‹ Jérome, ou, Les deux époquesChapitre 17 sur 44 · RAIMBAUT , MARIANNE · texte numérisé non relu

RAIMBAUT , MARIANNE

iVAiMBAUT, prenant la main de sa fille.

Nous sommes seuls maintenant , Marianne... causons de tes petits chagrins , comme deux bons amis.

JIABIÀKNE.

Ah ! mon papa !

raimbAut.

Je n'ai pas vouhi en parler devant ta mère •, mais à présent Tu aimais donc bien ce jeune homme?

MARiANKË , timidement.

Ce n'est que depuis que vous m'avez défendu d'y penser que je m'en suis aperçue.

RAiMBArx, secouant la tête. Je sais bien^ ça fait cet dîct-là ordinairement. . .Ecoute, ma fille. ... tu sais si je t'aime , si je serais heureux de te

marier à ton goût ; mais ce M. Arthur qui est arrivé

de Paris , et que personne ne connaît à Montargis

tout annonce qu'il est riche. . . . Nous , mon enfant, nous

voilà plus pauvres que jamais Il est impossible qu'il

songe à t'épouser

MARiAKKE , vii^ment.

Pourquoi donc? Je suis sûre que vous le jugez

mal Oh ! il n'est pas fier, intéressé Eh ! tenez ,

mon papa , ce qui m'a donné de la tendresse pour lui. . . .

c'est sou estime , son respect pour vous Que de fois

ne m'a-t-il pas dit qu'il voulait réparer envers vous 1 iujustice de la fortune.

Air de Julie.

S'il me parlait souvent de sa richesse C'est qu'il la veut partager avec vous...

Il me parlait de sa tendresse , Il me parlait de ses projets pour nous.

RAIMBALT. ^

T'a-t-il parlé de vous mettre en ménage ?

MAKIANNIT,

iVon , mais je crois , moi qui suis sans détour ,' Que, du moment que Pou parle d'amour, C'est que l'on pense au mariage.

RAIMBAVT.

Pas toujours I surtout à Paris .... Et si ce n'était

qu'un séducteur

MAlUAKNE.

Un séducteur !

RAIMBAL'T.

Il cache son véritable nom donc, il a de mauvais

desseins ! Marianne , quand je l'ai trouvé ici hier ,

je me suis contenu je me suis contenté de lui défendre

de reparaître chez moi.

MARIANNE

Quoi ! vous lui avez défendu

nAiMBATJT.

J'espère que tu ne me désavoueras pas Mais s'il

osait revenir si je le trouvais près de toi (avec un

mouveinent) songes-y bien, Marianne, je ne réponds pas de ce qui arriverait {avec bonté et la prenant dans ses bras. ) Je n'ai rien à craindre, n'est-ce pas?. .... tu me promets de ne plus le revoir?

MARIANNE , tristement.

Oui, mon père

rAimbAuï.

De te consoler.

MATiiANNE , cacliaut ses lurmcs avec ses mains. Oui , mon père.

BAIMBAUT.

De l'oublier.

MABiANNE , (Cunc VOIX entrecoupée.

Je tâcherai.

r.AiMBAuT, l'embrassant.

Bonne Marianne, ne dis rien à ta mère elle a bien

assez de nos autres chagrins et si je puis trouver un

brave garçon je le trouverai , va •, ou ma déjà parlé

de (piclquuu

MARiANiCE, alarmée.

Comment ?

RAIMBAUT

Sois tranquille. .... tu seras heureuse. ( Changeant de ton. ) Ah çà! reprends vite ta petite mine gaie , que je te

voie rire, sauter autour de moi me faire enrager

comme autrefois. ... et quand tu auras séché tes larmes , va rejoindre ta mère; moi je cours chez notre correspondant.... Adieu, mon enfant. {Il F embrasse encore et sort. )

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