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DÉPOSITIONS DES TÉMOINS AU PROCÈS

(Arch. délie Riform. — Itisti uzioni e lettere esterne dal ik9i al 1502, Classe io. distiiizione 1, n° 87, star.za 3", armadio 13.)

Frater Robertus Ubaldinus de Gaglano, frater professus, ordinis Prœdicatorum , alla signoria. In secreto aulce Magni Consilii.

Chargé de faire signer, en juin ou en juillet 1497 , la pétition de Saint-Marc au pape pour obtenir l'absolution de Savonarole, il s'acquitta autant qu'il le put de sa mission. Les Frères s'étaient engagés à faire signer, s'il le fallait, des milliers de citoyens. Silvestre Marufli gronda Fra Roberto pour avoir laissé signer des hommes du peuple, disant qu'on ne voulait que des

signatures importantes. J'en renvoyai donc plusieurs, dit le témoin; mais de peur qu'ils ne se fâchassent, je fus obligé de laisser signer toutes sortes de gens.

Les uns arrivaient d'eux-mêmes, les autres étaient conduits par des Frères.

Roberto donne le nom d'une foule de citoyens qui devaient venir et qu'on attendit inutilement. En revanche, il en vint beaucoup d'autres « che non avremmo mai credutolo. »

« Fra Silvestro condusse Giannozzo Pucci, il quale a me parve che la soscrivesse forzato et molto mal volentieri.

«Erano soscritti forse 200 opiù. Non si fini tal cosa, et rimasse imperfetta, perché la pestilentia ci venne in convento appunto allhora. j>

Valori voulait brûler la pétition.

« Io sapevo che la dottrina del Savonarola era solida et sana, et non heretica.

« Io era adjutore a Fra Girolamo a scrivere , maxime quando componeva alcuna causa et opéra, o trattali, délia fede et de simplicitate christianœ vitse, et tutte le altre sue opère. »

J'écrivais aussi ses lettres dans le commencement, du moins celles qui n'avaient pas d'importance ; je le suivais et je l'accompagnais. Depuis deux ou trois ans je ne me suis plus mêlé de sa correspondance. Fra Niccolo de Melano m'a remplacé.

Le témoin énumèreles promesses de Savonarole ; puis il ajoute : « Non mi parendo a me vedere a tante promesse larghissime rispondere cosi larghi effetti quali me lo havevo concetti.

« Vedendo io maxime una cosa di scandolo, cioè essersi fatti tre gran maestri in casa, lui, Fra Domenico et Fra Silvestro, et haversi usurpato ogni dominio et liberté et exentione, ne essere in alcun modo subjecti, corne si richiedeva, alla professione loro* Et poi vi si aggiunse un quarto , coh cui si consigliavano molto, Fra Antonio di Olandia , Tedesco, padre di religiosa vita. »

Je me plaignais de cela et l'appelais une tyrannie, ainsi que beaucoup d'autres; mais je n'osais pas protester, « vedendo « molti buoni frutti et unione d'animi et religiosa vita in comuni. »

J'avais des scrupules de conscience et me tenais tranquille. Savonarole me grondait, et je lui demandais pardon.

« Vedevo Fra Silvestro tutto il d'i consumare pe' chiostri , con circoli di cittadini attorno et chiacchere, di che mormoravo con molti.

' « Fra Domenico, il quale, credo, fu huomo di buona purità. ma di dura cervice, et troppo credulo a rivelatione et sogni di donne, et di capi deboli et stolti, et chi non li credeva era tra noi in continuo martirio. »

Je n'ai jamais prêché sur les affaires d'État. Il est vrai que, croyant aux prophéties de Fra Girolamo, j'ai exposé beaucoup d'allégories, me gardant de toute interprétation forcée, et je disais que l'excommunication était nulle. Je serais allé dans le feu si notre vicaire général me l'avait commandé.

a Credevo che Fra Girolamo fusse mandato da Dio , di che mi dolgo et pento, et ho dornandato la absolutione. »

Quant à la souscription pécuniaire (soscrizione di denari), j'en entends parler pour la première fois. Je sais bien qu'ayant fait un achat de livres pour 3000 ducats, nous n'en avions payé que 2000, et que Bernard Nasi s'engagea pour nous, auprès de Gomines, à une échéance de dix-huit mois. Nous avions intention, pour payer ces derniers 1000 ducats, de nous adresser à nos amis; il se pourrait, mais je n'en sais rien, que Fra Domenico ou un autre se fut adressé déjà pour cela à quelqu'un d'entre eux.

