CHAPITRE CINQUIÈME
Le Jour où les dominicains de Saint-Marc l'avaient nommé prieur, Savonarole avait remercié Dieu de ce qu'il lui donnait le moyen d'opérer la réforme qu'il rêvait. Persuadé que les désordres du clergé régulier et séculier étaient la cause de la corruption qui se répandait de plus en plus dans la chrétienté, il pensait avec raison que, pour ramener celle-ci aux mœurs de la primitive Église, il fallait agir d'abord sur les ministres de Dieu , dont le premier devoir était de donner le bon exemple. Ce n'était pas un fantôme de son imagination que cette dépravation du clergé : les textes abondent sur ce sujet, et si Savonarole nous étonne par rénergie de ses peintures , par des détails inouïs, il ne dit