‹ Jérome Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écritsChapitre 62 sur 97 · I. Il commence par une espèce de tableau , d’où l’ou · texte numérisé non relu

I. Il commence par une espèce de tableau , d’où l’ou

I a Se uno ha el luiiic sopranaturale non dcbbe disprezzare el lume naturalc , e se bcne avcsse rivelazioni di Dio , non debbe discoslarsi degli consigli degli uomini pnidcnli elle si inlondono dcllc cosc del monde. Qiiello altro dire : E’ non si rogge lo slato eon i pater noslri -, l’altro dire : Noi avianio avéré le grazie , laseianio andarc le cose corne vogliono ; l’altro dicc : lo non voglio altondere aile eose dd monde, lascia andare la ea.sa e dicc : Dio mi aiiiler.’i, e dassi tanlo allô spirito che non nsa la vera prudenzia. Non si debbe far cosi ; ^ ma aiular l’uno lume con l’ altro lume.» Pred. sop. Ezfch., Il rlécemhre I iOfi. l'Yen. I.SI7, f" I? r«.)

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vrage a pris son litre , et qui représente Jésus-Christ triomphant par ses œuvres au milieu de sou Église. Le Triomphe de la Croix est , en quelque sorte, le résumé sensible des dogmes et des vérités de la religion , et l'image de l'univers ehrétien.

Voici donc devant nos yeux un char à quatre roues , sur lequel , comme un triomphateur, le Christ, à peine échappé aux injures et aux supplices, montre les cicatrices et les blessures de son corps pâle et ensanglanté. Il n’a pas besoin d’autres armes pour soumettre le monde. Sur sa tête est un globe entouré de rayons éclatants , figure emblématique de la Sainte-Trinité. De la main gauche , le Christ tient sa croix et les instruments de son supplice; de la droite, l’Ancien et leîVouveau Testament. A ses pieds est le calice surmonté de l'hoslie et entouré de tous les Sacrements. Un peu au-dessous de Jésus est sa mère, la Vierge Marie, autour de qui sont disposés des vases d’or, d’argent et de cristal enrichis de ciselures et de pierreries , où sont enfermées les cendres des morts. Les apôtres et les prédicateurs traînent le char; devant eux marchent les patriarches et les prophètes de l’Ancien Testament, ainsi qu’une foule innombrable d’hommes et de femmes. Autour du char sont les martyrs , les saints docteurs , portant leurs livres ouverts dans les mains. Par derrière, une multitude sans nombre des deux sexes , de toutes les conditions, de toutes les nations: les ennemis de l'Église accourus en foule pour l’assiéger, mais vaincus ; empereurs, rois, princes, puissants du siècle, sages et plii-

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loso{)hes , hérétiques , peuples de toute langue et de tout pays, esclaves et hommes libres;.... parmi eux, les idoles des faux Dieux brisées, ruinées; les livres des hérétiques brûlés , les dogmes des sectes réfutés, et toutes les cérémonies du culte dans les autres religions, renversées par la nôtre.

Telle est l’image de l'Église et de sa lutte triomphante contre ses ennemis. Les quatre roues du char signifient qu'elle étend sa domination sur les quatre parties du monde. Les philosophes prétendent qu'aprës Dieu le ciel est la principale des causes secondaires; nous disons, nous , que c'est la croix et la passion du Christ, car la croix est la cause des grâces de l’Église et de notre salut. Les philosophes disent qu'après le ciel viennent les éléments ; après la croix , nous placerons les sacrements de l’Église qui tirent toute leur vertu de la passion du Christ, comme les éléments la tirent du ciel. Enfin , comme apres les éléments , dans le monde , viennent les semences et les agents particuliers, nous aurons pour semences , dans notre triomphe , la doctrine évangélique , les œuvres et les exemples des saints.

Après cette exposition et avant d'entrer dans la démonstration de la Foi, Savonarole demande qu’on lui accorde quelques poslulata; car, dit-il, la discussion est impossible lorsqu'on ne s'entend absolument sur aucun point. Or, les axiomes, comme on dirait en géométrie, ne sont pas des articles de Foi, mais simplement des faits énoncés, il faut admettre : 1"que Jésus-Christ

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a été crucifié par les Juifs, etaduré par le inonde presque entier; 2° que la confession, l’eucharistie, la Vierge Ma rie, les saints ont été et sont encore en grande vénération; 3" que les Actes des apôtres, des martyrs, etc., sont authentiques ; 4“ que l'empire romain a été renversé et qu'il s’est soumis à un humble pécheur.

Ces faits sont trop constants pour qu'il soit facile de les nier de bonne fui. On s'étonne cependant que jamais les auteurs païens n'aient parlé de Jésus-Christ. Je réponds qu’ils en ont parlé, et si l’on me réplique que ceux-là seuls en unt parlé qui s’etaient faits chrétiens auparavant , n’est-ce pas une preuve de plus en faveur de notre religion , puisqu’ils ne se sont pas contentés d’écrire sur lui, mais que pour lui iis unt abandonné leurs erreurs? Quant aux autres. Dieu n’a pas permis (ju’ils écrivissent sur Jesus-Christ , parce que tous ces poètes , ces historiens et ces orateurs païens sont des bavards et des imposteurs. jVayant que la lumière nalureile, ils ne pouvaient parler des choses suruatureiies. La haine de l'Église , la pensée très-juste que, l'idolâtrie supprimée , ils perdaient le sujet et l’ornement de leurs nombreux ouvrages , enfin le désir de plaire aux princes, leurs protecteurs, qui poursuivaient alors les chrétiens , furent d’autres causes secondaires de leur silence.