Je ne me suis jamais aperçu qu'il y eût des intelligences entre Savonarole et les citoyens, quoique je fusse ordinairement auprès de lui. «c In vero, Fra Hieronimo sapeva pochi nomi di cittadini. ma Fra Silvestro era quello che ne aveva sempre attorno uno terchio, piena la colla, o chiostri, o l'orto. n Cela déplaisait à tout le inonde.

Ceux qu'on voyait le plus souvent a\ ce Fra Silvestro étaient BenedettO Bonvanni, Andréa Cambini, Lionardo Cambini, Mazeo Mazei, Ruberto Kidolfi , Antonio Giraldi, Messer Francesco da îesi, ser Niccolô Michelozzi, Francesco Davanzati, Antonio Berlinghieri, Lionello et Francesco Boni, Francesco del Pu-

gliese, Bernardo Carnesecchi, Messer Luca Corsini, Girolamo de' Rossi, Giovanni Carnesecchi, Bernardo Martini, Messer Bartolommeo Redditi, Marcello Vernacci, Raffaello Pitti, Piero Federighi, « et quasi innumerabili huomini da bene erano quivi tutto el dï. »

« Io non potetti mai notare Fra Hieronimo di nulla; ma sempre vidi in lui gran segni disantità, divotione, humiltà, oratione, buone parole et optimi costumi et exempli, conversatione mirabili et doctrina sana et firma et solida. Ma poichè si sottilmente ci ha simulato et ingannato, ringratio Dio et la Signoria che ci ha chiariti , et preghiamo che vogliate mantenere il bene cominciato insino al fine. Et perché hieri ci fu decto che Y. S. volevano rimandarci a casa Fra Domenico et Fra Silvestro, sappino V. S. che noi facemmo consiglio tutti insieme di non gli rivolere più, perché sono scandolosi. Tenetegli voi, et fate quel che vi pare bene. »

18 avril 1498. Luc délia Robbia, première déposUion.

Fra Luca d'Andréa délia Robbia déclare que les Frères étaient avec des séculiers dans le chœur, au moment de l'assaut du couvent, munis de torches. Lui-même était armé, ainsi que Lionello Boni, Francesco Davanzati, Jacopo délia Bientina, Girolamo Gini, Pagolo délia Robbia, et beaucoup d'autres dont il ignore le nom.

Savonarole était avec le saint-sacrement dans le chœur. Ceux qui s'y trouvaient avec lui étaient pour la plupart désarmés et ne portaient que des torches. Quelques-uns cependant avaient des armes, quatre ou six environ, dont Pagolo délia Robbia et Nicholô le bonnetier.

Le peuple entre : nous prenons des épées et courons à sa rencontre. Je vais dans le second cloître : je blesse un assaillant aux reins, je donne un coup de pommeau de mon épée à un autre sur le visage, j'en dépouille deux, et je donne leurs armes à mes deux frères.

Seconde déposition :

Douze jours avant l'attaque, je fus invité par Fra Francesco de Médicis à venir quelquefois à Saint-Marc le soir, parce qu'il soupçonnait qu'on pourrait bien faire quelque entreprise contre le couvent. Nous y allions un soir sur trois; j'y portai une épée. une pertuisane, etc. Le témoin énumère les armes qu'il y trouva au nombre de soixante environ , de différente nature.

Fra Hieronimus Andréa de Ginis déclare que Fra Ruberto l'invita à accompagner Savonarole au sermon; il demanda si l'on pouvait avoir des armes, pensantque la seigneurie ne s'y opposait pas, puisque des domestiques en portaient.

