RAIMBAUT , MARIANNE
iVAiMBAUT, prenant la main de sa fille.
Nous sommes seuls maintenant , Marianne... causons de tes petits chagrins , comme deux bons amis.
JIABIÀKNE.
Ah ! mon papa !
raimbAut.
Je n'ai pas vouhi en parler devant ta mère •, mais à présent Tu aimais donc bien ce jeune homme?
MARiANKË , timidement.
Ce n'est que depuis que vous m'avez défendu d'y penser que je m'en suis aperçue.
RAiMBArx, secouant la tête. Je sais bien^ ça fait cet dîct-là ordinairement. . .Ecoute, ma fille. ... tu sais si je t'aime , si je serais heureux de te
marier à ton goût ; mais ce M. Arthur qui est arrivé
de Paris , et que personne ne connaît à Montargis
tout annonce qu'il est riche. . . . Nous , mon enfant, nous
voilà plus pauvres que jamais Il est impossible qu'il
songe à t'épouser
MARiAKKE , vii^ment.
Pourquoi donc? Je suis sûre que vous le jugez
mal Oh ! il n'est pas fier, intéressé Eh ! tenez ,
mon papa , ce qui m'a donné de la tendresse pour lui. . . .
c'est sou estime , son respect pour vous Que de fois
ne m'a-t-il pas dit qu'il voulait réparer envers vous 1 iujustice de la fortune.
Air de Julie.
S'il me parlait souvent de sa richesse C'est qu'il la veut partager avec vous...
Il me parlait de sa tendresse , Il me parlait de ses projets pour nous.
RAIMBALT. ^
T'a-t-il parlé de vous mettre en ménage ?
MAKIANNIT,
iVon , mais je crois , moi qui suis sans détour ,' Que, du moment que Pou parle d'amour, C'est que l'on pense au mariage.
RAIMBAVT.
Pas toujours I surtout à Paris .... Et si ce n'était
qu'un séducteur
MAlUAKNE.
Un séducteur !
RAIMBAL'T.
Il cache son véritable nom donc, il a de mauvais
desseins ! Marianne , quand je l'ai trouvé ici hier ,
je me suis contenu je me suis contenté de lui défendre
de reparaître chez moi.
MARIANNE
Quoi ! vous lui avez défendu
nAiMBATJT.
J'espère que tu ne me désavoueras pas Mais s'il
osait revenir si je le trouvais près de toi (avec un
mouveinent) songes-y bien, Marianne, je ne réponds pas de ce qui arriverait {avec bonté et la prenant dans ses bras. ) Je n'ai rien à craindre, n'est-ce pas?. .... tu me promets de ne plus le revoir?
MARIANNE , tristement.
Oui, mon père
rAimbAuï.
De te consoler.
MATiiANNE , cacliaut ses lurmcs avec ses mains. Oui , mon père.
BAIMBAUT.
De l'oublier.
MABiANNE , (Cunc VOIX entrecoupée.
Je tâcherai.
r.AiMBAuT, l'embrassant.
Bonne Marianne, ne dis rien à ta mère elle a bien
assez de nos autres chagrins et si je puis trouver un
brave garçon je le trouverai , va •, ou ma déjà parlé
de (piclquuu
MARiANiCE, alarmée.
Comment ?
RAIMBAUT
Sois tranquille. .... tu seras heureuse. ( Changeant de ton. ) Ah çà! reprends vite ta petite mine gaie , que je te
voie rire, sauter autour de moi me faire enrager
comme autrefois. ... et quand tu auras séché tes larmes , va rejoindre ta mère; moi je cours chez notre correspondant.... Adieu, mon enfant. {Il F embrasse encore et sort. )