Une fois les postulata accordés , il ne s’agit plus que de procéder à la démonstration. Les propriétés invisibles de Dieu sont de deux sortes : celles que la raison naturelle peut connaître , par exemple qu’il n’y a

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qu un Dieu, substance simple, etc. , et celles que la raison ne comprend pas , par exemple qu'il y a trois personnes en un seul Dieu , et que Jésus -Christ est Dieu et homme tout ensemble. Il y a pour celles-ci un mode de connaissance : on parvient, non à les comprendre , mais à en être certain par le moyen des faits surnaturels. Mais comme la grâce présuppose la nature, il convient de parler d’abord de ce qui tombe sous la raison. On le fera brièvement , ce sujet ayant été traité déjà par tous les philosophes.

Il y a un Dieu , l’instinct nous l’apprend , car dans nos tribulations nous avons involontairement recours à lui. Mais il est facile de prouver qu’il existe. Qu'on en fasse le premier moteur, la première cause , le premier principe des choses , le souverain bien ou la souveraine vérité , on comprend que du mouvement ou des effets il faut remonter au moteur ou à la cause ; or, comme on ne peut ainsi remonter à l’infini , il faut de toute nécessité s’arrêter à un premier moteur, à une première cause , un premier bien , une première vérité , source de tout le reste.

Ce Dieu n’est pas corps, car, s’il l’était, il ne serait pas le premier moteur immobile , et , l’esprit étant supérieur au corps, il ne serait pas le plus noble des êtres. Il n’est pas la forme d’un corps , car on concevrait alors quelque chose de plus parfait que lui , et il ne serait pas acte pur, ce qui est la seule condition d’existence de rfttre premier. Enfin, il n’est pas composé, car le composé dépend d’une cau.se simple.

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Savonarole continue , et prouve par les démonstrations ordinaires que Dieu est parfait, qu’il est le souverain bien, qu’il a une puissance infinie, qu’il est partout, immuable , éternel.

Dieu est un , parce que la nature divine étant une ne peut se communiquer, et que, s’il y avait plusieurs Dieux, ils ne sauraient être parfaits; enfin, parce que les choses du monde sont trop bien ordonnées pour être l’œuvre de plusieurs.

Dieu connaît parfaitement toutes choses, parce que, plus on connaît, plus on est parfait, et qu’il est la souveraine perfection. Il agit volontairement et non par nécessité de nature, car celui qui agit par nécessité de nature est conduit a rendre les eflets semblables à lui , si rien ne s’y oppose. Dieu ferait donc toutes choses infinies , ce qui est impossible.

Il suit de là que, libre dans ses actes et souverainement sage. Dieu fait tout pour le mieux , et prend soin de toutes choses. Cette providence est d’autant plus grande que l’objet en est plus élevé , et par conséquent elle s’applique aux choses humaines plus encore qu’aux autres choses naturelles.

Précisément parce qu’il est providence , Dieu a donné une fin à l’homme, et il la lui a donnée la plus élevée . possible, en l’admettant à contempler sa divinité. A t cette fin suprême se rapportent toutes les vertus morales dont Dieu nous a doués , et toutes les perfections corporelles que l’art humain tâche de nous procurer; car, pour être admis à contempler la Divinité, il faut

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ina

la plus grande pureté d’ame et de corps à laquelle l'homme puisse atteindre.

Or, cette contemplation réclamant une souveraine connaissance , un très-petit nombre pourraient en jouir dans celte vie , et par conséquent , si tout finissait avec elle, la plupart des hommes n’atteindraient pas la fin ' qui leur est proposée. Il faut donc croire que la fin de I l'homme n’est pas dans la vie présente.

Il n’est pas douteux , en effet , si l’on considère combien peu nous connaissons les choses naturelles , que la connaissance et par conséquent la contemplation des choses divines n’est pas de ce monde. Cela se prouve encore de la manière suivante : Le souverain bonheur de l’homme est dans cette contemplation ; or, il est impossible d’être heureux sur la terre : les vieillards ne le [ sont pas, parce qu’ils sentent approcher la mort; les I jeunes gens non plus, parce qu’ils sont trop étrangers I à la connaissance de ce qui fait le vrai bonheur. D’où il suit que , si l’homme n’avait pas une autre vie, il ne pourrait atteindre sa fin , ou la conserver, une fois atteinte , ce qui est absurde.

La con.séquence de ce qui précède est la nécessité d’une autre vie ; mais on peut donner de nouvelles preuves , selon la philosophie.

' 1 La raison est le caractère spécifique de notre nature; famé raisonnable est donc la forme de l’homme. Le mouvement, chez lui , procède de l'intelligence et de la volonté ; l’homme estdonc nécessairement composé d’une substance inlellecliielle en tant que forme, et d’un

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