‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 47 sur 195 · LIVRE II, CHAPITRE IL 1H · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IL 1H

biens â'uae taxe proportionnée*à leur valeur; de Tautre, iairé choix d'une forme rationnelle de gouvernement. L'ex* périenee a montré que la meilleure est (^lle de Venise; mais il faudrait raccommoder au génie florentin. Il conviendrait, par exemple, de supprimer le doge, ou du moins de prendre un juste milieu entre la trop longue durée de cette magistrature et le temps trop court que les lois laissent en Toscane aux ofûders publics. Les charges prineipales se donneraient à l'élection ; celles de moindre importance se tireraient au sort. Mais pour que toutes ces réformes deviennent posi^bles, il fbut, au préalable, rétablir la concorde entre les citoyens, pardonner les vieilles offenses, oublier les anciennes querelles, a Si vous faites de bonne » grâce toutes ces choses, b ajoute l'orateur, <x je vous pro- A mets, de la part de Dieu , la rémission de tous vos péchés i> et une grande gloire dans le paradis, o

De tels discours fixèrent l'opinion du peuple : il voulut ce que voulait Savonarole^ Il se forma dans les conseils du gouvernement une minorité favorable aux réformes* que le prédicateur populaire exposait avec tant d'éloquence. On y remarqua Soderlui, méconnu par ses amis; François Valori, ^ui avait tant fait pour la révolution; enfin, François de Médicis, dit Popolanî, qui, pour n'être pas oublié, avait besoin de faire opposition à sa famille et à ceux qui tenaient pour elle. Des discussions eurent lieu au sein des conseils ^ et l'histoire en a gardé la trace. La défaite était encore trop liécente pour qu'aucun des vaincus osât parler en faveur du régime monarchique ou quasi monarchique des Médlcis; le â^}aX ne s'engagea qu'entre le gouvernement aristocratique et le démocratique. Guidantonio Vespucci , docteur es lois, soutint le premier, et Pagolantonio Soderinl le second. Gruicciardin a conservé ou refait leurs discours;

Soderiui s'était visiblèméit inspiré des éloquentes prédications de Savonarole; mais ce n*était pas assez pour l'impétueux dominicain d'avoir, pour ainsi dire, fait porter la parole en son nom dans les conseils du gouvernement. La seigneurie ne pouvaient méconnaître l'importance qu'avait l'avis d'un homme qui imposait ses opinions à la multitude, et qui trouvait des adhérents nombreux parmi les plus éclairés : elle lui fit demander son sentiment. Mais, pour dissimuler le scandale d'une pareille déférence, elle confondit ce redoutable conseiller dans une commission composée de religieux qu'elle feignit de vouloir consulter. On ne sait si Jérôme répondit à cet appel dans les formes qu'on lui in* diquait. Ce qu'il y a de certain, c'est que, persuadé qu'un avis donné en conseil pourrait être bien plus facilement écarté que s'il descendait solennellement de la chaire, pour se graver dans toutes les mémoires et dans tous les cœurs, il profita de ce qu'on l'avait interrogé pour répondre en public , et plus catégoriquement peut-être qu'on ne l'aurait voulu.' Il convoqua le peuple tout entier, à la réserve des femmes et des enfants, la seigneurie et tous les magistrats à venir l'entendre sous les voûtes de la cathédrale. Pour accomplir sans obstacle cet acte audacieux, il profita avec habileté d'un bruit fâcheux qui s'était répandu dans la ville et qui y avait causé un assez grand désordre. On venait d'apprendre que Pierre de Médicis, parti de Venise, où il s'était retiré, avait traversé l'Italie pour se rendre auprès de Charles YIII, et en avait reçu un accueil excellent. Ces nouvelles faisaient trembler les Florentins pour leur liberté ; mais elles étaient de nature à donner plus dje force au parti démocratique , et à disposer favorablement envers l'orateur même les indifférents. Savonarole nous apprend quel fut le sujet de son discours :

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