Calmeil, Ut lu folie, tome L**,,page8U Paris
d'avoir un des cinq sens frappé de quelque sensation, sans intervention de l'objet qui la procure ordinairement, s'est appelée hallucination. Le sens vague de ce mot a permis aux médecins de ranger parmi les hallucinés les plus grands hommes de tous les temps , et de dire qu'il n'y a pas de génie sans un grain de folie. Mais en admettant comme reconnues les erreurs qu'on prête à ces hommes célèbres, quoiqu'elles aient été contestées pour un certain nombre d'entre eux, il est positif que souvent elles proviennent de l'imagination plutôt que des sens. Cela est vrai particulièrement de Savonarole, qui déclare que ses visions étaient imaginaires. L'imagination en effet, lui représentait les anges, d'autres êtres encore , mais toujours sous les formes que les sens lui avaient fait connaître dans la vie réelle. C'est à quoi se bornait le rôle de ceux-ci dans la production de ces phénomènes fantastiques : ils procuraient des réminiscences qui servaient de base et d'élément aux visions.- Il y a donc lieu de distinguer la vision proprement dite , produite presque exclusivement par l'imagination, de l'hallucination, qui est une pure erreur des sens. On ne saurait confondre l'illusion de Malebranche, désespéré du boudin qui pendait au bout de son nez, avec celle de sainte Catherine de Sienne, croyant recevoir la visite du Sauveur, son divin époux. Aussi ceux-là même qui veulent conserver a tous ces phénomènes le nom générique d'hallucination, ont-ils été conduits, par une étude plus exacte de la matière, à reconnaître des * hallucinations intuitives, où la personne s'efface , s'élève dans l'espace , oublie la terre et semble étrangère au inonde extérieur. »
Si donc on laisse de côté l'hallucination proprement dite, qui est un dérangement des organes, pour ne s'oc-
CONCLUSION, 3f>7
cuper que des visions, ou, comme M. Macario les appelle, des liallucinalions intuitives, est-il permis de dire qu'elles sont le premier ou le second degré de la folie? On De le peut sans se heurter à la difficulté qu'il y a de taxer de folie plusieurs siècles, le moyen âge tout entier, et l'antiquité même , où les apparitions étaient si fréquentes ou si généralement admises ; secondement , à celte croyance orthodoxe qu'elles ne sont point toujours l'erreur d'un cerveau malade, mais quelquefois une réalité, un don spécial de la grâce de Dieu. Telle était, comme on l'a vu, l'opinion de Savonarole; ce fut celle de Pascal, quoique ce grand homme ne soutînt cette thèse qu'avec plus de mesure. « Dieu, dit-il, se fait paraître par des coups extraordinaires..., mais cela n'arrive que par exception ; il se cache ordinairement, et se découvre à ceux qu'il veut engager à son service. » Voltaire a heau appeler les imaginations de Pascal xgri somnia, l'opinion d'un si glorieux malade nous préserverait du moins de partager cette triste croyance que les plus illustres génies dont l'humanité s'honore étaient des esprits égarés.
Mais prenons les choses à un point de vue purement humain. Savonarole croyait aux apparitions comme les plus forts esprits de son temps, subissant, ainsi le joug de l'opinion du plus grand nombre, dont les plus sublimes génies ne s'affranchissent jamais entièrement. Il y croyait par fidélité à la tradition catholique, et parce que sa vive imagination le portait à se représenter le merveilleux et à l'admettre sans difficulté. S'il fut malade, il le fut comme tous ses contemporains, les plus forts comme les plus faibles. Or, la médecine n'a jamais prétendu suis doute que les préjugés fussent une maladie • le l'esprit ; sans quoi l'humanité entière, dans tous
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les temps et clans tous les lieux, serait atteinte de folie.
Si l'on admet, au contraire, que les peuples, comme les enfants, ont d'autant plus de préjugés qu'ils sont moins instruits, et que les préjugés sont une preuve d'ignorance , non de folie , Savonarole n'est ni fou ni malade. En partant de cette croyance à la possibilité des apparitions et des révélations, il paye un tribut à la faiblesse de noire nature ; mais, pour le reste, ses idées et sa conduite sont explicables suivant les lois de la raison. Que disait-il, en effet, et que faisait-il ? Il disait que le chrétien n'a qu'à s'abstraire du monde extérieur, à se replier sur lui-même par la prière et la méditation, pour voir des choses qu'il ne voit pas dans l'état ordinaire. Or, qu'y a-t-il non-seulement de plus raisonnable, mais encore de plus vrai ? Qui ne sait que les sens fixés trop longtemps sur le même objet sont exposés à d'étranges hallucinations ? Qui n'a éprouvé sur soi-même l'effet d'une pensée trop suivie, trop concentrée, et n'a vu les fantômes de son imagination revêtir des formes corporelles?
C'était par un effet de sa volonté que Savonarole se plaçait dans les conditions nécessaires pour avoir des visions. Il en avait alors, cela n'est pas douteux. Ce qui serait étonnant, c'est qu'il n'eût pas obtenu ces apparitions, ces révélations qu'il poursuivait si résolument. Malgré leur fréquence, de tels phénomènes ne constituent point une maladie, puisqu'ils furent toujours le résultat naturel, le produit volontaire de la solitude, de l'obscurité, du silence, du recueillement, de la méditation, de la prière et de tous les procédés propres à ravir en extase les chrétiens vertueux.
Nous insistons sur ce point, qui explique clairement,
selon nous, ce qu'il -y a de plus mystérieux dans cet homme extraordinaire. Il partagea une croyance de son temps, et il lui fit produire des conséquences rigoureuses qu'on ne peut contester qu'en attaquant le principe. C'est parce que les médecins n'admettent pas ce principe, qu'ils ont rangé Savonarole parmi les fous, ou au moins parmi les hallucinés. Les théologiens, au contraire, s'il eût été plus soumis au pape, en eussent fait un saint. Quoi qu'il en soit, il suffit de reconnaître que Jérôme a pu se tromper avec son siècle sur la possibilité et la fréquence des apparitions, sans avoir l'esprit dérangé, pour que toute sa conduite, par rapport à ses visions et aux révélations prophétiques qui en étaient le complément, paraisse conforme à la raison et pleine de bonne foi.
Une suite d'idées si naturelle trouva cependant des incrédules, môme parmi les contemporains de Savonarole. Guicciardin, Machiavel, Rinaldi ne crurent point à ses extases. La conséquence de cette incrédulité fut d'accuser ce grand homme d'imposture, ce qui est toujours plus facile que de se dépouiller un instant de ses propres idées pour se mettre à la place d'un adversaire. Il appartient à la postérité de rendre aux intentions la justice qui leur est due; mais Savonarole a eu cette mauvaise fortune qu'en cessant d'être un imposteur il est devenu un fou. Nous espérons avoir prouvé qu'il ne fut ni l'un ni l'autre, mais qu'il faut croire à sa bonne foi jusque dans ses erreurs et dans ses fautes, et admettre que si sa raison nous paraît s'être égarée quelquefois, c'est qu'elle était assiégée par les préjugés de ce temps-là.
