à faire pour les levées requises par la Convention du 25 février, vont cesser et que désormais rien n’arrêtera les opérations à faire à ce sujet. Je Vous préviens d’ailleurs, que j'ai demandé à S. M. de nouveaux fonds, qui me seront sans doute accordés par le Budget du mois de mai et que je les mettrai à la disposition de M. Trousset aussitôt qu’il me sera possible » 2. Voici done de l'argent, ayant il est vrai, une af-
(25) Archiwum Gtôwne Akt dawnych, X. W. 296, Revue et intendance générale de la Grande Armée. Pièce 37, Posen 8 mai.
fectation précise et des gardiens vigilants. Mais peut-être pourra-t-on opérer des virements. k : 4
Du côté des Westphaliens, toujours mêmes ennuis : « Ces rustres, dit Niemcewicz, insolents seulement en chambre, sont souvent accrochés par les nôtres et il n’y a pas de jour où Von ne coupe les oreilles à quelques-uns » ?#. C’est le moment où Vandamme veut s'installer à Natoline. A 4 heures, Jérôme fait un temps de galop dans cette direction.
À la tête des Saxons, Reynier affirme plus que jamais le manque de souplesse de son caractère. Il s’est opposé à ce qu'Allix commandant en chef l'artillerie de l’aile droite com-
munique directement avec le chef de l’artillerie du T° corps,
et Marchand doit lui écrire le 10 : « S. M. me charge de Vous faire connaître, que Vous paraissez être dans l'erreur relativement aux rapports, qui Vous lient avec la partie de l'Armée
qu'Elle commande. Les Be, 7 et 8 corps, le 4 grand corps de |
cavalerie et la Division prussienne du Général Kleist ne forment point chacun une armée indépendante, mais sont essentiellement soumis au commandement général du Roi comme Général en chef de l’Aile droite. D’après ce principe incontestable, le Général commandant l’artillerie et l’ordonnateur en chef peuvent et doivent, chacun dans leur partie, transmettre directement leurs ordres aux commandants d’artillerie et aux chefs d'administration de chaque corps et ceux-ci sont tenus de leur obéir et de leur donner tous les renseignements qu’ils désirent, sauf à Vous en rendre compte. S'il en était autrement, le commandant en ehef de l’artillerie et l’ordonnateur
en chef ne pourraient plus être responsables envers le Roi de.
leurs opérations générales, puisqu'elles seraient soumises à l'approbation des généraux commandants les corps d’armée, ou
contrariées par eux. En conséquence S. M. m’ordonne positive-
ment de Vous informer, que son intention est, que MM. les Généraux Commandants les corps d’armée ne s’opposent point à l'exécution des ordres que le Commandant en chef de l’artillerie, ou l’ordonnateur en chef se trouvent dans le cas de donner ou de transmettre pour l'utilité générale de leur service, puisqu’ils sont toujours en conséquence des ordres directs de
S. M. et que les contrarier, c’est compromettre les opérations de l’Armée » 27.
(26) NiEmcewicz, p. 315.
(27) Arch. Min. Guerre, Q. G. de Varsovie, 10 mai 1812.
— ÀTS —
La Division prussienne Kleist est jusqu'alors partie intégrante de l’Aiïle droite et même Jérôme estimant, qu’en cas d'événements elle serait trop éloignée de lui, vient d’ordonner à Kleist de partir de Breslau pour venir cantonner à Piotrkow ?8, où le Roi sera plus à portée de savoir quelque chose de ce corps. De tous ses lieutenants, Kleist est peut-être celui avec lequel Jérôme peut prendre le ton le plus désinvolte c'est ce même Kleist, qui en 1806 tenant Magdebourg avec 22.000 hommes s’est laissé berner par Vandamme, a capitulé devant 3.000 Français, et puis s’en est venu à Breslau toucher son tiers de solde et faire sa cour chaque jour au Prince Jérôme ??.
Le 11 est le jour où Tharreau occupe Natolin; deux nouvelles compagnies de la Garde westphalienne arrivent à Varsovie; les plaintes au sujet des dommages, des vols et des violences dus äux Westphaliens se multiplient %. Le soir Niemcewicz en entretient Furstenstein chez Alexandre Potocki.
Un ordre de Berthier arrive détachant la Division Kleist de l’aile droite, lui ordonnant de rejoindre le corps de Grawert : Jérôme envoie à Piotrkow un ordre destiné à la diriger vers Plock ®1.
