‹ Jérome Savonarole d'après les documents originaux et avec des piéces justificatives en grande partie inéditesChapitre 92 sur 152 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nouvelliês intrigues à Rome. — Le pape fulmine deux noumux brefs.

' Dispositions de U seigneurie de aan. ^ Savonarole répond ea chaire aux brefo du pape. — Il cesse de prêcher à la cathédrale, 2 mars. — Il continue ses prédications à Saint>Marc. Lettre de la seigneurie au pape en sa faveur. ^ Réponse de l'orateur Bons! si iiu pape. — Lettres de Savonarole aux princes. — Authenticité de ces lettres. — Nouveau bref du pape , 1 3 mars. — Réponse de Savonarole. — La seigneurie s'assemble pour délibérer. — La prédication interdite à Savonarole. — 11 prend congé de ses auditeurs, 18 mars» Réponse de la seigueiuie au pape.

Pendant ce temps, ie pape, à qui Ton avait déjà mis Mns les yeux les deux premiers sermons sur TExode,

avait crn> dans l'indignation que lui causait cette lecture, ne devoir pas ditférer davantage de laire cesser un si grand scandale. Les craintes que ces dispositions iuspi-

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raient à Florence percent jusque dans les lettres particulières: on s atleodait à quelque mesure énergique, à quelque événement décisif ^ On ne parlait de rien moins à Rome que d'ordonner la ruine des Florentins, et d'y intéresser, par des promesses et des menaces, toute la chrétienté. Cependant Tintervention de quelques-uns d'entre eux, établis à Aome, décida le pape à parler encore une fois avant d*agir. En conséquence, il écrivit aux chanoines de Sainte -Marie-de-la-fleur pour leur interdire non-seulemei];t d'assister aux sermons de Savonarole, mais même de célébrer les offices divins, tant que la présence de l'exconmiunié souillerait leur église. Au gouvernement, il envoya un bref où il réclamait, sons ; peine d*interdit, qu'on s'emparât de la personne de Fra ■ Hieronimo, et qu'on TenvoyAt à Rome sous bomie garde.

La seigneurie, qui lui était dévouée, méprisa ces me- \ naces; mais elle était à sa dernière heure, et celle qui allait entrer en charge passait pour être hostile au dominicain. Machiavel constate que tel était le brait public, | et NerH, plus affirmatif, nous apprend que sur les neuf ^ personnes dont se composait le gouvernement, la majorité légale des six voix ou des six fèves était acquise aux Arrabbiali. Le nom de Pierre Popoleschi, qui se trouvait ' alors gonfalonier de justice et qui passait pour Tun des plus furieux adversaires de Savonarole, fut sans doute i ce qui donna une couleur si tranchée à la seigneurie. Si Ton tient pour exacte l'assertion de Nerli, il faut croire j que, comme cela est arrivé avant et après eux à tant d'autres, ceux des nouveaux prieurs qui passaient pour les plus décidés Ârrabbiati, lorsqu'ils eurent mis la main

1. Voy. îi l'appendice (n'xv) un passage d'une lettre inédite de , Léonard Strozzi.

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