Fra FYancesco de Médicis m'invita souvent à coucher à Saint- Marc, parce qu'ils avaient des soupçons. J'y vis sept ou huit personnes qu'on avait convoquées comme moi: Bartolommeo Bartolommei le mercier, Nicholaio le bonnetier, Luca d'Andréa délia Robbia, Jacopo del Bientina, Lazerello da Filicaia, Diofebo délia Stufa, Zanobi le fripier. Tous les soirs, depuis environ quinze jours, on faisait ainsi garder le couvent.

J'ai vu porter des armes chez Davanzati. Le dimanche des Rameaux, au moment du combat, j'ai vu des caisses d'armes.

Le témoin raconte le combat à peu près dans les mêmes termes que le précédent; il fut blessé à la tète.

La deuxième déposition de Fra Andréa de Ginis contient les mêmes choses, et de plus cette déclaration: oc Disse Fra Girolamo che si dovesse deponere l'arme. »

12 avril 1498. — Fra Francesco de Médicis fait une déposition semblable, qui ne diffère des précédentes que sur le nombre des armes.

26 avril U98, Andréa Cambial, première déposition.

Valori reconnaissait que l'État avait besoin de quelques réfor-

mes, mais il ne pensait pas que le moment fût opportun ; il était, d'un caractère difficile et sauvage.

Le témoin s'étend fort au long sur les amitiés de Valori. Il était, dit-il, plein de bonne volonté pour Savonaroleet pour Saint-Marc ; mais Cambini ne se rappelle pas qu'il ait jamais envoyé d'ambassade au vicaire général pour les affaires publiques.

c Ricordomi anchora che l'anno passato, lavigiliadell'Ascensione, sendo altercatione circa al predicare, Fr. Valori mi mandô a intendere se vole va a ogni modo predicare, et lui dixe di si, et uscita la pratica, gli fece intendere corne era determinato per la signore (sic), che la matina predicasse, et che lo poteva sicuramente fare.

« Che Francesco Valori andato a casa cittadini privati, dico che io non ho notitia ; ma mi pare havere inteso che un di di festa andassi con Niccolo Machiavelli et Tommaso Guidetti et Francesco dello Scarfa, ma non lo affermerei, dicendo cosï ito moltevoltea visitare Antonio Canigiani malato, etc....

ce Sono circa 15 d\ che Fra Salvestro di Santo Marcho mi dette una poliza havuta da uno suo Frate, sulla quale era scripto corne Tommaso Capponi mi havea decto sullo sportello délia bottega sua che innanzi passassino moltigiorni, le cose si chiarirebbero, et che haveva parlato con molti giovani de' Compagnacci, et io la mostrai a Fr. Valori, il quale dixe : Questa sarebbe mala poliza, se fusse d'altri che di Tommaso; ma si vorrebbe che i Dieci la vedessino, et io gli dixi: Io non voglio questo uficio, et cosï mi rese la poliza, et stracciaila....

<z -Et essendo, più tempo fa, Fr. Valori in mala opinione di molti di quelli frequentano Sancto Marcho, che mostravono temère délia grandezza et volontà sua circa le cose pubbliche, mi ricordo ch' io ne parlai già con Fra Salvestro....

a Circa aile intelligenze si dicesse esserein San Marcho, io non intesi mai che vi fusse altra intelligentia che una inclinatione di animi a benevolentia l'uno verso l'altro di quelli a quali piaceva questa opéra, ma che mai vi si facesse ordine o ristrignimento alcuno....

ce Circa alla soscritione si fe' questo maggio et giugno passato

in San Marclio a richiesta diquelli Frati, corne dixi liieri a bocca eh' era nata da lettora di Ser Alessandro da Roma (Alessandro Nasi), che scriveva che intendeva làera suto mandatocerta soscritionedi citadini contro al Frate, et confortava a fare loro fare testimonianza délie cose sue et facte nella cita et Frati ne chiessono parère a Fr. Valori et G. B. et furono confortati a farla et cosï i Frati medesimi la portarono et feciono sottoscrivere , et io la sottoscrivessi infra gri altri, et ne mai ne tenni conto dapoi. Et intensi quello che ce ne fussi ; che vi era d'ogni sorta d'huomini secolari, religiosi et forestieri. Le lcttere erano di Ser Alessandro addirette a Ser Bastiano suo génère et a Mannelli. »

Il n'a pas eu connaissance des armes et de l'artillerie sur lesquelles on l'interroge; mais, dit il : « M' è venuto alla memoria che, circa uno mese fa, domandandomi RubeTtoRidolfi se havevo armi in casa, gli risposi non haveo che poco, e lo domandai quello ne voleva fare. Dixemi che i Frati erano ogni di minacciati d'essere arsi in casa, et che pero crederebbe fusse bene che in quelle case intorno et nel convento fusse qualche armi.