Dans le 7° corps le service des ponts ne dépendant pas comme dans l’armée française du chef de l'artillerie, la soumission de celui-ci au Général Allix, n’a eu aucun résultat pratique. Marchand autorise done Allix à ordonner « à tout officier, commandant le corps des pontonniers saxons ou toute troupe affectée au service des ponts, de se mettre lui, sa troupe, le matériel et le train aux ordres de M. le Commandant de l'artillerie du 7° corps et de n’obéir qu'aux ordres qui lui seront donés par ce Commandant ou par le Colonel Ulliac, directeur des ponts de l’Aile droite » 52. Marchand renouvelle cet ordre et celui donné la veille au Commandant de lartillerie saxonne; il ajoute : « S. M. a fait connaître à cet égard ses instructions à M. le Général Reynier. Je me plains de la lenteur avec laquelle Vous satisfaites aux ordres donnés pré-
(28) Arch. Min. Guerre, Q. G. de Varsovie 11 mai 1812, Marchand à
Berthier. 2 4 (29) BARANTE (Baron de), Souvenirs (1782-1866), Paris, Calmann-Lévy 1890, 1° vol., p. 184, 186.
(30) NremcEwicz, p. 316. à : :
(31) Archives Min. Guerre, Marchand à Berthier, Q. G. de Varsovie,
11 mai. Ï k As 3 (32) Arch. Min. Guerre, Q. G. de Varsovie, 11 mai, Ordre signé, Allix.
cédemment. Si Vous continuez de servir avec la même inexactitude, je serai forcé, et je le ferai à regret, de rendre compte à S. M., qui probablement Vous ôterait le commandement dont Vous paraissez ne pas connaître tous les devoirs. Je donne ordre à M. le Colonel Ulliac de se rendre à Stezica et d'y faire jeter un pont sur la Vistule : il a ordre d'y employer le corps des Pontonniers saxons. J’ordonne à l'officier qui les commande, de se mettre pour cet effet sous ses ordres »
Quant au 5° corps, il est venu à l'adresse de Jérôme et du Prince Joseph un ordre de Berthier détachant du corps polonais le régiment des cuirassiers polonais, qui devra entrer dans Ja division Lorge. Jérôme, encore sous l’impression flaiteuse de la revue de Modlin, transmet, « décidé que ce régiment sera réuni à la brigade de cuirassiers westphaliens (Brigade Lepel), qui se trouve la plus faible » et fait répondre par Marchand à Berthier, que l’ordre a été donné. 4 Poniatowski répond seulement à Berthier, qu’il ne manquera pas de se conformer à ses ordres; mais que le régiment n’est guère qu’à l’état de dépôt un peu fort. « Il serait sans doute utile d’avoir au moins un régiment complet de cette arme et j’avais déjà, il y a quelque temps, proposé à S. M. le Roi de Saxe d’en achever la formation, mais Elle n’a point jugé convenable d’ordonner cette mesure. Dans les circonstances actuelles, elle est d'autant plus difficile, que le trésor du Duché, entièrement épuisé et n'ayant presque aucune rentrée, ne saurait même fournir à la solde des troupes. »55
Cet aveu nécessaire ne dut pas mettre le Prince en belle humeur. Cependant le roi Jérôme à voulu voir Lazienki, propriété du neveu de Stanislas-Auguste : et peut-être avaient-ils pris rendez-vous, le 9, pour cette visite. Jérôme voit done Lazienki, son pare accidenté et boisé, qui entre Krolikarnia et Varsovie évoque plus que tout autre lieu les souvenirs de Sta- Re la Maison Blanche faite pour ce roi et où Louis
a vécu en 1801: le petit Palais posé « entre deux étangs sur un ilot terrasse, palais de rêve, blanc et léger, mirant ses
(33) Idem, Q. G. Varsovie 11 mai, Marchand au Commandant de l’artillerie de 7° corps.
(34) Idem, Au Q. G. de l’Aile droite 'de la Grande Armée, Varsovie le 11 mai 1812 Marchand à Berthier.
(35) Arch. Min. Guerre, Varsovie le 11 mai 1812, Joseph Prince Po-
niatowski à S. A. S. M-gr. le Prince de Wagram et de Neuchatel, Major général.