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maltraitant ou en depouillant les ecc!6siastiques , comme des gens odieux a Dieu et aux homines, et plonge's dans la derniere extremite" du raal. Le peu qui reste de devotion envers 1'ordre sacre achevera de se perdre. On rejeltera la faule de tous ces desordres sur la cour de Rome , qu'on regardera comme la cause de tous les maux (1).
Quand Savonarole, a son tour, r6clama la reforme du clerge", le mal avail encore fait des progres et la situation etait devenue plus perilleuse que par le passe". Mais les efforts du Frere ne pouvaient etre seconded par un pape tel qu'Alexandre VI ; ils devaient naturellement rencontrer a la cour de Rome une opposition a entrance, qui degene'ra bientot en une v6ritable pers6cution. Ce n'est pas qu'Alexandre VI se senttt tout d'abord port6 a s6vir centre le hardi dominicain. Dans les questions qui ne concernaient que la th6ologie ; il etait, avant tout, indifferent. Qaand il eut fait proposer le chapeau de cardinal au Prieur de Saint-Marc pour acheter son silence, et qu'il eut appris le refus indign6 de celui-ci, il s'e"cria : Ge frere est vraimentun saint homme; qu'on ne m'en parle plus, ni en bien ni en mal.. Et apres la mort de son fils, le due deCandie, assassine par Cesar Borgia, il manifesta pendant quelques jours la volonte de revenir a une vie meilleure et . d'operer quelques-unes de ces reTormes dont Savonarole proclamait la necessite. Gependant, jl netarda
(1) Bossuct, Histoire des variations, t. i, p. 31-32 (Edition] de Versailles).
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pas a hair 1'importun reformateur. Sa haine fut surexcilee par Louis le More , par le cardinal Ascanio Sforza,frere de ce prince, parle roi de Naples, principalement par Pierre de Me"dicis et par le moine Mariano da Gennazzano , 1'instrument des Arrabbiati. La politique fut la veritable cause des persecutions qu'eut a subir le Prieur de Saint-Marc. Alexandre VI finit par ne voir en lui que le partisan des Frangais et le soutien d'une forme de gouvernement qu'il voulait renverser a tout prix. Les motifs politiques, toutefois, furent adroitement dissimules sous les pr6textes religieux, et le pape entreprit contre Savonarole une lutte acharne'e, dans laquelle le pauvre Frere devait ne"cessairement succomber. G'est surtout cette lulte qui pourrait faire passer Savonarole pour un r6volte, pour un precurseur de la Reforme ; il importe done d'en etudier les diverses p^ripeties. |,
Des la fin de d^cembre 1494, Savonarole, pendant qu'il consacrait tous ses efforts a la fondation d'un gouvernement liberal, 6tait de"nonc6 an pape comme Pennemi de tous les princes, comme le perturbateur durepos public et de 1'Eglise. Annoncer Tapproche de chMiments terribles, fletrir la corruption generale, prficher la n6cessit6 d'une renovation, n'etait-ce pas outrager la cour romaine et troubler 1'esprit des peuples? II fallait done imposer silence a ce facheux pr6dicateur et l'61oigner de Florence. Les Arrabbiati esp6raient Men, en son absence, pouvoir abaltre sans difficult^ le nouveau gouvernement et lui substituer une oligarchic. Leurs