Nous nous séparons , par cette double conclusion, de tous ceux qui ont écrit sur Savonarole. Les uns, comnir jkuiamacchi, Vie de La Mirandole et les auteurs qui s'an-
puyèrent sur leur autorité, ont célébré la gloire du prophète, et n'ont voulu laisser aucune tache sur sa renommée. Là où nous voyons l'action funeste des préjugés, ils prétendent voir la main de Dieu. D'autres , tels que Burchard, Delfino, Rastrelli, adversaires déclarés de cette grande mémoire , ne voulurent ou ne surent trouver dans Savonarole qu'un scélérat. Dans un milieu plus sage se sont placés les annalistes et les historiens, inclinant à droite ou à gauche , suivant leurs convictions, leurs intérêts ou leurs relations. A côté de Comines et de Nardi, qui laissent percer des sentiments favorables au célèbre dominicain, on voit Gui.cciardin et Rinaidi plus hostiles. Dans la suite, à, différentes époques, Tarcagnota, Muratori, Pignotti expriment des opinions diverses , ou du moins se font l'écho de celles qui avaient eu cours avant eux. Mais ils se sont tous arrêtés à la surface. Aucun n'a songé à se demander comment un homme qui vivait si saintement put tromper ses semblables, ou comment un prophète de Dieu put commettre des fautes si graves et de si profondes erreurs.
Au fond, toutes ces opinions si diversement exprimées se ramènent à un blâme unique. On reconnaît à Savonarole de rares talents comme orateur ; mais on lui reproche de s'être mêlé aux affaires publiques, sans se douter que c'est lui reprocher d'être lui-même, et qu'il était impossible d'opérer une réforme religieuse et sociale au xve siècle , si l'on ne prenait la politique pour levier. D'ailleurs , Savonarole n'exerça jamais de fonctions publiques, et n'eut d'autorité que celle de ses talents supérieurs. Les religieux des ordres rivaux faisaient de même de leur côté, et ce ne fut pas leur faute si leur médiocrité obtint moins de crédit. Quoique cette
accusation soit bien pou l'ondée, elle est le seul point sur lequel les historiens tombent d'accord. Pour tout le reste, ils semblent indécis et se gardent de conclure.
Depuis quelques années, une hypothèse nouvelle a été hasardée pour expliquer le caractère si peu compris de Savonarole. On a supposé qu'il s'était servi de la religion comme d'un instrument pour assurer le triomphe de la liberté politique et de la démocratie. Ce paradoxe a trouvé dans un jeune poëte florentin, M. Ermolao Rubieri, un éloquent propagateur. Dans son beau drame, in li tu 1 é Francesco Valori, M. Ruhieri nous peint Savonarole sous les couleurs les plus séduisantes. Mais le poëte s'est mépris. Une étude plus approfondie de la personne el des écrits du -dominicain lui aurait montré qu'il no doit être regardé ni comme un martyr de la liberté, ni pomme un indifférent en matière de religion. La Liberté ne l'ut, en effet, pour Jérôme, que l'instrument qu'il croyail le plus propre à consolider sa réforme religieuse et sociale.
Mais il eut le bonheur, et ce bonheur fut une partie de son génie, de servir deux causes pour lesquelles les hommes se passionnent: la patrie et la religion. Sa vie privée fut d'une pureté au-dessus de tout éloge; L'unité, le désintéressement de sa vie publique lui assurent une gloire durable. Il n'eut jamais qu'une pensée : le retour de la chrétienté aux mœurs de la primitive Église. Ce but, il le poursuivit par tous les moyens: d'abord, par la réforme des ordres religieux destinés à porter aux hommes la parole de Dieu ; puis, par la réforme moral*1 du peuple que la Providence avait placé sous sa main pour en faire Le modèle de tous les autres et comme un mémorable exemple du vrai bonheur, Bruit «h1 La
vertu et de la foi; enfin, par la réforme politique, comme moyen d'accomplir les deux autres.
Les circonstances vinrent à son aide; mais c'est par là que le doigt de Dieu apparaît dans la vie des hommes à qui il est donné d'influer sur les destinées de l'humanité. C'est à peine si les dangers qu'il courut purent le détourner du but sacré auquel il avait voué sa vie , car il avait rattaché à lui l'avenir du monde , pensée excessive sans doute, mais de celles qui enfantent les grandes choses. Au prix d'un but si noble et si glorieusement atteint , qu'importent quelques fautes ? Savonarole fut despote, orgueilleux. S'il eût été timide et docile, n'eûtil pas cédé à la première tempête? D'ailleurs, ces défauts qu'on lui reproche, non sans raison, furent ceux de l'homme public ; le cénobite sut s'en' affranchir. C'est pourtant comme religieux que Fra Girolamo mérite le plus d'être attaqué. Il est certain, en effet , qu'il fut un fils insubordonné de l'Église , et que l'Église ne saurait lui pardonner le scandale dont il fut cause , les invectives trop fondées dont il poursuivit le clergé. Mais lapostérité impartiale ne peut oublier que le pape contre qui tonna une voix si éloquente se nommait Alexandre VI, et que la réforme de Savonarole supposait cette rébellion, puisque le pontife et sa cour s'opposaient de toutes leurs forces à ceux qui faisaient honte à leur corruption et à leur inertie.
S'il est vrai, comme l'a dit le poëte, que la cause des vainqueurs plaise aux dieux, on a peine à s'expliquer pourquoi Savonarole a été poursuivi , de son vivant et après sa mort, de tant d'injustice et de malédictions. Sa personne périt dans la lutte, mais il s'ensevelit dans son triomphe, et jamais triomphe ne fut plus éclatant et plus cpmplet cjue le sien. Il transforma un peuple vicieux et
amolli par le luxe en une société austère et simple; il remplaça la tyrannie par les institutions les plus populaires que Florence ait jamais eues; il gouverna cette grande cité sans donner un ordre, sans avoir un soldai à sa disposition. Humble moine, il fit trembler ses ennemis, alors même qu'ils portaient la tiare ou la couronne. Si ce triomphe fut de courte durée, il faut s'en prendre aux limites trop étroites du théâtre où il fut donné à Savonarole de se mouvoir, et à l'impossibilité où se trouva Florence, après sa mort, de résister longtemps à ses terribles et implacables ennemis. Après tout, la réforme survécut au réformateur. Une constitution religieuse, politique et morale, qui renaît de ses cendres trente ans après la mort de son fondateur, qui inspire le plus héroïque patriotisme aux fils de ceux qui l'avaient vue naître, et qui ne succombe que devant des forces supérieures, décuplées par la trahison, n'est pas de celles qu'aucun souffle de vie ne soutient.
