‹ Jérôme Napoléon et la Pologne en 1812Chapitre 9 sur 97 · ENS · texte numérisé non relu

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il faut savoir obéir » $. Si Alexandre a parlé du Duché, où il espérait ainsi amener Napoléon à exposer ses projets, ou c'est Napoléon qui dans le débat l’a acculé à émettre une formule proche de celle qui était la sienne, formule de compromis, intermédiaire entre rien et tout, et que devait incarner,

- non un prince français, mais également un personnage inter- médiaire entre rien et tout, Frédéric-Auguste. Si Alexandre a

fait une proposition relative à Jérôme, celui-ci a+-il pu et voulu autre chose que ce que voulait l'Empereur ? Certainementi non. Enfin Jérôme en contact journalier avec le général Hédouville, ministre de France en Russie de 1861 à 1804, pouvait-il avoir une grande confiance dans Alexandre ?

La déception @es Polonais se plaignant que Napoléon n'ait pas alors reconstitué la Pologne intégrale, est à base d'espoir plutôt que d'appréciation mathématique des réalités; les pseudo reproches de Talleyrand manquent de sincérité ‘; ceux des historiens postérieurs sont surprenants. Tout le monde consiate que l’armée française saturée de gloire, atteinte de nostalgie, fatiguée, ne veut plus que « la paix et la France », que Berthier et bien d’autres seraient « contents d'aller pisser dans la Seine » %. Tout le monde constate que la paix est le but auquel doit aspirer Napoléon à Tilsit. On sait que, le 23 décembre 1806, Stadion communiquait à Andréossy notre ministre à Vienne le refus de l'Autriche d'échanger la Galicie contre un morceau de Silésie; que Francois 1* faisait arriver au quartier général russo-prussien le 25 juin 1807 le baron de Stutterheim avec mission de s'opposer au « rétablissement d'un royaume de Pologne » 1 On sait que le tsar, atiiré par Czartoryski en 1805 à Pulawy pour y « assassiner la Prusse », plongé là dans une ambiance d’où il devait sortir roi de Pologne, en avait jailli avec une telle force, qu'il s'était trouvé tout à coup à Berlin, entrainant avec lui un Czarto-

(88) Correspondance de Napoléon, t. XIV, p. 645, n° 12150. Osterode, 24 mars au Mal Lefebvre; t. XV, p. 235, n° 12533, Finkenstein 4 mai, au Roi de Naples. . ;

(89) Mémoires de Talleyrand, tome 2; 507 p. in-8°, p. 132-3. En 1812, il dira le contraire.

(90) Sorez, L'Europe et la Révolution française, tome 7, p. 137-138 et 132. Askenazy reconnaît que la campagne a été très impopulaire même dans l’armée : que Napoléon n’a ni flatté, ni illusionné les Polonais, qu’il a exigé brutalement 40.000 h., et qu’il a fait cela sans enthousiasme et sans confiance (O sprawie polskiej, w. r. 1812, p. 7).

(91) Lurostansri (Karol), Les Partages de la Pologne et la lutte pour l’indépendance. Lausanne, Paris, Payot 1918, XIX-712-XLIX, p. in-folio, p. 250, 251, 255-6.

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