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rien accordé de la part de l’Autriche en supplément au traité signé à Paris au mois de mars » ?. ee
La dépêche du 29, uniquement consacrée à cette question, nous ramène au point géographique où il faut se placer pour la bien voir. « Les communications qui ont eu lieu entre les cabinets d'Autriche et de France et des conférences entre les” Ministres d'Etat respectifs pendant le séjour des deux Empereurs à Dresde, avaient fait supposer qu'il s'agissait de quelque nouvelle négociation entre ces Cours. On a prétendu que la France demandait à l’Autriche une augmentation de troupes auxiliaires à lui fournir en cas de guerre et des vivres pour ses armées. Je n’ai vu M. le Comte de Metternich que par moment et je n'ai pas trouvé l'occasion d’avoir un entretien avec ce Ministre. Mais le Prince Estherhazy avec qui j'ai parlé sur ce sujet, m'a bien positivement assuré que l’objet des relations qui ont existé ici entre les deux ministères, s’est uniquement borné à des articles de détail relatifs au corps de 30.000 hommes que l’Autriche s’est engagée à fournir par le traité du 44 mars, objet qui a été discuté et réglé ensuite entre le Prince de Neufchâtel et le Général Klenau; mais qu’il était bien pertinemment instruit que Sa Cour n’a pris d’ailleurs aucun nouvel engagement et qu’elle n’a pas un seul homme à fournir en sus des 30.000 convenus. À l’égard de Particle des vivres, il m'a assuré également qu’il n’a point été accordé. J'ai demandé au Prince Esterhazy, si je pouvais mander à ma cour ce qu'il m’a dit, en citant son autorité; il m'a déclaré qu'il m'y autorisait avec le plus grand plaisir, bien persuadé, ajouta-t-il, que son gouvernement ne démentirait point l’assurance très vraie qu’il me donnait. J’ai appris aussi d'autre part qu’il à été tiré de la Galicie des quantités considérables de provisions pour l’armée française, qu’il en a résulté que le manque s’en étant fait sentir sur plusieurs points de cette province, ceci a été cause que le gouvernement a fait défendre d'exporter des subsistances hors du pays. On m’observait que cette prohibition n’a pas été levée, ce qui devait aussi servir de preuve qu’il n’a été pris aucun arrangement avec la France en faveur de cette demande » 5%.
M. Emile Bourgeois a noté que « le lendemain du jour (14 mars) où François promettait de mettre 30.000 hommes en Ga-
(49) Idem, n° 5594, Dresde 16/18 mai.
(60) Glavny Archiv, n° 5651, Dresde 17/29 mai.
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licie, Metternich communiquait le traité à l’envoyé russe Stackelberg et le commentait : « Le corps de Schwarzenberg n’opérera qu’en Bukowine et ne sera jamais augmenté ». C'était la neutralité modifiée : « Quelle garantie en donnerezvous ? répondait l’autre : « L'intérêt de la monarchie », lui répliqua simplement Metternich qui devait d’ailleurs ajouter trois mois plus tard l’engagement écrit des deux Empereurs de se combattre pour la galerie seulement (2 juin) 51.