Savonarole mérite donc d'être rangé parmi les réformateurs illustres qui ont versé leur sang ou usé leur vie à la défense d'une cause qu'ils croyaient sainte. Il a sa place entre Arnaud de Brescia, Giordano Bruno et Campanella. Moins agitateur que le premier, moins philosophe que le second , moins organisateur mais aussi moins utopiste que le troisième, il n'essaya ni de bouleverser par les armes l'Italie entière , ni de renverser le vieil édifice aristotélique et de semer sur ses ruines les prémisses du panthéisme, ni de fonder une société nouvelle, pure création de son cerveau. Son but fut plus pratique, sans être moins élevé. Pour ramener les hommes à la sainteté des premiers chrétiens, il essaya de tirer parti de ce qu'il trouvait autour de lui, plutôt (pie de tout détruire et de tout remplacer. Il fut donc un habile po-
litique, et quoiqu'il ne nous offre pas le modèle du parfait chrétien, on peut ajouter qu'à part quelques défauts de caractère et quelques erreurs de conduite , il fut un fidèle disciple de l'Évangile. Jamais il ne songea à faire de la propagande par les armes ; il n'espéra qu'en la sainte propagande de l'exemple. Il crut qu'en voyant la vie pure et le bonheur des Florentins convertis, toute la chrétienté, éclairée par les fléaux de Dieu, se rendrait successivement à ses doctrines. Vaine, mais touchante illusion! Il ne savait pas que, pour rendre efficace la propagande de l'exemple, il faut que le peuple qui la fait possède assez de forces matérielles sinon pour imposer la vérité aux autres , du moins pour la faire respecter chez lui. Ce sera sa gloire d'avoir cru à la puissance du vrai et du bien sur les hommes. Il restera surtout admirable pour avoir résisté aux entraînements de l'orgueil blessé et aux ressentiments de la droiture méconnue. Si l'Église ne permet pas de le ranger parmi les saints , on doit encore moins faire de lui un hérésiarque, et, dans tous les cas , l'Italie doit le mettre au nombre des grands hommes dont elle s'honore. Savonarole lui appartient par les croyances et par le génie autant que par la naissance. Il ne fut pas sans doute de ceux en qui une société se personnifie, puisqu'il aspirait à transformer ses contemporains ; mais, ayant vécu sur la limite de deux civilisations, il est un des plus curieux représentants de la lutte encore indécise que l'esprit de l'avenir livrait alors à l'esprit du passé.
BUMti DE L'ANALYSE DES JOURNÉES (GIORNATE) DE SER LORENZO VIVOLI , NOTAIRE FLORENTIN (OUVRAGE PERDU), PAR FRA SERAFINO RAZZI.
(Mayliabechiana, manuscrit de Saint-Marc, VIII, 25.)
Cotte analyse porte ce titre : Difensione générale délie cose del ostro profeta, ricavata da un dialoyo di Messer Lorenzo Vivoli.
Les interlocuteurs de ce dialogue sont Didimo, c'est-à-dire un ceptique, et Sofia, c'est-à-dire la Sagesse.
Dans la préface se trouve la classification des sermons de Saonarole en sept volumes.
Première journée. — Arrivée de Savonarole à Florence, en 1489. -Il prêche à Saint-Marc. — 1491, il prêche au Dôme sur la Geèse. — 1492, il prêche à Saint-Laurent et commence à exposer arche. Il commence à montrer l'épée de Dieu. — 1493, il prêche ) carême à Bologne. — 11 revient à Florence. — 1494, il prêche u Dôme. Il poursuit l'histoire de l'arche, et arrive au déluge uand Charles VIII entre en Italie. — Exposition de la réforme : Rangement des mœurs publiques, simplicité chrétienne, l'réuence des sacrements, restitution des biens mal acquis. — Il
prêche pendant quatre ans. — De 1494 à 1498, persécutions qui commencent à la fuite des Médicis. — Exposition de la réforme politique.
Seconde journée. — Savonarole fut un vrai prophète : il prédit la mort de Laurent le Magnifique, celle de Charles VIII, la disette. D'autres prophéties se sont vérifiées après sa mort. Énumération de ses principales prédictions.
Troisième journée. — Deux causes principales de la haine des Florentins pour le serviteur de Dieu : chez les grands, le désir ambitieux de dominer, et la soif de la vengeance dans les rangs du peuple, deux sentiments auxquels Savonarole était un obstacle. « Dove è da sapere che se in quella mutazione di governo non fossero state le predicazioni del- nostro Padre, si sarebbe falto nella città molto sangue ; ma il suo dire e Tautorità sua, che allora era grande, quietô ogni cosa e impedi che non si mettessero mani aile vendette....
« L'odio s'accrebbe dalle santé leggi che per consiglio di lui furono fatte. ...
« Il capo coperto e palese de' Compagnacci fu Doîfo Spini, ma si teneva che n'avevano un altro de' grandi, ma occulto, fu in Parione (rue derrière l 'église de la Sainte-Trinité), in casa di Antonio di Bindo Altoviti, detta la casa grande del patriarca, dove si consulté il modo di levarsi dinnanzi Fra Girolamo. E pensarono prima a questo modo, cioè di far capere al papa per mezzo de' Frati Zoccolanti, corne Fra Girolamo era suo nemico e la rovina délia città. » De là vient la défense de prêcher. Fra Francesco di Puglia fut mis à Sainte-Croix par les Frères Mineurs pour combattre la doctrine de Savonarole.
Quatrième journée. — L'assaut de Saint-Marc. Savonarole prisonnier.
« Dicesi che la causa onde nasce il tumullo di quella fu che gli avversarii aveano divulgato che perciô i Frati del Zoccolo non vollono venire allô esperimento delfuoco, perochè il Savonarola voleva che Fra Domenico portasse seco un' ostia consecrata, acciochè si bruciasse Cristo nel fuoco. — Risponde il Vivoli be-
issimo a questa calunnia : 1- che il P. Savonarola non dis*) ifli assolutamente di volere che si portasse i! sacramento nel ioco, ma rispondendo a coloro i quali non volevano che vi si classe il crocifisso, disse che aveva tanta fede che quando iche vi si fosse portato il sacramento, ne pure il vélo che lo copriva avrebbe patito danno dal fuoco. Poscia disse essere ia sciocchezza il dire che Cristo possa ardere, quando anche 'dessero quelle specie. Dice 3° che S. Antonio di Padova, delP dine de' Fra Minori, per convertire certo eretico, pose l'ortie cra davanti a un mulo con pericolo che la mangiasse, e mira- •losamente quella bestia l'adorô.
<r Dicesi ancora che la sua disubbidienza al papa fu un' altra usa délia sua cattura, e risponde il Vivoli che molti santi hanno subbidito al papa, corne S. Giovanni Crisostomo, che non voile mpanre a un concilio fatto in Alessandria . perché v' erano i 01 nemici. » On rapporte la même chose de saint Eusèbe de
rceil.
* D1Ce Vivoli che fu fatto stampare un processo tanto scioceo e bisognô subito mandare un bando che chiunque l'avea comro sotto pena di gravi pêne lo importasse al libraio , e cosi lo ppressero, perché era gran vergogna delli esaminatori, e diero nome che il papa lo voleva nelle mani, e che ad inst'anza di
lo (enevano pri^ione
<r Narra ancora corne Relia caméra del comune di Firenze in isi serbano tutte le sentenzie capital!, non è altra sentenzia
tre servi di Dio che quella degli otto di guardia, i quali dicono ne avendo veduto i proeessi e quello che n' aveano giudicato, ommissari apostolici gli condennavano alla morte, di maniera' | la sententia riferisce i proeessi, e questi non si trovano. E Ta il Vivoli corne gli otto di guardia si ehiamano di guardia •chè erano eleiti corne ministri délia signoria , a guardia délia ta, e per istare vigilanti, acciô che in quella non ocoorrissero ndoh, e se nati vi fossero per riferirgli alla signoria, e insieme 1 quella porvi rimedio. E la prima mattina che entravano in zio questi signori otto di guardia, si presentavano alla signo- , ella dava loro 1' autorité a la balia, 0 assoluta 0 limitât*
corne a lei pareva, sopra le sentenzie capilali, e allora si chiamavano gli Otto di balia e di guardia.
