‹ Jérome Paturot à la recherche d'une position sociale (volume 3)Chapitre 33 sur 35 · II · texte numérisé non relu

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258 JÉIIOME PATUROT

— Vos conditions? lui dis-je en imitant sou laconisme.

— Très-douces, répliqua-t il. Vous me renouvellerez mon titre en le datant du mois d'août prochain ; quatre mois pour vous blanchir ; ce sera suflisaut.

— Autrement ?

— Autrement point de concordat ; je n'ai qu'à ouvrir la main, elle est pleine de tempêtes.

— Eh bien ! monsieur, vous l'ouvrirez, lui dis-je alors ; j'ai été malheureux, mais je ne serai pas déloyal. J'ai peu de chose à olTrir à mes créanciers, mais je ne me laisserai pas rançonner par l'un d'eux au détriment des autres. Ce serait un indigne marché.

— (l'est votre dernier mot ?

— Oui, monsieur.

il prit son chapeau et sortit. Certes, je n'eus pas de regret d'avoir repousse cette ouverture; mais mon cœur se serra à l'idée des hostilités que. j'aUais essuyer. Je m'étais habitué à considérer ime assemblée (le créanciers comme une simple formalité ; clic allait se transformer en une lutte pleine de passion. Quand j'entrai , je rencontrai de tous côtés ths regards hostiles ou curieux. Un ancien député à l'état de déconfiture est un spectacle assez rare ; on en jouissait alors dans ma personne. Les syndics firent leur rapport; il était favorable : mes pertes s'y trouvaient jnstiliées, et quelques reproches bien mérités de négligence formaient la part de la censure. Quand cette pièce eut été lue, mon ennemi se leva et tira de sa poche un formidable dossier. C'était un contre-rapport, un réijuisitoire dans toutes les formes. Jamais masse pareille de gr-iefs ne fut accumulée avec

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