‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 55 sur 195 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

éèÊîmédA. Que ceux qui en souffraient en euM^t ou non conscience, ces défauts furent sans doute une des principales causes du désordre qui régna à cette ^oque^ et dont ftfodiiavel parle en homme qui l'avait vu de près. Savonatole lui-même, sMl n'esft pas, à cet égard, plus clairvoyant que ses conteiàporaîns, sentait au moins que le gouverne* ment de son choix n'était pas parfait; mais il s'en consolait, comme on vietnt dé le vbir, en posant qu'il s'améliorerait avec le temps, au lieu que l'état monarchique devient plus fiiauvais de jour en jour.

<r II est très*vrai , » disait-il , « qu'il y a eu dans cette ré- I» forme de fâcheuses innovations. Vous direz peut-être* : » Pourquoi donc y as-tu acquiescé? — J'y ai acquiescé pour » éviter un mal plus grand. Je me disais : Il faut mettre , » d'abord la bride à ce poulain ; (^us tard , nous lui mettrons h la sdie. On ne peut tout faire à la fois. D'ailleurs les in- . » convénients que l'on a remarqués ne viennent pas du

}» grand eimseil; ils viennent de votre ambition Mais

. » voici le Sdgneur qui dit : Ego sum^ 6 peuple ! Ce n'est pas » ce frère, c'est moi, oui, c'est moi, te dis^je, qui t'ai donné » ce gouvernement. »

Ainsi le dernier recours de Savonarol^ était Diea , l'auteur suprême de la réforme démocratique. Mais ce n'était pas pour répudier la responsabilité dé son oeuvre qu'il lui attribuait une si auguste origine. Tant que la révolution ne put que donner de la gloire à ses auteurs, il s'effaça modestement, et renvoya à la seigneurie la reconnaissance populaire qui s'obstinait, non sans raison, à s'adresser à lui :

<r Les membres de la seigneurie sortante, » disait41» « ont » gagné deux nobles couronnes. Tune au paradis, l'autre é parmi les hommes. Les anges les ont aidés dans cette œuvre n ^us divine qu'humaine, et ces seigneurs méritent que

» YOQS les teniez en grande estime, et que vous inscriviez » leurs noms dans vos chroniques, pour proposer leur exem- 9 pie à ceux qui \îendront après eux. »

Mais lorsque l'opposition eut relevé la tête, et qu'il y eut quelque danger à se dire Fauteur de la réforme démocratique, Savonarole ne manqua pas d*en revendiquer la responsabilité. Il le fit dans ses sermons, dans ses écrits, dans ses lettres, partout. Cet acte de courage honore sa mémoire, mais il devint funeste à sa popularité.

Au reste, lorsque la constitution nouvelle eut été établie et mise en pratique, Jérôme ne perdit pas le temps à admi-

rer son œuvre : il songea plutôt à la compléter. Il obtint un peu plus tard, à force de persévérance, Tappel des six fèves, c'est-à-dire l'abolition de la dictature dont Jouissaient indirectement les seigneurs, et le droit, pour les citoyens, d'être Jugés par leurs pairs en dernière instance. Il poursuivit avec un égal acharnement et non moins de succès la suppression des assemblées à parlement, qui n'avaient Jamais servi qu'à resserrer les liens dont le peuple était garrotté. On verra plus bas, par la violence inouïe de son langage, quel prix il attachait à cette réforme. Le 13 août 1495, les assemblées à parlement n'étaient plus qu'un souvenir dans l'histoire.

En même temps Fra Girolamo réclamait et obtenait la construction d'une salle assez vaste pour contenir le grand conseil dans le palais même du gouvernement. Il se plaignait quelquefois que les ouvriers allassent lentement, comme des bœufs ; cependant le travail se poursuivit avec tant de célérité que l'orateur dut leur rendre plus de Justice : il disait que très-certainement les anges avaient mis la main à l'œuvre. Enfin l'architecte Cronaca ayant livré cette salle, le 25 février 1496 le grand conseil s'y assembla pour la pre-

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