« Narra ancora il Vivoli corne la signoria che entré nel mese di maggio del 1498, corne egli afferma di aver letto nel libro originale de' partiti délia prefata signoria, nel fare il partito permano di notaio agi' otto di guardia, gli diede balia, eccetto che sopra i tre frati i quali erano allora in palazzo prigioni. Onde si vede che i signori otto di quel mese non potevano condannargli alla morte, non avendo la balia sopra di loro. »
Cinquième journée. — Vie, mœurs, conversations de Savonarole ; réforme de Saint-Marc.
Sixième journée. — Les procès. Jean Berlinghieri était détenteur du premier, le seul authentique; il le brûla. Le second fut celui que Ser Ceccone falsifia , et qui fut ensuite retiré de la circulation. Le troisième fut fait le 19 avril, « e stampato di poi fu, anch' egli corne il secondo, falsifîcato, e la sua falsità si conobbe dagli originali che dopo la morte di Ser Ceccone si trovarono, non avendo egli, corne la sapienza umana richiedeva, abbruciatigli. Lo confessa il diligente Yivoli d'aver egli veduti e letti delti originali, econsequentemente conosciutoin quello che detto processo fosse falsifîcato da Ser Ceccone, allora cancelliere de'Dieci, ma assunto da sedici esaminatori cancelliere ancora nella causa del Padre.»
Vivoli énumère les contradictions des trois procès.
« Un' altra falsità si conosce ancora in questo terzo processo stampato, e è questa che dicano non aver dato al P. Savonarola più che tre tratti di fune e mezzo, e che tutte le altre esamine furon fatte senza tormenti e asemplici parole. E nondimeno uno de' signori di quel tempo confessé alla mensa di un vescovo corne gliene davano quattro o sei tratti per volta. E nella cronica del Botticelli (a carte 436) dice il Vivoli d'aver letto corne detto Simone Botticelli aveva parlato a un degno di fede, il quai si era trovato présente una sera , quando gli diedero quattordici tratti di fune, dalla canucola fino a terra, onde lo lacerarono in modo che non potendo servirsi délie braccia, bisognava che un tavolaccino, quando aveva a mangiare, lo imboccasse. »
Le quatrième procès fut celui do Rornolino, des 20, 21 et 22 mai. Ce prélat l'emporta à Rome, sans en laisser copie, et on n'a jamais pu le retrouver.
Septième journée. — Vivoli essaye de prouver que Savonarole ne s'est jamais rétracté ni contredit dans ses interrogatoires.
Huitième journée. — Discussion sur l'époque qu'il convient d'assigner à la réalisation des prophéties du frère. — On démontre la cause de l'erreur de ses adversaires.
Relativement à toutes les prédictions non encore vérifiées, romme celle de la conversion des Turcs, de la réforme de l'Église, etc., Vivoli dit qu'elles sont <r quanto al tempo condizionate. »
« Dov' è da notare e da capere corne egli avea due lumi, cioè 1 profetico e il naturale. Col piimo conosceva certo il tempo jreve, con quella conditione : se tu farai bene; e col secondo ion capia certo il tempo lungo, ma lo conjetturava da quello :he suol farc Iddio, cioè di prolungare le grazie agi' indegni e ncreduli, e perô non dice di capirlo certo ma che ne temeva. »
Neuvième journée. — Sur le fléau.
Dixième journée. — Sur la rénovation de l'Église. Elle a déjà îu lieu quatre fois : 1° au temps du déluge; — 2° à la venue d î Christ; — 3° au temps des saints docteurs Augustin, Jérôme, \mbroise, et de leur lutte contre les hérétiques; — k° au temps ie saint Dominique et de saint François d'Assise, qui eurent pour successeurs saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure. — La énovation de Savonarole sera la cinquième : elle aura lieu par 'épée ; elle causera la félicité de l'Église. — Le commencement le cette réforme a d'abord été sensible à Florence, grâce à Savoîarole.
Onzième journée. — Des affaires et des destinées de Florence.
« Notisi ancora corne detto governo fu guasto nel 1512 e un1 dira volta nel 1530. E nel 1527, alli 18 di maggio, parve cheii iwerassela profezia falta nella predica 27" sopra Amos, délia iparazione del governo popolaro fatla in Ire di, quamioil car-
dinale Cortona, venuto in Firenze dal papa al governo dello Stato, con i due giovanetti, Ippolito e Alessandro, levatosi certo tumulto in piazza, sene fuggi délia città in giorno di sabbato, onde ne' due giorni conseguenti fu fatta sgombrare la sala grande, e furono guaste le cassette e gli alloggiamenti che v' erano de' soldati, e il terzo di ciô è a 21 maggio, in martidi, dopo una messa cantata dello Spirito Santo, vi si ragunô il consiglio nel quale furono annoverati 2262 cittadini, e cosi il governo risuscitato in tre giorni, duro tre anni, cioè fino al 1530, quando dopo l'assedio di nuovo fu tolto via. »
Conclusion de cette journée : Florence recouvrera sa liberté.
Douzième journée. — Des tribulations de Florence et de sa délivrance.
« E qui narra il Vivoli corne nell' assedio di Firenze i buoni e devoti di questa dottrina se ne stavano tanto allegri e giocondi; frequentando le orazioni e processioni che i soldati non si ricordavano che in città assediata fosse stata tanta allegrezza quanta in questa nostra città di Firenze. »
Treizième et dernière journée. — Des facultés de Florence , grâces spirituelles, puissance temporelle.
« E qui noti il benigno lettore corne il Vivoli essendo vecchio oltre a ottant' anni, d'improvviso divenne cieco, onde non potette finire questo suo dialogo.
« Conobbi io Fra Serafino Razzi , recensore délie presenti memorie, questo santo vecchio di messer Lorenzo Vivoli, essendomi fatto religioso in Santo Marco di Firenze, l'anno 1549. E piii volte lo vidi al convento di Santo Domenico di Fiesole, dove egli se ne stava a certa sua villa, e anche gli parlai et udii raccontare alcune cose del Padre. »
NOTE DE LA MAIN DE SAVONAROLE , A LA MARGE D'UNE DE SES BIBLES. ( Bibl. de Saint-Marc à Venise, manuscrit4 '.)
Die m fcbruarii mcccc Ixxxxi.
In nocte n. v. Vir. et pu. vo. ose. et unus ut arb. b. d. post quem. c. et alius ait indignus es. Quid faciam ut sim dignus? — Vig. sol. leg. leg. or. or. me. me. Ita sis humilis ut non fias neg. ita te exerc. ut non fias sup. Vis me in h. v? f. non. e. h. v. t. — Ubi er. vi ? Ex. ur. ubi ha. Ego ad te non red. nisi cum ppe. et. ton. Vid. Th. et in fine conf. et. corpus ife. bis. Somnia.; q. v. v. ti. so. fu. sed a. b. cog. ore. Die hic ppe. Quid e. v. b. e. s. so.
\. Tous les documents que nous empruntons au précieux manuscrit de la bibliothèque Marcienne à Venise, nous ont été communiqués par l'honorable abbé Bernardi , préfet des études au séminaire de Pinerolo (Piémont). Le caractère de ce savant met notre responsabilité à couvert ; mais , afin qu'il ne pût exister aucun doute sur l'origine des textes que nous publions ici, l'abbé Bernardi a bien voulu nous envoyer la déclaration suivante, qui est entre nos mains, et que nous transcrivons textuellement :
« Torino, 28 novembre 1 852.
