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n’avancera pas les 100.000 zlotys, mais qu’on les versera à mesure des livraisons.
Après quoi Lusczewski rapporte que là où ils passent ou cantonnent, les Westphaliens prennent sans autorisation et de force toute sorte de provisions, privant les habitants de nourriture, prenant les attelages pour emmener les vivres et les gardant. Les rapports oraux et écrits parlent de serrures forcées, maisons pillées, habitants battus, femmes violées, excès que même un pays ennemi ne doit pas éprouver de troupes victorieuses. Un colonel Zand °?, non seulement n’a pas puni de telles violences, mais encore a déclaré les avoir lui-même ordonnées. Les Westphaliens ont déjà ainsi ruiné les départements de Kalisz et de Varsovie, ôté tout moyen d’alimenter les troupes qui y sont et y pourront venir, ne laissant plus là que la misère et le désespoir. Et le ministre ajoute : « Autant, il m’est pénible de présenter ce triste tableau, autant il m'est agréable de présenter le rapport du préfet de Plock qui fait l'éloge du corps bavarois commandé par le Général Gouvion Saint-Cyr, pour sa conduite si convenable avec les habitants, pour l’ordre et l’économie qu’il observe ». Le Conseil invite en conséquence son président à faire part à S. M. le Roi de Wesiphalie de ces plaintes et des preuves à l'appui. Quant au Prince Joseph, il communiquera au Roi toutes les données trouvées dans les rapports des commandants de place %#.
Le soir, le bruit court que « le Général Dessoles use de la caisse du Département de Poznan au profit du lazaret français; que Marchand paie les fournisseurs de ses troupes avec des assignations sur le trésor polonais; qu’un vainqueur ne procéderait pas en pays conquis autrement que notre cher tuteur, gens, bétail, provisions, argent étant son butin; que le ministre des finances ayant démontré l'impossibilité de fournir ce qui est exigé, il va être accusé de mauvais vouloir par devant le Prince de Neufchâtel et l'Empereur ». Autre bruit : « Il y a des nouvelles sûres de l’arrivée à Vilna du tsar de Moscovie. Quittant Pétersbourg, il a écrit au Général Lauriston, ambassadeur de France : « À Pétershbourg ou à Vilna, toujours l’allié de Napoléon ». Et Niemcewiez de s’écrier « Qui trompe-t-on ? » 5. Depuis les partages, la Pologne à la
(52) Colonel du 1* hussard (Brigade Hammerstein). Ducasse, Mémoires pour servir à l’histoire de la campagne de 1812, p. 99.
(53) Archiwum Akt dawnych, Protokél Rady Ministrow, séance 362, 12 mai 1812, folios 201-204.