« Rachomandomi umilmente aile signorie et démentie vostre, et le prego che se non vogliono havere riguardo a me che confesso non lo merito per essere entrato in pratiche non eonveniente a me, et per havere voluto meglio ad altri che a me, vogliate havere compassione di cinque figliuoli mi trovo restati sulla matonata, et condurli, havendo perduto il loro andare ail' amore d'altri. »

27 avril, seconde déposition.

Andréa Cambini raconte qu'un soir pendant Tavent, Savonarole fil un petit sermon à plusieurs personnes qui étaient présentes, oc Si dolse che havendo provato con tante ragioni la verità predicata, li huomini ogni d\ diventavano più duri, et che perô facessino oratione... Di poi si volse a tutti quelli che v' erano. et impose loro non dovessino parlare di queste cose, ma facessin le secrète. »

Valori étant gonfalonicr,medit un jour qu'il voudrait être remplacé par Antonio Canigiani. J'allai donc trouver Silvestre pour

lui faire l'éloge de ce citoyen et le déterminer à parler en sa faveur. Mais Silvestre préférait Bernard del Nero.

Cambini a dit un jour à Messer Giovanni Bentivogli que Savonarole ne se mêlait pas des affaires d'État.

23 avril, Domenico Mazzinghi.

Savonarole l'avait prié d'écrire à Giovacchino, et d'insérer dans cette lettre celle qu'il écrivait au pape. Mazzinghi obéit et pria Giovacchino de montrer ces lettres au roi de France, ce qui aurait eu lieu si ce prince n'était pas mort.

Il a signé la pétition à Rome, déjà chargée de 200 signatures, mais il ne sait rien de plus sur ce sujet.

« Di soldati che Fra Silvestro mi habbi racomandato che si soldassino, dico non mi ricorda, se non d'uno da Ferrara, del qualenon si fece poi altro.

« Francesco di Lorenzo Davanzati, circa 20 giorni innanzi che Fra Girolamo fu preso, mi dixe havrebbe bene mandate a San Marcho due pezzi d'artiglieria per difesa di quelli Frati, et io gli riposi : Non me ne voglio impacciare. »

14 avril. In curia Bariselli (Bargelli).

Francesco di Lorenzo Davanzati dit: « Che è circa tresettimane in circa, che Francesco de' Medici gli richiesse qualche pezzo d'arme, perché Doi habbiamo sospetto di essere offesi, il che mandô 12 partigiani, 10 mezze teste, 6 rotelle , 3 largoni, coll' arme sua, 7 targoni bianchi. Ebbe daMatteo Strozzi una corazza, dixe per accompagnare il Frate ; di poi non potendo havere la lasciolla. »

Au-dessous de cette déposition, on trouve ce qui suit, de la main d'un des magistrats ou des notaires:

Interroghisi délie parole che usô con Piero Corsini del tagliare il capo a 20 cittadini. »

26 avril, seconde déposition.

Il raconte qu'il fut envoyé à la seigneurie avec Giovanni di

Jacopo di Dino, afin d'obtenir pour les dominicains la Loggia de' Lanzi, au lieu de la ringhiera, pendant l'épreuve du feu.

Détail sur les armes et la pétition.

« Attestalo chequando io fui de' signori et mi fu decto la sera dinanzi che io sarei dei signori, et la mattina io andai in San Marcho a udire messa, trovai Fra Salvestro ; io gli dissi ch' io stimavo la mattina essere de' signori, et che facessi fare l'oratione per me, et lui mi menô a Fra Girolamo, che questa fu la prima volta ch' io gli pariai, et dissigh che pregassi Iddio per me, corne io stimavo essere de' signori. E Dio '1 volessi, che io non 1' havessi mai conosciuto. »

23 avril, interrogatoire secret et verbal.

