‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 49 sur 195 · LIVRE II, CHAPITRE IL M · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IL M

ou les douze intontumini, json père, son aïeul ou son bisaïeul. Le nombre des Florentins qui remplissaient ces con* ditions , les senls à qui s'appliquât alors la dénomination de citoyens, se trouva être de trois tnille deux lôents. Utre assembiée aussi considérabte parut trop nombreuse pour le Wen public ; il fut diécidé qu'on tirerait au sort les noms du tiers deséWgîbles, et que ce premier tiers composerait seul le grand conseil pour une durée de six mois. Ce temps écoulé, on dut tirer au sort la moitié des deux tiers cpii restaient pour six autres mois, et ainsi de suite, en sorte que dans dix-buit mois, tous les citoyens éligibles avaient successivement fait partie du grand conseil.

Les fonctions de cette assemblée furent de nommer à toutes les magistratures > et d'adopter ou de rejeter les projets de loi qui lui seraient présentés. Savonarole fit décider un peu plus tard qu'elle aurait aussi le droit de prononcer sur les appels que feraient à sa souveraineté les citoyens con»damnés par la seigneurie. C'est ce qu'il nomme souvent dans ses sermons Vappel deà six fèves ^. Ce recours à la magistrature la plus populaire qu'il y eût , ces limites apportées au pouvoir jusque-là indéfini des seigneurs , furent une garantie ess^tielleraent démocratique; mais, pour que le vote ne dépendit pas d'un petit nombre de Citoyens, il fut arrêté que le grand conseil ne pourrait délibérer, tant qu'il n'y aurait pas mille membres présents ; c'était presque la totalité du tiers en fonctions; et pour donner une sanction pénale à cette règle , tous ceux qui né répondraient pas à

1. On volait à Florence avec des fèves. Les fèves noires indiquaient l'adoption , les blanches le rejet. La majorité légale de la seigneurie étant de six voi^, on là désignait souvent sous le nom des siz fèves. Savonarole trouvait exorbitant que la décision de cette majorité fût sans appel. Il parla tant contre elle, qu'il finit par obtenir que le droit d'appel serait conféré au grand conseil. Ce nom des six Jh^es n'était point officiel , mais de pure convention , et appartenait au langage familier.

rappel durent être, comme Jérôme Tavait souvent demandé, condamnés à une amende d'un demi-ducat d'or.

Gomme une si grande assemblée ne pouvait se livrer à des délibérations approfondies et à des travaux sérieux , elle fut appelée , dans une de ses premières séances , à nommer un conseil de quatre-vingts citoyens, connu dans Thistoire sous le nom de Consiglio degli otiania ou de' richiestL II devait éclairer la seigneurie de ses lumières, et élaborer les projets de loi qu'elle lui présenterait, avant de les soumettre au grand conseil. Les affaires extérieures et militaires étaient surtout de son ressort; mais il ne restait étranger à rien. II fallait avoir quarante ans révolus pour être admis à en faire partie; et, suivant l'usage flcNrentin, les divers magistrats, les seigneurs et les collèges, les huit de garde et de balie, les dix de la guerre , les capitaines du parti guelfe y avaient voix délibérative. Dès l'installation de ces deux nouveaux corps politiques, tous les anciens conseils furent dissous; mais on maintint une foule de magistratures municipales peu importantes , dont il est inutile de parler ici.

On compléta l'ensemble de ces institutions par une loi sur les finances : chaque citoyen dut payer à l'avenir dix pour cent sur la rente de ses biens immeubles , sans aucune autre imposition. Deux mesures d'occasion furent destinées à calmer les haines et à bien disposer le peuple en faveur du nouveau gouvernement : une amnistie générale fut prononcée, et décharge fut faite d'une partie de leurs dettes aux débiteurs (23 décembre).

Telle fut en peu de mots la réforme opérée sous l'influence toute-puissante de Savonarole. Elle donna une plus large part à l'élément démocratique, ce qui fit accuser la nouvelle constitution d'être démagogique, et Savonarole d'être le chef de la populace. Il suffît de lire l'exposé qui précède

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