AMBITIONS DE MALVINA
se trouva pas, comme d'habitude, dans le magasin. Sans ni'arrêter , je gravis l'escalier , ouvris la porte de l'appartement , et allais pénétrer dans la chambre de ma femme, quand je m'aperçus qu elle n'était pas seule. Un dialogue était établi ; je distinguai la voix d'Oscar.
« Quoi ! madame Paturot, disait-il, c'est bien votre dernier mot?
— Oui , monsieur Oscar , et n'y revenez plus... Viens ici , Alfred , ajouta ma Lucrèce en s'adressant à son fils , viens donc que je te débarbouille la figure. «
J'entrai sur ces paroles. La mère était occupée de la toilette de son enfant; Oscar, assis dans un fauteuil, semblait embarrassé, et ma présence fut loin de lui rendre son aplomb. Alors , aucun soupçon ne troublait mon âme : ce fut plus tard seulement que j'omTis les yeux. Chère ^lalvina ! elle avait plus de bon sens, plus de tête que moi. Au lieu de comprendre le danger des assiduités du peintre , en véritable mari j'eus l'incroyable inspiration de lui dire :
'i Oscar , tu déjeunes avec nous , n'est-ce pas ? »
J'étais un homme prédestiné.