IMITATION LIBRE D'CNE BALLADE CONNUE
Voyez comme elle engraisse ! A ces deux repoussoirs, A ces grands monumenls, érigés en bossoirs,
1 Celle pièce est textuellement reproduite. Elle apparlieut en cnliei* au jcuno barde en question.
Et rivaux do la cornemuse ; A cette pleine lune aux contours fourvoyés, A ce menton fuyant par cascades, voyez
Comme elle engraisse, notre musa !
Elle est ample, elle est vaste, et quand, d'an pas: masjif, Les cheveux relevés dans un style poncif,
Elle apparaît sous sa mantille ; A voir le sol fléchir sous elle en vrai tremplin, On croirai* voir, ma foi, dessus son terre-plein.
Un éléphant de la Basiille..
Elle est forte et dodue, et file son roman, Qu'à safillQ avec soin dérobe la maman,
Tant il est plein de fondrières ; Elle lance, elle suit, sans jamais dire assez, De buissons en buissons, de fossés en fostés,
Ses divines aventurières.
Quand près du feu, le soir, on juge les auteurs, Pour voir qui sait le mieux, au gré de ses lecteurs.
Manier la laufjue rebelle ; Que son héros soit Corse, ou Toscan, ouVaudoia, Elle écrit, et la phrase échappée à ses doigts
Kous semble toujours la plus belle.
Certes, plus d'un bourgeois, pour elle, en son beau lemp^. Volontiers eût donné bien des écus complaî'ts, ^
Et même quelques pierreries ; Il eût donné ses fracs et shs vieux pantalons, Ses passe-poils du plus beau jaune et ses galons,
Tout, jusqu'à ses buffleteries ;
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Et ses deux pistolets dans leur fonte engloutis, Et ses revers d'argent brodés auplumeiis.
Et ses sonores jugulaires, Et sou sabre en croissant, rouillé quand on se bat, Ella rude cartouche, instrument du combat,
Qu'il déchire avec ses molaires.
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Il eut donné sa guêtre et son dessous de pied, Donné la riche selle où, de garde, il s'assied ;
Donné son colbacsi commode ; Donné, pour faire honte aux hommes regardants, Sa caisse, ses papiers, sa vaisselle et ses dents,
Chefs-d'œuvre de Désirabode.
Il eût donné les serfs qu'il tient sous son pouvoir, Son portier, son frolteur, son commis de comptoir,
Sa bonne et son valet de ferme ; Le jardin d'un arpent qu'il possède à Saint-Leu, El son appartement, tendu d'un papier bleu
Qu'il fit poser au dernier terme.
Tout, jusqu'au cheval bai qu'il loue au maquignon, Dont il vida la croupe avec quelque guignon ;
Jusqu'au frein où Ruolz éclate; Jusqu'à celte mercière, au quartier Mouffelard, Qui vient six fois par mois décorer sur le tard
Son divan à housse écarlate.
Ce n'est pas le bourgeois, c'est le peuple aux faubourgs Qui l'a prise, et qui n'a rien donné pour débours ;
Car la pauvreté l'accompagne.
Le peuple a pour tous biens le vin bleu, l'eau des puits, Une blouse percée aux deux coudes, et puis
Quelques amis sur la Montagne.
Ainsi chantait le dernier des bardes chevelu?, entraîne' par un enthousiasme naïf. 11 est douteux que son hommage, issu du cœur, ait eu un succès sans mélange.