‹ Jérome Savonarole et son temps [microform]Chapitre 14 sur 42 · LXXXV1I · texte numérisé non relu

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est toute pacifique ; pour realiser ses desseins, il n'emploie que la parole ; loin de troubler la ville et d'y susciter des divisions et des lultes, il ne cesse de recommander la concorde et la suppression des partis; ses adherents ne se distinguent des autres citoyens que par Ieurpie"t6, par leur bienfaisance, par leurpatriotisme et par leur abnegation; ils sont perse'cute's quelquefois, jamais ils ne pers6cutent. Enfin, tandis qu'Arnaud de Brescia pr6tend ressusciter, au milieu des institutions du moyen a"ge, les lois, antiques de la republique romaine, comme si les temps et les moeurs n'avaient'pas'change' depuis lors, Savonarole, consultant les le<jons de 1'experience et les aspirations particulieres du peuple florentin, propose une forme de gouvernement a laquelle les Ve'nitiens ont du leur grandeur, une constitution sagement democratique, qui admet a la participation du pouvoir les citoyens interess6s ^ 1'ordre et en exclut la plebe toujours entrain^e yers 1'anarchie. Differents dans leur vie, Arnaud de Brescia et Savonarole ne se ressemblent que dans leur mort : le premier fut etrangle par le pr^fet de Rome, puis brule, et ses restes furent jetes dans le Tibre (i); le second fut pendu et bru!6, et c'est 1'Arno qui regufc ses cendres.

Les analogies entre le Prieur de Saint-Marc et Giordano Bruno sont aussi peu r^elles. Ge dernier, lui aussi,

(l) En 1155.

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