LIVRE I, CHAPITRE V
néanmoins que ce que les plus graves historiens laissent entendre. Pendant Tavent de cette année même (1493), il prononçait un discours qui contenait l'expression de ces griefs trop légitimes, sur lesquels, dans la suite, il revint si souvent. Vers* la fin de sa vie, il les résumait encore avec crudité; ils étaient pour lors aussi réels qu'au début de sa sainte croisade, car il n'avait trouvé nulle part plus de résistance que dans les rangs du clergé ;
a Elle vient cette brebis, cette femme, cette enfant qui est D tombée dans le péché. Christ l'a perdue : le bon prêtre la j) trouve, il doit la rendre à Christ. Mais le mauvais prêtre » la flatte, il Texcuse, il lui dit : Je sais bien qu'on ne peut » toujours vivre chastement et se garder du péché. Peu à » peu il J'attire |i lui; il l'éloigné de Christ plus que jamais. D — frère ! ne touche pas cette corde. — Je ne nomme » personne, mais il faut dire la vérité. Le mauvais prêtre la » flatte, il l'entraîne, de manière que cette pauvre brebis 2) perde la tête. Loin de la rendre à Christ, il la garde pour » lui. Toutes les cités d'Italie sont pleines de ces horreurs. » Si vous saviez tout ce que je sais! des choses dégoûtantes I » des choses horribles ! vous en frémiriez ! Quand je pense » à tout cela, à la vie que mènent les prêtres, je ne puis » retenir mes larmes....
» Comment défendent-ils leurs brebis? Je vous le dirai en » un mot, sans manquer au respect que je dois aux bons : » les mauvais pasteurs se sont faits entremetteurs * pour » conduire la brebis dans la gueule du loup. 4..
» Il ne faut pas que les prêtres et les religieux aillent tout » le jour se promener sur les places et faire visite aux com* » mères; il faut qu'ils étudient l'Écriture... «
» prélats! ô soutiens de l'Église! ô seigneurs! Régar»