LXXXVIII
ressemble k Savonarole par son genre de mort, puisqu'il fut bru!6 vif (1), mais il n'a rien de commun non plus , ni dans sa vie, ni dans ses doctrines, avec le reformateur du xv siecle. 11 entra tout jeune chez les dominicains, puis jeta le froc aux orties, se rendit ensuite en Suisse ou il embrassa le calvinisme , sejourna tour a tour en France, en Anglelerre et en Allemagne, prodiguant des eloges effrontes a I^lisabelh. et portant aux nues Martin Luther. Sur les instances de Giovanni Mocenigo , il vint se fixer a Padoue, et fut denonce" comme heretique an gouvernement. Le senat de Venise , apres 1'avoir retenu prisonnier pendant six annees,fmit par le remettre a, 1'inquisition romaine, qui lui imposa une captivite de deux ans et lui fit subir le supplice du. feu. Giordano Bruno croyait a 1'astrologie et a la ir.agie. II voulait opposer a toutes les religions positives je ne sais quelle vague et decevante religion philosophique. Sa doctrine est une sorte de panth6isme qui se cache sous les formes neo-platoniciennes. En realite, dit M. Gantu (2), il fut un rationalists deux siecles avanl H6gel , a qui il a fourni la ce"Iebre formule de Pidenlite des contraires. Y a-t-il la un seul trait qui puisse s'appliquer a Savonarole(3) ? Le religieux de Saint-Marc, tout en reconnaissant les droits de la raison, les soumet
(l)N6en 15<i8, il cessa de vivre en 1GOO.
(2) Hertliqiies (Vltalie^. m,p. 537-563 (traducliondeM.M. Anicet Digard et Edmond Martin).
(3) Savonarole n'eftl pas compris 1'entliousiasme de M. Villaripour Giordano Bruno. M. Villari (t. J, p. 64 de notre traduction) parle du vol audacieuxet sublime, du sublime eswdece philosophe.