Giovanni di Niccolo Cambi, interrogé sur la lettre écrite par lui à l'empereur au sujet du concile, répond ainsi qu'il suit :

Il avait voulu écrire à l'empereur pour lui envoyer le Triumphus crucis, lui faire l'éloge de Savonarole, lui représenter que l'Eglise allait de mal en pis et que c'était à lui qu'il appartenait de la redresser. Il y a environ quarante jours, « andai con tal mia lettera in San Marcho, non per trovare Fra Girolamo, ma per fare scrivere tal mia lettera in latino.Vi trovaivi Fra Salvestro et Girolamo Benivieni. La lessi loro, di poi la lasciai a Benivieni, perché la facesse latina, et lui cosi mi promesse di fare. Dipoi a tre giorni andai in San Marcho, et mi fu decto ch' io facessi motto a Fra Salvestro, che mi voleva parlare, et cosi andai a lui, et inginocchiatomegli innanzi, ei mi dixe : Io ho visto la boza delta tua lettera allô imperatore, sia contento non l'havere per maie. Poi soggiunse: La sta secundo il gusto mio, o poco manca, et che vi voleva aggiugnere alcune parole et darmi copia di una lettera ch' havea scripta al papa, perche vêla inchiudessi. Et io risposi : Mi contento a tutto. Di poi non gli ho parlato, et tornatovi dopo alcuni di, trovai fatta la lettera, et soscrissila, et quivi la lasciai a Frati, i quali la mandorono secondo intesidi poi per via di Vinegia, col decto libro del Triompho. Et questo fu circa 20 giorni innanzi a Pasqua. Questa cosa io non la communicai con

persona, eccetto la donna mia, perché Fra Girolamo mi havea decto ch' io non la communicassi con persona. » lia signé, comme tous les autres, la pétition à Rome.

Au-dessous de cette déposition :

« Hassi a mandare per luietfarsi dare copia délie lettere scripte allô imperatore. »

23 avril, interrogatoire de Simone del Nero, au sujet de la lettre écrite pour le concile à Niccolô, son frère.

« A di 24 marzo passato, Giovanni Spina venne a me a casa, et dixemi, per parte di Fra Girolamo, che io gli tfacessi motto : onde io subito andai a San Marcho3 et andato nella infermeria, trovai Fra Girolamo coll' imbasciatore diFerrara ; et lui, lasciato decto oratore, si voltôa me, et dixe, dopo alcune parole: Tu sai che io ho predicato la rinovatione délia Chiesa et la conversione degli infîdeli. Dio vuole che questa opéra vada innanzi ; io voglio che tu scriva una letteraa Niccolo, tuo fratello, oratore vostro in Ispagna, délia quale tene darô una minuta, affine che havendosi a mostrare poi là, la sia di qualità che si possa mostrare, et cosi anchora ti daro copia di una lettera che ho scripta al papa, perché la mandi con decta tua lettera. Risposigli: Niccolo non vi sarà, perché sono più mesi gli mandai la licenza ; oltra questo Niccolo mi ha scripto che quelli ve sono volti ail' impresa di Africa (l'Amérique), et Fra Girolamo mireplicô : Et bisogna che e faccino prima questa. In fine, io gli promisi di scrivere et fare quanto mihaveaNiecto, secondo quella minuta. Et cosi mi parti. Di poi, la sera meaesima, Fra Girolamo mi mandô per uno Frate il quale io non conobbi, la decta minuta con la copia délia lettera scripta al papa, cheio ne feci due copie, et mandaile a Niccolo per le due vie. Questa cosa non communicai mai con persona, perché Fra Girolamo mêla commisse in confessione. »

Il n'a signé la pétition qu'à regret; mais il n'a aucune connaissance des intelligences qu'on prétend qu'il y avait à Saint- Marc.

