LAUDE
Tulto sei dolce, Idio signor eterno, Lume, conforto e vita del mio cuore :
Quando ben mi t'acosto, alor discerno Che l'alegrezza è, senza te, dolore.
Se tu non fussi, il ciel sarebbe inferno. Quel che non vive teco sempre^ more.
Traduction.
Tu es plein de douceur, ô Dieu, Seigneur éternel, lumière, consolation et vie de mon cœur. Quand je m'approche saintement de toi, je reconnais que sans toi Tallégresse n'est que douleur. Le ciel, si tu n'y étais pas, ressemblerait à l'enfer. Celui-là meurt qui ne vit pas sans cesse avec toi. Tu es le vrai
(1) Ces octaves ont été écrites par Savonarole sur les margps d'un «le ses bréviaires que possède la bibliothèque palatine de Florence.
Tu se* quel vero e sommo ben perfelto, Senza il quai torna in pianto ogni diletlo (l).
Quanto è ignorante, cieco, stolto e pazzo Chi va cercando fuor di Dio letizia !
Quai cosa è più bestial, ch'esser ragazzo Del mondo e del démon pien di Iristizia? 11 vero gaudio e massimo solazzo Si trova solo in divina amicizia, La quai s'acquista con fede operata, Servando ben le santé sue mandata.
E similmente chi cerca richezze,
Onor, placer sensuali o terreni,
Non puô gustar di queste gran dolcezze ;
Ghè 'l mondo non puô darquesti gran béni.
et souverain bien , le bien parfait, en dehors duquel tous les plaisirs sont bientôt suivis de larmes.
Combien est ignorant, aveugle, insensé, fou , celui qui cherche la joie loin de toi ! Quelle conduite bestiale que celle qui rend Thomme esclave du monde, esclave du démon, dont la méchanceté n'a point de bornes ! Le véritable bonheur et les satisfactions sans mélange ne se trouvent que dans l'amitié de Dieu, amitié qui s'acquiert par la foi et par les œuvres, quand on observe bien les saints commandements.
Et, au contraire, celui qui recherche les richesses, les honneurs, les satisfactions sensuelles ou terrestres, ne peut jouir de ces ineffables délices, car le monde ne peut procurer ces grands biens. Et les véritables joies , les suprêmes allégresses, le Sei-
(1) Les huit premiers vers de cette poJsie ont été transcrits par fra Bartolommeo sur une des feuilles où ce peintre traçait avec amour ses précieux dessins. Les hautes pensées de Savonarole contribuaient à développer les inspirations de l'artiste. { Voir VArt chrétien de M. Rio, t. II, p. 532. )
E veri gaudii e le somme alegrezze El Signor dona a'cor di fede pieni.
Giustissimo è che, chi non cerca Dio, Non Irovi cosa ch'empi il suo desio.
gneur les donne aux cœurs où règne la foi. Il est de toute juslice que celui qui ne cherche point Dieu ne trouve rien qui assou\isse SCS désirs.