« Il sotloscritto certifica di aver tratto fcdelmcnle da un manoscritto ch' esiste nclla Marciana e porta a litolo : Savonarola : Documenti, la copia di quelli comunicali al prof. Paravia perché li trasmeltesse al chiariss. amico suo,.il Perrens, che slava per detlare la storia dell' cloqueniissimo oratore i e dell' illustre e sventuralo ltaliano. 11 manoscritto è in sedicesimo piccolo : iuparteneva alla Biblioleca di S. Marco di Firenze : come passasse alla Marciana è incerto. Dopo i documenti vi hanno legati insieme nel medesimo Volumetto varii altri opuscoli risguardanti il Savonarola, scrilti con diversi taralteri, da' quali traesi gli allri appunti, che non sono la parte documentée. Ohre a quelli da me trascritti se ne ritrovano parecchi, già conosciuti, ch' io ommisi. Avvertii in alcun luogola scorreltezza dell' apografo. Mi ri- Berbavo ad apporvi le mie annotazioni qualora avessi dettato quella vita , cui le circoslanze e le varie mie occupazioni m' impedirono di deltare.
a PflOK. Afl. JaCOPO DOTT, B£R>'ARm. »
non e. cr. s. ille q. cre. b. d. et. e. adhuc 7. a. et. ve. g. et post 3 i. re. e.
Voici maintenant de quelle manière cette note est interprétée dans le ms. :
In nocteNatalis vidi Virginem et puerum. Volebam osculari, et unus, ut arbitror beatus Dominicus, post quem erat et alius, ait : Indignus es. — Quid faciam ut sim dignus? — Vigiia, sollicita, lege, lege, ora, ora, meditare, meditare. Ita sis humilis ut non fias negligens. Ita te excita ut non fias superbus. Vis me in hac vita? Forte non est haec voluntas tua. — Ubi ergo vis? Exue urbem ubi habitas. Ego ad te non redibo , nisi cum prope erit lempus. Vidi Thomam et in fine confabulationis etiam corpus inferbuit bis. Somnia quse vidisti vera tibi somnia fuerunt ; sed alia bona cogitabis ore. Die hic prope : Quid enim verum bonum est? Sed solus non eris crematus. Sanctus ille qui credebatur beatus Dominicus erat. — Adhuc septem anni et venit gloria, et post tria ipsorum renovatio erit.
POST-SCRIPTUM AJOUTÉ PAR SAVONAROLE A UNE LETTRE ADRESSÉE PAR JAGOPO SALVIATI A PIERRE DE MÉDICIS , LE 26 MAI 1493, AU SUJET DE LA SÉPARATION DE SAINT-MARC.
( Archivio Mediceo, cod. 133, già Strozziano 937, f« 23. Florence.)
Magnifico Piero, io dissi a qlli nri Padri che la mia intentione et qlla del conuento era di fare tuto qllo che uoleua nostra Magnificentia secondo qlla dichiaratione de la ura intentione la qle intesi io essere in ql modo corne dissi a qlli padri essendo semp. parati fare ogni ura uoglia. ricomandandouj el conuento nro. Gra Dni Yhu uobisq. Amen.
Fra Hiehonymo.
TEXTES NÉCESSAIRES POUR ÉTABLIR L'HISTOIRE DES RELATIONS DE SAVONAROLE AVEC LE SAINT-SIÈGE EN 1495.
1° Lorenzo Vivoli, Terza Giornata (ouvrage perdu).
( Cité par le P. Barsanli, liv. II, ch. xxxvi. )
Un altro modo tennero.per icsacciare di quà il Frate quesli avversarj, o questo fu, che predicando lui comme hodetto, semj prc toccando questa renovazione délia Chiesa, e in questa occasione mostrando il vivere del eristianesimo quanto gli era fuori del giusto, e dell' onesto, e massime del clero, e de' prelati, e la vita loro quanto era difforme alla vita de' santi passati : quesli dico presero a scrivere a Roma, e fatto intendere a papa Alexandro VI corne questo Frate era nemico del papa, e de' prelati délia Chiesa, et che diceva ogni maie di loro, e che era ben farlo desistere, e chiamarlo a se, e levarlo di quà. Questo ambasciatore per Roma fu uno dei detti religiosi acciô fosse meglio loro creduto, e se tu vuoi sapere questi, e gli altri suoi persecutori sono tutti notati in quella cronica del Botticello in più luoghi. Segui , che il papa scrisse un brève a Fra Jeronimo in questo principio molto adulatorio, c con laudi, e con lusinghe infinité, corne aveva inteso del suo fervente predicare e sua dottrina, e che aveva caro udirlo in voce, e voleva che andasse fin là a Roma ; onde conosciuto l'umore Fra Hieronimo de' suoi avversarj, che altro non cercavano, che levarlo di quà per ammazzarlo, non a Roma. anzi a mezza via, non sarebbe giunto ; rispose al papa, e giustificossi, monstrandogli massime il frutto dell' anime, che qui si faceva per questa predica, e che non si doveva per il pastore, ch' era obbli^ato pascere il gregge, torre il suo cibo aile pecorelle, che ne facevano frutto; per la cui risposta il pontefice si fermô alquanto,,ma di poi instigato di nuovo da questi medesimi avversarj, che gli dicevano che il Frate sempre diceva pcggio délia corle e de' prelati, cominciô a fulminare nuovi hrc\i, al contrario
dei primi, dicendo che intendeva essere la sua dottrina sediziosa, e scandalosa, e che gli Gomandava che desistesse, et andasse a Roma ; per il che il Frate fermo il suo predicare per qualche mese, e riscrisse al papa, e mostrolli che Sua Santità era maie informata, et in fatti usé tutti que' termini, che pongono i savj e dotli teologi, quando il superiore è maie informato a giustificarsi con lui, per non incorrere poi in censure alcune.
2° Sermon de la Sexagésime 1498 (18 février).