Sommaire des interrogatoires de Francesco del Pugliese (ces interrogatoires manquent dans le manuscrit, sans qu'il y ait de lacune dans la pagination) :

Sur la lettre écrite en Angleterre pour le concile;

Sur sa présence à Saint-Marc le jour de l'attaque ;

Sur quelques propos qu'il tint en voyage à Pandolfo Corbinelli;

Sur les intelligences de Saint-Marc et la pétition ;

Sur le gouvernement au temps où le témoin était des seigneurs ;

Par quels moyens il espérait être nommé si promptement gonfalonier de justice.

23 avril. Baldo di Francesco Inghirami, dottore di legge.

Il dément la déclaration qu'on a fait faire à Savonarole dans le procès touchant certains conseils d'intrigue qu'il lui aurait donnés.

« Circa al vicario Perugino, corne a bocha dissialla vostra prestantia, pigliando scusa che Fra Hieronimo in sulla sua disamina die va che mi dixe che facessi favore al vicario Perugino, di tal cesa non mi parle- et maravigliomene ; ma che o fu Messer Bartolommeo Redditi, o uno Ser Gabriello di vescodavo, o un altro, non mi ricordo chi che mi parlorono, che non essendo rimosso il vicario Perugino, et sovastando a Roma, che io parlassi a qualcunode signori che scrivessino di nuovo in suo favore allô arcivescovo, che lo rimandasse. »

Les intelligences à Saint-Marc furent toujours honnêtes.

Le dimanche des Rameaux, il était à vêpres à Saint-Marc, « Vclcndo uscire dopo il vespro che si levo il romore sulla piazza da eerti,mi ritornai drento nel chiostro , et uscendo certi armati ehe v'erano fuora , opérai che ritornassino drento, a posare l'armi, dicendo loro che facevano maie et davano carico a San Marcho, che Je coso di Dio non si difendevano coll' armi, per quello vi Btetti corne potete intendere da chi v' era. Non adoptai mai armi alcuna , et corne prima potetti il di con un mazziere et tre tavolaccini et con certi cittadini usci dall' uscio dell*

orto et andai a casa, et d'ordine o di nulla vi fusse, non seppi nulla. »

Sur la pétition il sait peu de chose. Il proteste n'être jamais allé à Saint-Marc, au sermon, que pour le salut de son âme.

12 avril. Piero Cinozzi, perruquier (che fa i capegli in piazza.) Résumé de la déposition, écrit par le greffier. Le témoin se défend de rien savoir. Il avoue cependant qu'il connaissait tous les frères. 11 parle d'une procession faite à Saint-Marc : «. Ando a San Marcho circa ore una di nocte , et stettevi infino aile sei, a che fecero una processione che vi era sei persone, fra quali era Francesco, Davanzati, Ser Niccolô Michelozzi, Antonio Berlinghieri et Filippo da Gagliano, et fu el didopo la Epiphania.

« Dico che mai hebbi ambasciate dal converso » [Fra Pellegrino , qu'il connaissait mieux que les autres) « ne da persona , ne lettere, et quando Phavessi havute, l'havrei portate a Signori, et fatto quello che richiede nostro debito. »

16 avril , interrogatoire secret du même: il reproduit sa déposition.

27 avril , nouvel interrogatoire, au Bargello, avec la torture.

« Pietro decto domandato circa più cose, confessé haver decto a Fra Salvestro che non darebbe fave se non a quelli che credevano al Frate, et questo dixe in presentia di Fra Salvestro che gli diceva gliene haveva decto più volte, et dixe : Io non me ne ricordo. »

22 avril. Bartolomeo di Cristofano Mei, marchand de soie au détail. — Première déposition.

Il déclare qu'il serait entré dans le feu si Savonarole le lui avai t commandé.

Il passait souvent la nuit à Saint-Marc. Il y avait sa cotte de mailles, et il s'en revêtit, le dimanche des Rameaux, pour le combat. Il se servit aussi d'autres armes.

Dans le temps, Silvestre lui avait dit d'accompagner Savonarole dans la rue, parce que le maître courait risque de la vie.

Seconde déposition.

Le témoin ajoute que les serviteurs des Huit se joignaient à eux pour escorter Savonarole quand il sortirait dans la rue.

Il raconte la bataille et l'assaut du couvent.

