A BERTRAND DE FERRARE , PROTONOTAIRE APOSTOLIÛUÈ
Ne vous étonnez pas de mes tribulations : il y a bien des années que je les ai prévues et prédites. Au lieu de cesser, elles deviendront beaucoup plus terribles, et
je m'en glorifie pour de bonnes raisons, que Votre Seigneurie comprendra sans doute facilement. Ne craignez pas que ces tribulations entravent l'œuvre de Dieu ; elles ne feront que la confirmer et l'étendre. Les tourments endurés par les martyrs et les saints docteurs, loin d'affaiblir la vérité de la foi, ont contribué à l'affermir et à la propager. Quand bien même je mourrais, l'œuvre de Dieu ne périra point, car Dieu ne manque pas d'instruments, qu'il peut rendre plus forts que moi : qui plantai, et qui rigat nihil est, sed qui incrementum dat Deus. La mort des apôtres et des saints docteurs n'a pas entraîné la ruine de la foi; elle a été, au contraire, une semence féconde et une cause puissante de renouvellement.
Florence, 12 juillet 1^197.