‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 41 sur 195 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

» et on me dit : Ils ne veulent pas que tu entres, parce qu'ils » craignent que tu ne les empêches de faire le sac de la \ille. » Je ne sais comment les choses allèrent, c'est Dieu qui fit B tout. Je fuspris par la main, et conduit en un instant devant » Sa Majesté. Xe roi était dans sa chambre avec ses barons. » Aucun Florentin n'était présent. Il me répondit avec beau- » coup de bienveillance, et tout fut conclu. Et , pour empê- » cher ses courtisans de rien dénaturer, il me fit redire les » chapitres par trois fois, en latin, en italien, et moitié ita- » lien, moitié français, pour ceux qui n'entendent pas bien j!> notre langue. Tout étant ainsi arrêté, le roi sortit, et l'on D déposa les armes. Le 26 novembre, les signatures furent données solennellement à Sainte-Marie-de-la-Fleur, et, le 28, le roi quitta Florence avec son armée.

Tel est, d'après des témoignages authentiques, le récit des faits importants qui ont été brouillés par tous les biographes, et que les historiens n'ont pas suffisamment éclaircls. Ces derniers n'ont tenu aucun compte de l'autorité de Savonaroie, ou plutôt ils ignoraient de quelle utilité ses sermons pouvaient être pour l'histoire; c'est pourquoi ils ont passé sous silence sa seconde ambassade, ou ont cru , avec Nardi, qu'elle n'avait pour but que de presser le départ de l'armée française , puisque , selon eux , les capitulations étaient déjà signées. Quant aux biographes, ils supposent gratuitement , et malgré l'affirmation unanime des chroniqueurs, que Charles VIIÏ ne rappela pas Pierre Capponi , et qu'on fut obligé, pour éviter le sac de la ville, de lui envoyer Savonaroie, avec qui le traité fut conclu. En réalité, l'entrevue de ce Père avec le roi n'eut pour but et pour effet que de confirmer et de ratifier ce qui avait été déjà convenu avec le hardi magistrat; mais, sans cette nouvelle et pressante

ambassade, Charles VIII eût probablement oublié qu'il avait

donné sa parole ; il n'aurait pas signé le traité , et Florence serait devenue la proie de ses mercenaires et de ses courtisans.

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