2k avril. Alessandro di Antonio Pucci. — Interrogatoire verbal et secret.

Il y a vingt jours environ que Francesco Davanzati lui a dit de prendre les armes pour défendre, au besoin, le couvent.

Il a vu prendre les armes à Lionello Boni, Deifebo délia Stufa, Pagolo délia Robbia, Francesco Davanzati, Pagolo le cirier, qui prit une arquebuse sur le lutrin, dans l'église, et d'autres encore. Il vit aussi Francesco del Puglicsc qui soufflait comme un bœuf, <■( che soffiava corne un toro ».

12 avril. Pagolo le cirier.

Il donne les noms de ceux qu'il a vus en armes le dimanche des Rameaux.

20 avril , au Bargello. Nicholaio le bonnetier, interrogé verbalement, après avoir été mis à la torture (il di dinnanzi havendo havuto... tratti di fune), répond ce qui suit:

« A San Marcho ho cominciato a praticarc otto anni fa. Et un giorno, ora fa tre quaresime, essendo io in bottega mia, vennero alcuni citfadini, tra quali Leonardo da Empoli , Francesco Boni et Lorenzo di Antonio di Sandro Ruccellai. Et dixeromi : Vuoi tu morire per la fede di Christo? A quali risposi di si, ma che non n' ero degno. Et loro soggiunsono : Or vogliamo che lu accompagni Fra Hieronimo, quando \a a predicare. Et cosl io cominciai ad accompagnarlo armato, et ho Beguitato fino al présente tempo.

« Girca alla provisione délie armi facta a San Marcho, dico che poi entré questa quaresima, Fra Francesco de' Medici mi dixe: Il vicario (Savonarole) m' ha decto che ce n' era un poco di sospecto, et bisogna fare qualche guardia. Io diro a Francesco di Lorenzo Davanzati che ci provegga d'armi, faraigli motto. Di poi, 1' altro di, io parlai a Francesco in San Marcho, et dissigli: Fra Francesco m'ha decto vi facci motto. Havvegli decto nulla ? Et lui mi rispose : Si , io farô il bisogno. »

Davanzati pensait qu'il n'y avait rien à craindre. FraFranceso, moins rassuré, insistait auprès de Nicholaio, qui porta des armes à Saint-Marc quinze jours environ avant Pâques.

« Anchora mi abbattè in S. Marcho di questa quaresima che in dua sere vi vennono 13 corazze che le mandô Giovanni di Filippo Cappelli che le arreco a uno tessito're di via S. Gallo, per ordine di Giovanni di Leonardo Carnesecchi.... Anchora esso Giovanni Capelli vi mando uno bariglione di polvere, et délie pallottole di piombo.

« Il di del caso, dico che di quelli io vidi Jacopo da Firenzuola, Stefano miniatore, Gandela legnaiuolo, et uno Tedesco quale non conosco traevano detti archibusi. Deifebo délia Stufa si armô.

« Quelli che la domenica si armorono et presono l'armi in S. Marcho, che io me ne ricordo, Jacopo Orlandini, Lionello Boni, che mando per la corazza a casa sua, Francesco Davanzati che haveva la corazza; Buonaccorso Mei, merciaio; Buon» accorso da Filicaia decto Azerello; il Rosso Panciatichi, che fu morto; Antonio da Marcialla; Alesso Baldovinetti; Marco del Tasso, legnaiuolo; uno Pratese , che non lo conobbi; dua Corsi che non conobbi; Ugolino cimatore; Giovanni Canini; Zanobi rigattiere; Luca délia Robbia s'armô in S. Marcho, Pagolo délia Robbia ando a armarsi a casa, Pagolo ceraiuolo; Baldo Inghirami et Davanzati comandavono et ordinavono le factioni. Uno figliuolo di Giovanni Centellini. Di Frati circa

16 presono l'armi. »

24 avril. Tomaso comandatore.

Il rapporte un propos : « Messer Bartolomeo Gini et Messer

Fr. Ali'ani dicevano; Bartolomeo: Se correranno a S. Marcho col fuoco, correremo al palagio col fuoco; et Alfani : Non parlate per prudentia. »

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