‹ Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale (volume 4)Chapitre 10 sur 43 · MEDECINE A LA TARTARE · texte numérisé non relu

MEDECINE A LA TARTARE

« Le docteur Chikapouff, médecin-praticien des bords du Don, (ait « connaître généralement à tous les citoyens de celte capitale et de la « France entière, comment il a prouvé, au moyen des soins qu'il a « donnés, dans l'espace de trois mois, à environ cent cinquante incu- <c rnbles et par conséquent abandonnés par tous les médecins de la a ville, et que les hôpitaux même ont expulsés ne pouvant arriver à la a guérison desdits incurables ; que lui, Chikapouff, avait pénétré dans « le vrai de la médecine, et que, par un nouveau procédé, guérissant « ce qui avait été inguérissable jusqu'alors, donnant ainsi un démenti « formel à tous les hommes de l'art; pour tout dire, enfin, que lui, « Chikapouff, avait triomphé de tous les obstacles, au point de pouce voir dire : VluimanUé a gagné sa cause, et tani de maux ne décime- « ronl plus désormais la société humaine 1 Preuve, les cent cinr|uante

(I) Toul Cl» qui suit c^l tcxtud. Le nom seul a clé change.

(c malades entrepris par l'exposant, desquels- pas un seul n*a péri! ce Rien ne manque àChikapoufTpour mieux prouver la réalité des (( faits qu il dénonce courageusement à la face du public que Fappui « tout-puissant des hommes qui sont au pouvoir. Que, dans Tintérêl « de la sainte cause de Thumanité et de la leur individuellement, ils « veuillent autoriser le sieur ChikapoufT à entreprendre un grand w nombre de malades incurables de toute espèce que le gouvernement « ou la faculté de médecine concentrerait dans Tun des nombreux c( hôpitaux de la capitale, où le sieur ChikapoufT stationnerait pour « administrer les remèdes qui lui appartiennent, et qui sont le fruit M de longues et pénibles recherches, et pour surveiller les traitece ments, comme directeur de cet hôpital spécial,

« Refuser à ChikapoufT le moyen de rendre la vie à tant de malce heureux, d*alléger la société des maux qui Taccablent et la décicc ment, et baser ce refus sur l'injuste et inadmissible motif que Chic( kapouiï n*est pas un médecin théoricien, comme le veut la loi ce enfantée par la faculté de médecine, il y aurait de la' barbarie, ce chose qui ne doit pas exister sous l'empire de toutes les régénérace lions du dix-neuvième siècle.

ce ChikapoufT est âgé de cinquante-trois ans. Il exige, en échange de ce la richesse qu'il apporterait annuellement au trésor de l'adminisce tration des hospices, pour avoir réduit et comprimé les frais et le ce mal, qu'il lui soit payé par ladite administration des hospices, sa ce- vie durant, les 10 pour 100 des capitaux économisés d'année en ce année : et si une telle proposition n'est pas conciliable avec la nace ture du fait dénoncé publiquement par moi ChikapoufT, l'auteur de ce la proposition s'en rapporterait à la générosité du gouvernement ce et de l'administration des hospices. Dès aujourd'hui ChikapoufT se ce met à la disposition du gouvernement et de la faculté de médecine.

<e Les hommes qui ont le pouvoir d'accepter et qui n'accepteraient ce pas la proposition de ChikapoufT, ces hommes trahiraient la sainte ce ciuse de l'humanité, et l'on pourrait leur dire avec raison : Vons « voulez que le mal règne et se perpétue dans la société; vous voulez ce voir vos familles décimées par le fléau du mal ; vous vous plaisez ce enfin à subir le martyre et à éprouver sans cesse les angoisses île mille ce morts prématurées.

ce IVA>I ChIKAPOI'FF. »

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