‹ Jérome SavonaroleChapitre 152 sur 215 · LIVRE m, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE VIII

; apprend aussi qu'il multipliait les pains, qu'il déait par ses prières les débiteurs obérés.

(''est aussi à la légende qu'il faut rapporter les innombrables prédictions que de trop simples disciples meti< ni dans la bouche de Fra Girolamo. Elles ont été rapportées en leur place; et l'on a pu voir que si la crédulité de ses auditeurs ne fit pas toute sa science, elle fit au moins le caractère surnaturel qu'on donna à ses moindres paroles. C'est elle, à coup sûr, qui faisait de Buonvicini un prophète quand il ordonnait, par figure de rhétorique, à Maximilien de s'éloigner de Livournc, et an thaumaturge, quand il guérissait, disait-on, Robert Salviati d'une maladie au genou, sans y tou- •her.

Mais ce qui précède n'est rien au prix des prodiges mi eurent lieu après la mort de Savonarole. Ils sont de rois sortes :

1° Tous ceux qui avaient persécuté le saint inarlyr inissent misérablement et d'une mort prématurée, par xemple Fra Mariano de Ghinazzano, Ser Ceccone, l'érêque Catarino, auteur d'un pamphlet contre lui, et une craie d'autres.

2o Tous ceux qui, pleins d'une foi vive, prononçaient lévotenunt le nom de Savonarole et l'imploraient, le oyaient en vision, ou, s'ils étaient malades, guérisaient aussitôt de leurs maux.

3° Tous ceux qui avaient été assez heureux pour conerver quelque chose de ce saint homme, restes de son orps ou objets qui lui avaient appartenu, n'avaient [u'à toucher ces précieuses reliques pour être soulagés ou guéris des maladies les plus invétérées. Les faits ont innombrables, et l'on doit se borner à en citer un

es plus singuliers, hartolomnico de Faenza ayaât ima-

giné de boire de l'eau de l'Arno dans un calice, en commémoration de ce que les cendres de Savonarole avaient été jetées dans ce fleuve, obtint instantanémenl la guérison qu'il désirait; c'est de lui-même que Pic tient ce miracle. Sans doute, il ne se renouvela pas, quoique cet auteur lui eût donné la publicité, car il eût convaincu les plus incrédules.

Ce qui frappe, quand on lit dans les contemporains ces récits surprenants, c'est l'absence de toute critique : et ce caractère est d'autant plus sensible, qu'on cherche davantage à le dissimuler. Quand les PP. Burlamacchi, Bottonio, Razzi nous rapportent avec une sincérité naïve, comme des faits incontestables, une foule de bruits venus on ne sait d'où ni comment , on respecte leur bonne foi ; mais" Pic, imbu , autant que son esprit le comportait, du génie scientifique de son oncle , prête à rire quand il essaye de prouver par des raisons naturelles qu'il faut croire aux miracles faits par des hommes. Son critérium mérite d'être rapporté.

i° Il est impossible d'admettre que tant de personnes de pays et de caractères différents se soient réunies pour tromper;

2° Il est insensé de ne croire que ce qu'on voit;

3° Les saints docteurs, Augustin, Jérôme, Ambroise, Grégoire, ont cru aux miracles accomplis par des hommes aimés de Dieu, et les ont rapportés dans leurs écrits pour y faire croire les autres hommes ;

4° Si les miracles qu'on rapporte ne peuvent qu'être nuisibles, il faut les rejeter ; si l'on doute s'ils seront utiles ou nuisibles, il faut examiner; s'ils ne peuvent être nuisibles, mais qu'ils puissent être très-utiles, comme ceux de Savonarole, non seulement il n'est pas

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