Récit fait par Savonarole de ses relations avec le saint-siége. ( Venise, 15^0, fol. 20-22. )
Hora ch' el papa in questo nôstro caso sia stato circonvento per false persuasioni, io te lo dimostro ; ne la bolla délia escom* munica il dice : Quod predicavit falsum seu perversum dogma, cioè ch' io ho predicato cose heretiche, et falsa religione, e questo è manifestamente falso, perché li nostri scritti e il libro che abbiamo mandato fuora l'hanno notificato a tutto il mondo , e il popolo lo sa che io non ho mai predicato se non cose buone, adunque tu vedi che il papa è stato circonvento da false persuasioni. Item dice in quella bolla che havendomi cittato a Roma a purgare li miei errori, io non sono voluto comparire. Questo anchora è falsissimo, perché io non sono mai stato citato né havuto simile brève. Cerchino bene li registi, non troverrano che io habbi mai havuto questo brève. Egli è ben vero, acciochè tu intenda ogni cosa, chi egli mi mandô un brève già sono due anni e più, con moite laude, non dico già questo per dire le laude mie, Ghristo sa bene lui, e s' el sarà vero, mi retribuirà, ma lo dico per narrarti la cosa corne è, diceva dunque il brève : Dilecte fili, noi abbiamo inteso che tu tra gli altri operatori délia vigna di Christo hai fatto non poco frutto e dette moite cose nuove da parte di Dio , del che ti laudiamo grandemente , e desideremo parlare teco, e cosi ti comandiamo in virtute santé obedientie, che venga insino qua. Io risposi a la Sua Santità che ero contento alla obedientia, e paratissimo , ma che per allhora non potevo
farla, per trovarmi essere infermo, e cosi era vero, domandane il medico. Secondo gli dissi non potere andare allhora per gli avversari e inimici che havevo per rispetto di questa predica, di quelli dello stato, e che per la via porterei pericolo délia morte, e tutti li testi dicono quia ubl imminet periculum vitœ, non è lo huomo tenuto ad alcuna obedientia. Tertio risposi non potere allliora andare , perche la città si trovava in grande alteratione, e fu allhora quando ci erano tra li cittadini molti dissensioni, e io predicava la pace, et perô dissi non potere andare, ma esser nocessario la stanza mia qui per tenerc salda e ferma la unione. Egli accetto la escusatione molto bene, si che vedi adunque che '1 brève è falso et fatto per false persuasioni, perché il dice che io sono stato cittato e richiesto a Roma ad escusarmi delli miei errori, e non sono voluto andare ne comparire. Vedesi adunque manifestamente che '1 papa è stato circonvento, perché non è da credere che lui dicesse una tanta bugia, e pero vedi che questo brève e stato fatto sotto il banco ; io Y ho bene questo brève meco, e possolo mostrare. E poi passati alcuni giorni, cioè uno mese, e circa mezzo di uno altro, perché il brève predetto fu fatto circa il finedi luglio, venne uno altro brève fatto a di vin di settembre, o circa pieno di viluperi, nel quale non erano più che diciotto errori. Et il primo era che il brève era inscritto al monasterio di Santa Groce, e cosi andava il brève a Santa Croce the volevano che andassi a San Marco. Dipoi diceva in quel brève : Quemdam Gieronymum Saronarolam, cioè uno certo Gieronimo Savonarola , corne se non mi conoscesse; e non era anchora quasi uno mese e mezzo che mi haveva scritto cosi amorevolmente. Di poi vi era moite altre bagattelle, che per honore non voglio dire qua : si che tu puoi vedere che il pontefice è stato circonvento per tante mutationi che tu vedi nelli suoi brevi in si poco tempo. E fu una volta a Brescia uno potestà in quale quando veniva uno che diceva : Io ho havere da costui , lui diceva : Hor va, e pagalo ; et quello altro diceva : O Messere, non è vero, e lui si vol ta va al primo e diceva: Perché mi d\ tu le bui;ie? Et quando lui replicava : Anzi mi debbe dare, si voltava al debitore dicendo : Tu liai torto, hor va e paga, et quando lui
si escusava gli dava ragione ; e cosi credeva a chi parlava, e dava ragione ad ogn'uno. Vuoi tu dunque che '1 papa sia corne questo podestà? Perché nel primo brève dice che ha inteso da molti, e nel secondo dice anchora che ha inteso da molti ; dunque crederia a quelli che dicono bene, et poi incontinente a quelli che dicono maie, et pero non è queslo secondo brève fatto dal papa, ma da maligni. Di poi venne un altro brève dicendo che io havevo seminato dottrina da mettere zinzania in ogni popolo pacifïco, e moltre altre cose false, et pero mi suspendeva dalla predica, e tutto il mondo sa che io ho predicato e con la gratia di Dio posta la pace in questa città, hor vedi che questo brève non viene dal papa, o se viene, è stato circonvento. Io risposi dunque e dissi che gli era stato circonvento ; ma non furono udite le mie escusationi, e pero predic-ai liberamente, e fu in quello tempo che io montai quassù e dissi che io non era mandata a predicarti da huomo del mondo, ne da signore alcuno, ma da colui che è Signore delli signori, e dalla Santa Trinità. Di poi venne uno brève che tutti li conventi di Toscana se congiugnessino et facessino una congregatione nella quale dovessi entrare San Marco con gli altri suoi conventi, et prima nell" altro brève voleva che entrassimo nella congregatione di Lombardia dalla quale prima ci haveva separati , et hora vogliono che noi entriamo in quella di Toscana, et hora qua e hora là , questo mi pare il giuoco degli scacchi nella defesa del re, che quando è rinchiuso si leva d'uno scacco e poi torna a quel medesimo , si che sono manifesti le circonventioni delli maligni. Item venne poi l'altro brève con la escommunica , per non essere entrato nella congregatione di Toscana.
3° Bref du pape Alexandre VI à Savonarole.
Il l'invite à venir à Rome rendre compte de ses prétendues révélations.
( Bibliothèque de Saint-Marc à Venise, manuscrit.)
Dilecte fili, salutem et apostolicam benedictionem. Inter ceteros vineae Domini Sabaoth operarios te plurimum laborare mul-
lorum relatu pcrcepimus, de quo valde laolamur et laudes omnipotenti Deo referimus, quod talem gratiam in humanis sensibus prœbuerit, nec dubitamus eam divino spiritu qui gratias inter mortales distribuit et posse in j)opulo ehristiano verbum Dei seminare- et fructum centuplum luerifacere , quemadmodum proximis diebus per tuas lilteras hujus te animi atque propositi esse intelleximus, item ea te in tuis predicationibus populo indicare quffi servitutis Dei esse cognoscis. Et quum nuper populo nobis relatum est te postmodum in publicis sermonibus dixisse ea qus etiam futura nuntias non a te ipso aut humana sapientia sed divina revelatione dicere ; idcirco cupientes sicut nostro pastorali officio expedit super his tecum loqui, et ex ore tuo audire, ut quod placitum est Deo, melius per te cognoscentes peragamus, hortamur atque mandamus in virlute sanetie obedientiaut quam primum ad nos venias. Videbimus enim te prius amore et charilate.
Dalum Romœ apud S. Petrum, die xxi julii mccccxcv.
B. Floridus.
kn Réponse de Savonarole à Alexandre VI.
Il expose les motifs qui l'empêchent de se rendre à Rome, et demande un délai.
( Bibliothèque de Saint-Marc à Venise, manuscrit.)