Et sans doute cette négociation a été surtout le fruit des conversations entre le tsar et M. de Saint-Jullien, envoyé de PAutriche à Pétersbourg, par lequel Alexandre usera de tous les moyens de pression sur Metternich. Dès le 10 février l’Empereur de Russie a dit « qu’il n’avait en cas de guerre qu’un vœu, c’est qu'elle ne fut pas courte »; qu’il avait « rassemblé des forces suffisantes pour espérer pouvoir repousser une agression avec succès »; qu'il a peu de confiance dans les talents de ses généraux, mais qu’il espère beaucoup « des obstacles de localité que dans ses Etats offre un terrain boisé, marécageux, inculte, peu peuplé », des « difficultés d’approvisionnement, de la rigueur du climat ». Il est parvenu à donner à Saint-Jullien une étrange forme de confiance en son génie : « La conviction de son infériorité en talents militaires, le manque de numéraire métallique, la peur surtout qui paralyse en ce Souverain toutes conceptions vastes, toutes idées grandes, le confirment dans le système de guerre défensive qui sous différents rapports est peut-être le plus applicable à la situation de cet Empire » *?. Il à accusé cette impression en disant le 10 mars : « Il fait compter tout ce qui est derrière les armées comme théâtre de la guerre » 53. Le traité du 14 mars connu, Alexandre pousse sa propre peur jusqu'à en faire un épouvaniail pour l’Autriche. Les yeux humides, les regards fixés en terre, il déclare à Saini-Jullien : « Il faut que l'Empereur François me force à entrer malgré moi en négociations avec Napoléon; sans doute, elles n’éprouveront pas beaucoup de difficultés, mais l’issue pourrait ne pas en être désirable pour l'Autriche » 54 Ceci a amené Metternich à rassurer le tsar, ce qui aboutira à l'accord du 2 juin. Le 21 avril,
(51) Bourceots (Emile), Manuel historique de politique étrangère, t. 2, p. 485-6.
(2) Le Grand Duc Nicozas, L'Empereur Alexandre 1°, t. 1, p. 480, 483, 486.
(63) Idem, p. 492. £
(54) Idem, 31 mars/12 avril, p. 498-503.
Saint-Jullien annonçant le départ d'Alexandre pour SWilno, a dit à Metternich : « Très probablement, il se portera sur la Vistule et se fera proclamer Roi de Pologne » %. Mais, fin mai, il est infiniment probable qu’on en est revenu aux Cconceptions de février : l’Autriche sait que Schwarzenberg se trouvera au bout de quelques semaines de guerre le seul maître de la sécurité du Duché. Son action morale s’exerce dans cette région en fonctions de cette perspective. ;
Son action diplomatique à Dresde opère parallèlement. Le 30 mai, Metternich dit à Kanikov : « Vous étiez en 1809 alliés de la France dans la guerre contre nous; il est vrai que vous nous l'avez faite mollement et nous l'avons bien senti. Mais l'attitude de votre armée vers la fin de la campagne a décidé les affaires. L'Empereur a dit : « Nous sommes entre deux feux » et il signa la paix. Le traité de Vienne vous a valu le district de Tarnopol. Nous l’avons cédé sans garder de rancune. Convaincus du besoin que nous avions mutuellement de rester unis, nous vous avons dit : oubli sur le passé, mais nous vous avons déclaré qu’il nous fallait quelques années Ge tranquillité. Et cependant, c’est lorsque l’état de nos finances nous a forcé à réformer notre armée, que vous appelez les troupes françaises sur nos frontières. Sur quelques observations, dit Kanikov, que j’ai faites au Comte de Metternich à mon tour en réponse à ses assertions, il m'a exprimé que ces réflexions sur ce qui est passé et n’est plus à changer, ne devaient pas, selon son opinion, nous écarter de la route que la prévoyance et nos intérêts communs nous indiquaient. Il a ajouté qu’un bon accord et une confiance entière et mutuelle entre nous, était encore ce qui pouvait donner quelque espoir pour l'avenir » 5%. Kanikov est donc averti de l’accord que vont signer Metternich et Stackelberg.
Or, il y a en ce moment entre Kanikov et Senfft un curieux échange de renseignements. Louis Senfft von Pilsach a 36 ans : il a été ministre de Saxe à Paris de 1806 à 1809, puis ministre des Affaires étrangères de la Saxe. Il lâchera le roi Frédéric- Auguste, non après Leipzig, mais après Lutzen, et s’en ira à Lausanne d’où il passera au service de l'Autriche comme Ministre à Turin, à Florence, la Haye et Munich. C’est un homme prudent, averti et désireux, comme tout bon ministre des af-
(55) Idem, 9/21 avril, p. 504.
(56) Glavny Arch, 6052, Kanikov à Roumiantsov, Dresde 27 mai/7 juin.