‹ Jérome Savonarole d'après les documents originaux et avec des piéces justificatives en grande partie inéditesChapitre 23 sur 152 · UVRE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

UVRE I, CHAPITRE V

semer la vérité dans les plus lointaines régions. Plus tard même, par une louable libéralité» il appela tous les

citoyens de Florence, lorsqu'il les eut entraînés dans sa voie, à venir à Saint-Marc étudier ces langues, afin d'être prêts à la graude œuvre de la propagatioH de la foi, dont, suivant lui, ils devaient être les pren)ier& apétreSf

Les réformes morales, qui ne se font point par dé* crets, furent plus lentes à s*opérer. Savouarolc se confia daus la persuasion de sa parole et de son exemple. Par

lettres ou de vive voix, il ne cessait de donner à ses frères d'excellents conseils : tantôt il leur traçait d admirables règles de conduite, tantôt il descendait aux moindres détails de la vie religieuse, leur enseignait coaupent on 4ûU célébrer ou entendre la niasse, et leur indiquait les moyens de résister à la tentation et de de-venir parfaits autant qu'un homme peut l'être, ûwelqucr fois même, poussant h l'excès les précautions, il leur

repopimande d'éviter la conversation des femmes, de l^iU*^ parQAt^i de leurs frères en religion. Il attapbe un prix extrême à Tobéissance, et ne parait pas éloi^

gpé de la doctrine du perinde ac cadaver. Il faut ôtre

obéissant, les religieux surtout ; il faut étr^ comme r&n^ qui se laisse mener à droite et à gauche, crier après, dira des ipjurgs et donner des coups de hàion sans paurr

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Savonarole prêchait aussi d'exemple. Les règles de poqduit^ qu'il voulait imposer m\ autres, il les suivait tout le preniier, et ne se prévalut jamais de la dignité (lont il ét£^it revêtu pour avoir quelque privilège. Comme toutes les autres, sa cellule se composait de deux petites ehanibres ; la seule particularité qui la distinguât était une petite chapelle par où il {allait passer pour entrer

Chez lui, et qui peut-être n'y avait pas été dressée pour sa commodité, ni pour lui faire honneur. U était le plus simplement vèta de toute la communauté. Un jour, deux ahhés de Tordre de Vallombreuse étaient venus le voh' dans le plus brillant équipage ; le P. Savonarole regardait en souriant leur froc, qui était d'une laine trèsfine et très-belle. Les deux abbés s'en étant aperçus, rougirent quelque pou et lui dirent pour s'excuser: c Père Fra Girolamo , ne vous étonnez pas de la beauté de ce drap : nous le prenons ainsi , parce qu'il dure davantage. » A quoi Jérôme répondit : « Quel malheur que saint Benoit et saint Gualbert niaient pas connu ce secret t ils auraient fait comme vous. »

Il avait réglé l'emploi de son temps , et rien n'était plus nécessaire à cause de la multiplicité de ses occupations^ II se contentait de quatre heures de sommeil ; il donnait le reste de la journée à la direction de la communauté, à la correspondance que sa réputation de sainteté et de sagesse le forçait d'entretenir avec les plus grands personnages qui lui demandaient des conseils; enfin, à l'étude, à la prière, à la méditation, à la préparation de ses sermons. Il avait assigné à chacun, pour leur remettre en mémoire Thumilité de leui* nature, quelques-uns des soins de la vie extérieure, et s'était imposé pour sa part la tâche de nettoyer les lieux les plus abjects et les plus dégoûtants. Il employait ses rares moments de loisir à s'entretenir particulièrement avec les plus jeunes religieux et les novices qu'il aimait beaucoup, et dont l'âme tendre était ouverte à ses aCTectueux conseils* Il savait ainsi utiliser jusqu'aux moments

1. Le nombre en était si considérable, qu'un jour, par exemple^ écrivant à sa famille pour la consoler de la perte d'un oncle, il disait qu'il avait été cinq fois interrompu.

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