Beatissime Pater, post pedum oscula beatorum. Etsi majorum semper mandatis obtemperandum esse novi, cum scriptum sit : Qui vos audit me audit, scio tamen eorum potius mentem quam verba pensanda.... Ego igitur qui dudum cupio visere Romain quam numquam vidi, ut limina apostolorum Pétri et Pauli alioruiiHjue sanctorum reliquias ac Beatitudinem Vestram eoram venerari queam, majori nunc succensus sum desiderio ex occasione mandati Sanctitatis Yestrae, quae minimum homiculum id Be vocari dignata sit. Tum quia plurima obstant, causas illi rationabiles afiferre conabor , ut sciât me neressitate , non voluntate dotineri, quominus jn prajsentia paream mandatis a me libentis-
sime ac reverenter susceptis. Primum igitur vetat corporis infirmitas, febris scilicet et dissenterise , quas modo passus sum; deinde propter assiduos corporis et animi aestus pro hujus civitatis salute hoc praesertim anno susceptos, adeo stomacho ceterisque vitaiibus membris debilitatus, ut aliquid laboris amplius tollerare nequeam. Quinimo a praedicationibus et studiis ipsis abstinere oportet ex consilio medicorum. Quorum atque aliorum omnium communi sententia nisi oportunis remediis me curandum tradidero , brevi mortis periculum incurram. Primum cum civitatem hanc a non mediocri sanguinis effusione et a multis aliis noxiis mea opéra Dominus liberaverit et ad concordias legesque sanctas revocaverit, infesti facti sunt mihi tam in civitate quam extra iniqui homines, cum cives tum alienigense sanguinem humanum sitientes, qui extollere cornu suurri et in prsedam atque servitutem civitatem hanc occupare ardentissime affectabant, et opinionesua frustrati, vehementissimeingratiodio habuerunt me gratis. Saepe quoque nunc veneno, nunc gladio in perditionem meam conspirarunt, ita ut extra limen sine custodibus tute ferre pedem non possim. Atque imo ubi me ad regem Francorum contuli tam fidissima custodia munitum, non passi sunt cives hi qui rempublicam suam diligunt , me suae jurisdictionis limites transire. Et quanquam in Domino confido, tamen ne tentare Deum videar, débitas cautiones non contemnendas judicavi , cum scriptum sit : Si vos persecuti sunt in una civitate, fugite in aliam. Insuper nova hujus civitatis reformatio, quam Dominus operatus est, infirmas adhuc radiées habet, et nisi quotidie roboretur et elimetur, facile anelantibus pessimis hominibus, detrimentum et eversïonem incurreret. Cum itaque judicio omnium prudentium et proborum virorum discessus meus maximae jacturae huic populo, et modicae istic utilitatis foret, credo Sanctitatem Vestram exiguj temporis dilationem non moleste habituram, dum hic cœptum perficiatur opus, cujus gratia haec impedimenta ne proficiscar nutu divino accidisse et quidem certus sum : non enim est voluntas Dei ut ad praesens hinc abeam. Spero autem -brevi tempore adfuturum.... Quod si forte nunc de rébus futuris circa Italiae excidium et Ecclesiae renovationem a me publiée publicatis Sanctitas Vestra
certior fieri optât, ex libello quem modo imprimendum curavi eadem plane scire poterit. Et quam primum {)erfectum erit opus, Sanctitati Vestrœ mittendum tradam, ex quo quicquid a me audire possit plenissime accipiet. Nec enim alia quœ in eo continentur mihi profari concessum. Sola enim quae praecepta sunt exposui , qua3 autem in archa habenda sunt nulli mortalium aperiri fas est. Ula autem edere scriptis procuravi , ut constet universo orbi , si minus eadem successissent, me falsum fuisse prophetam. Si vero juxta praenunciata evenerint, gratiae agantur Deo Salvatori nostro, qui eam de salute nostra sollicitudinem habere ostendit ut neminem, si fieri possit, perire velit in aeter*num. Demum rogo Beatitudinem Vestram ut excusationes meas vivissimas et manifestas admittat, ut sibi persuasum habeat me nihil magis optare quam eidem parère et obsequi , et non me supra vires meas ulterius gravet. Egomet mihi stimulus ero, cum primum sublatis justis impedimentis, satisfacere potero ipsi Beatitudini VestraB.
Ex convenlu S. Marci Florenliae, ultiraa julii H95.
5° Les dix de liberté et de balte enjoignent à messer Ricciardo Becchi de s'employer auprès du pape Alexandre VI pour fain obtenir à Savonar vie. la permission de prêcher le carême de 1496.
(Lettere ined., Recueil du P. Marcliese, Document n° 1. )
Domino Ricciardo Becchio, scriptori apostolico, oratoriRomse.
Venerabilis civis noster, etc. La buona cura e diligentia vostra, le quali dalli eflecti chiaramente conosciamo, fanno che volentieri vi commettiamo quello che desideriamo celeremente et cum prudentia expedirsi. Et perô , conoscendo quanto a tutto questo popolo habbiano infino a qui giovato le continue predicationi et salutare doclrina di Hieronymo Savonarola, et quanto sieno da tutti desiderate; per questa sua intermissione vogliamo che voi, con la solita vostra diligentia e prudentia, e con la Santità del Nostro Signore, e con la Reverendissima Paternita del cardinale di Napoli, e con qualunque altro che vi paressi aproposito,vi adope-
i inte in modo, che juxta al porte vostro, a questo popolo sia compiaciuto, che la paternilà sua possi in questa propria quadragesima con le sue predicationi satisfare etconsolarlo. Non potresti farcosa che a tutti i vostri cittadini più fussi grata et accepta , et sarà sempre dalla prudentia di tutto questo popolo riconosciuta. Scriviamne alla Reverendissima Signoria del cardinale di Napoli con la solita nostra fiducia, sperando quella , persua humanità , in questo etiam , corne sempre ha fatto in tutte le altre cose, doverci compiacere ; corne per la copia in questa introclusa potete vedere : la quai nostro nomine sommamente ringratierete délia opéra sua buona circa la reformatione di Santa Maria del Carmino, pregandola strectissimamente, che a questo nostro desiderio che habbiamo, per satisfactione di tutto questo popolo , non voglia mancare. E se vi paressi di scriverne o alla Santità del papa , o ad altri , ne darete celere adviso , scrivendo etiam quanto fussi fino a quel giorno seguito. Et perché volentieri sempre prestiamo favore a tutti quelli che aspirano al ben fare, vogliamo raccomandiate a sua Reverendissima Signoria la causa , la quale da' Vener. Padri D. Gabbriello, abbate di Poppi, et D. Innocentio , abbate di Sancto Pancratio , vi fia exposta, e nostro nomine la preghiate gli presti quello favore e subsidio , di che pur più nostre lettere l'habbiamo richiesto.
Ex palatio nostro, die xxvm iannuari mcccclxxxxv (style florentin ; en réalité, 1496.)
Tl le prie d'intercéder pour lui auprès du cardinal protecteur de l'ordre, parce qu'il était en butte aux persécutions d'un grand nombre de méchants.
Révérende in Ghristo Pater, salutem et pacem in Christo Jesu. Omnes qui pie vivere volunt \n Çjhri§tp Jesu perseciitionem pa^
tientur. Si ego sportellas facerem, nullus mihi molcstus esset, nunc autem quia operor cibum qui non périt et studeo tota die liberare egenum de manu iniqui omnes maledicunt mihi. Àudivi enim quod abierunt Pharisaei et inierunt consilium cum Herodianis, hoc est quidam religiosi cum quibusdam civibus florentinis qui nomen pacis audire non possunt, et inierunt consilium advcrsum me suggerentes pontifici multa falsa, et eum contra me provocantes, qui me et totum conventum nostrum falsis eorum suggestionibus commotus brève misit, quod fere in qualibet causa multa continet apertissima mendacia. Quae credo si ipsi pontifici nota cssent, non dubito Sanctitatem Suam et brève ipsum annullaturam, et suggestores hujusmodi punituram. Quia cum non solum publicum sit sed et notorium in urbe florentina me ea quae mihi imposuerunt nec dixisse nec fecisse , quod poterit dicere hic populus tenore brevis agnito, nisi quod Roma innocentes et justos persequitur? Et erit infamia magna his prelalis et civitati romanee. Scripsimus enim Sanctitati Domini nostri litteras quarum copiam Vestrae Reverendœ Paternitati mitto rogans eum ut cum Revdmo protectore loqui velit, ut ipso protegat causam nostram apud pontificem ne injuste opprimantur innocentes. Religiosos illos nominare possem, similiter et cives de quibus miror quomodo audeant hoc facere mihi. qui patria* corum tôt et tanta bénéficia contuli, non autem ego, sed gratia Dei mecum, prajsertim cum non ignorare debeant, quod si velle eos et eorum domos periclitarer cum sciam eos haec omnia facere in rempublicam suam. Sed ego volo eis reddere bonum pro malo, et secundum Evangelium orare pro ipsis. Timeo tamen ne eis eveniat quod non sperant, et ne incidant in foveam quam fecerunt, quia aliquis rumor in populo de eis est. Haec scribo ut significetur eis quod nihil est occultum quod non reveletur. Quidam enim fuerunt présentes consilio eorum et enuntiaverunt hoc in civitate nostra; qui tum dum complices illi tractarent non fuerunt ab eis visi. De Tua Paternitate etiam aliquid locuti sunt, de qua re niirati sumus valde, et Dihilominus hoc audito conlisus de amicitia antiqua statui ad te haec scrilvn» ut qua» maie ;:esta sunt tUO opère revocentur. Mittam et res-
ponsionem meam, quae amplissima est, domino Philino, ut et ipse videat quam injuste contra nos processum sit. Rogo Paternitatem Tuam ut cum eo nostram defendas innocentiam. Quod si haec non proderunt, paratus sum pro Domino Jesu omnia sustinere. Ego quippe expectabo tribunal ejus patienter. Scio enim et certus sum quod sine causa procedunt contra me. Quin imo de bono opère me lapidant. Sed eos non timeo, nec etiam gratia Dei timeo gladium eorum. Sufficit enim gratia Dei et conscientia tua bona apud Dominum. Veniet autem tempus cum Deus manifestabit abscondita tenebrarum, et tune laus erit unicuique a Deo. Et si ego solus essem , certe de his visis mihi insidiis riderem, nec aliquam defensionem facerem, quia, ut dicit Gellasius papa : Gui justa inlata est pœnitentia deponat errorem , et vacua est. Sed si injusta est , tantô curare eam non débet quanto apud Deum et Ecclesiam neminem potest ligare iniqua sententia. Ita ergo a [sententia] se non absolvi desideret qua se nullatenus percipit obligatum. Et Augustinus : Quid abest huic ignorantia si de libro viventium non eum deleat iniqua conscientia ! Verum scio radicem harum insidiarum procedere a perversis civibus qui tyrannidem sibi usurpare cupiebant , et cum quibusdam Italiae potentatibus quae eos adjuvant: et omnes isti me interficere cupiunt, ut a civitate me removeant, putantes me eis impedimento esse, unde in quolibet angulo insidiantur. Quo fit ut sine
armatis domum egredi mihi non liceat Reformatio civitatis
adhuc nova est et reformatio congregationis nostrae, et certus sum, et omnes confitentur, ita judicant prudentes et jusli homines , quod recessus meus esset causa subversionis civitatis et nostrorum conventuum, non videntes qua conscientia possim hinc recedere....
Certe si Sanctitas Domini nostri hic esset et videret , non me ad se vocasset. Cum ergo sit magis sequenda intentio legislatoris quam verba, cupio a te scire cum hœc quae scribo verba sint : quid putas agendum esse secundum Deum. Rogo ergo Revdam paternitatem tuam ut ostendas te non fuisse eorum consiliarium. Sed cum protectore Revdmo innocentes défende, ne ex hocmulta scandala ira civitate oriantur et sequantur, et per consequens mul-
tus sanguis effundatur. Ego quippe si non potero salvare aliter conscientiam meam , nisi obediam brevi illi, cerle obediam, etsi totus mundus ruinam patiatur; nullo enim modo in hac re volo peccare , etiam venialiter. Sed in hac re consideravi quod bonum est supersedere, ut dicunt doctores.... Gratia Domini nostri Jesu- Christi tecum.
Florenliœ , die xv septembris mccccxcvi.
Tuus in Domino Frater Hieronymus de Ferrari a.
Au lieu de 1496 il faut lire 1495, comme nous l'avons fait voir plus haut (liv. II , ch. 4) , Savonarole parlant de la réforme de Florence et même de Saint-Marc comme de faits récents (reformatio civitatis adhuc nova est et reformatio congregationis nostrse). Il est d'ailleurs impossible que cette lettre ait été écrite en 1494. Une erreur n'a rien qui puisse surprendre, à la suite d'un texte aussi incorrect et aussi évidemment corrompu que celui qui précède.
fragment du douzième sermon sur amos.
(Venise 1519. Arrivabene, fol. k%.)
Le douzième sermon sur Amos (28 février 1496) est au nombre do ceux qui furent prohibés par la Congrégation à Rome, sous le pape Paul IV. Un seul passage a sans doute été cause de cette mesure, car tout le reste du discours ne sort point des limites de ce que Savonarole se permet ordinairement; mais la crudité de ces quelques lignes est telle, que, pour les faire disparattîe plus sûrement, on a arraché le sermon tout entier des exemplaires où il se trouvait. Nous en avons parcouru six : deux à la Kiccardiana, trois à la Magliabechiana, et un que l'illustre el vénérable M. Gino Capponi avait bien voulu mettre à notre disposition; cinq de ces volumes ne contenaient pas le sermon que nous y cherchions. Nous l'avons enfin trouve
dans le sixième (Magliab.), et nous pensons qu'on ne lira pas sans intérêt la page étrange que tant de pieux lecteurs voulaient anéantir, et qui est aujourd'hui d'une extrême rareté.
O vaccœ pingues quœ estis in monte Samariœ ! 0 vacche grasse che siete ne' monti di Samaria, che vuol ella dire questa Scrittura ? Tu mi risponderai e dirai queste profetie e le Scritture sacre sono finite in Gristo e non vanno più là, e furono verificate a tempi loro. Io ti rispondo che non ci bisogneria più adunque el testamento vecchio a noi , e si espose pure dalli santi dottori al tempo delli eretici le Scritture, secondo quelli tempi d'allora per li eretici, e tamen fu dopo Cristo, va dimandane li dottori ad me adunque questa Scrittura e queste vacche grasse voglion dire le meretrice.... Io ti dico che le vacche grasse di Samaria sono le meretrici d'Italia e di Roma (io non dico délie donne da bene, io dico di chi è); eccene nessuna in Italia e in Roma? Mille sono poche a Roma, dieci mila sono poche, dodici mila sono poche, quattordici mila sono poche a Roma. Udite adunque queste parole, o vacche di Samaria, udite nell' orecchio : la vacca è uno animale insulso e grosso e propiio corne uno pezzo di carne colli occhi. Donne, fate ch' elle vostre fanciulle non siano vacche, fate che le vadino coperte el petto; non portino la coda corne le vacche, fatele posare queste veliere, io non dico già che voi andiate col vélo lorto e maie acconcio, ma assetate corne donne da bene e oneste. Queste che sono corne io v'ho detto un pezzo di carne con due occhi , non si vergognano di niente, puô essere che voi non vi vergogniate? Che voi non solamente siate concubine, ma concubine di preti e di frati, e questo fate ancora pubblicamente. Puô essere che voi non vi vergogniate, o vacche di Samaria? Perdonatemi, donne, io uso el vocaloolo del profeta, e non dico se non di chi è. Il toro che lia le vacche è di questa natura che insino che non è castrato è serapre superbo e sta sempre dissepato un poco dalle vacche, non si discosta perô molto , perche non vuol perderle d'occhio, e ha sempre l'occhio aile vacche, e guai se nessuno altro toro gli venisse. Ma che dire io che e cynedi?E li garzoni sono diventati vacche e sono corne vacche. Che diresti tu ancora se tori fussino
vacche in agendo e patiendo? Tu mi intendi bene, tu sai se eccene di questi , comincia pure a Roma, e va pertutto e dove tu vuoi. Io mi vergogno a dirtelo, e tu mi intendi bene »