DE LA LOGIQUE
l'action, la passion; le verbe, ralfirniation , la négation , l'énonciation universelle et particulière ; la proposition , dont il distingue les différentes espèces, modale, universelle, particulière , indéfinie, et les rapports des propos’ ions entre elles.
Puis, il tra... successivement de la décomposition du genre en espèces , du tout en parties , du sujet en accidents, du mot en ses différentes significations ; de la définition qui ne peut s'appliquer qu’aux espèces; des formes et figures du syllogisme; de l'art de faire des syllogismes, et des différentes espèces qu'on en conuait: syllogismes modaux, hypothétiques, démonstratifs, dialectiques, sophistiques, etc.
Quelquefois Savonarole s’élève en passant à des considérations d’un ordre plus élevé. C’est ainsi qu'à propos du syllogisme démonstratif il se demande ce que c’est que la science et le savoir; il déclare qu’il faut s’attacher aux principes plutôt qu’aux conclusions; il prouve que ^ la même chose ne peut être définie et démontrée ; enfin , il expose une théorie de la démonstration et de ses variétés. Mais ces aperçus, intéressants si on les com- j pare au reste de l’ouvrage, y sont fort rares, et indi- i qués, plutôt que développés, sous une forme peu propre ; à captiver l'attention. <
ÉCRITS DE SAVONAROLE
4* TRAITÉ DK LA DItlSiON KT DE L'UTILITÉ DES SCIEKES. DÉFENSE DE LA DOCTRINE SUR LA POÉSIE.
( Oftvt il« liû-Mioit# «r wfAifdt* «mhiiiifii •> icntitiniMi , ia |»ofitrfn «ipo/xt/rhCMi. )
Ce traité pourrait prendre rang , comme le titre l’indique, parmi les œuvres apologétiques de Savonarole , car il a pour objet, en partie, de justifier le système d’éducation proposé par l’auteur. Mais les éditeurs de 1534 , l’ayant joint aux trois précédents ouvrages dans le même volume, indiquent par là un rapport qui avait sans doute frappé les Italiens , dans un temps où les traditions des Piagnoni n’étaient pas encore perdues. Il est certain que la division des sciences est un complément nécessaire de la philosophie, et que la partie de ce traité où Savonarole la fixe en était , à ses yeux , la principale. Ce n’est pas sa faute si la postérité attache plus d’importance à ce qu’il regardait comme un accessoire. Si l’on trouve dans ses paroles plus de vie quand il s’occupe de l’éducation des chrétiens et de la poétique , c’est qu’il rentrait alors , presque à son iusu , dans la vie active , où son génie était plus à l’aise. Il faisait une apologie quand il croyait ne donner qu’un compicmeut nécessaire à la philosophie , et c’est seulement à cause de l’intention manifeste de l’auteur, (pie ce traité doit être rangé parmi ceux qu’il destinait à l’enseignement des chrétiens.
JJE L UTILITK l)i:S SCIKNCES. 3i9
Après avoir consacré deux livres à exposer, dans le langage et d’après les systèmes de l’École, la division de toutes les sciences , leur ordre et leur mérite relatif, Savonarole examine, dans le troisième, de quelle utilité les sciences profanes peuvent être à la religion chrétienne.
Quelques hommes, suivant lui, devraient être appelés à les apprendre, afin de conserver la tradition des connaissances humaines et surtout d’avoir des athlètes < en état de réfuter les arguties des hérétiques, sur le terrain des sciences profanes comme sur celui de la J théologie ; mais ils devraient être en petit nombre. • Le reste de l’humanité n’a besoin de savoir que la grammaire, les bonnes mœurs et la littérature sacrée*.
11 est clair que , par un tel système , les théologiens
presque seuls, c’est-à-dire les Religieux cloîtrés, devien- ‘
draient dépositaires du précieux héritage des lettres et
des sciences. Or, comme , d’après les idées de notre au-
teur, les plus éclairés et les plus saints devraient être chargés du gouvernement des empires , les moines théologiens se trouveraient appelés à gouverner le monde. Cette conséquence échappa très-certainement à Savonarole. Quoiqu’on l’ait accusé souvent de rêver
> « Felicissiman) profeclo putareni reinpublicam chri.stianam si , retenta pristina Scripturarum simplicitate , quosdam duntaxat probes ac ingeniosos vires eligeret , qui proplér hæreticorum versutias cum thcolegia disciplinas bas perdiscermt, ceteri vere pe.st gramninticæ scientiam cum bonis nioribus sacras litteras docerenlur. » Opunprrut. etc., f» H v» (Von., 1,^S4).
l'établissement d’une puissante théocratie , rien ne fut plus loin de sa pensée. S'il prit part aux affaires publiques , il ne voulait pas d’une exception faire la règle , et c'était sans aucun dessein caché qu’il prêchait l’ignorance.
Que pensait-il au juste sur ce grave problème de l’éducation? La réponse n'est pas facile. Il paraît cependant avoir partagé cette opinion bien connue , que tout ce qui ne profite pas au salut est inutile ou dangereux. Le seul avantage, disait-il , que peut rapporter la lecture des auteurs les plus graves, d’Aristote et de Platon, par exemple, c’est de fournir des arguments contre les hérétiques Mais malgré ce singulier profit qu’on peut retirer, suivant lui , des auteurs païens , Jérôme déclare que le temps qu’on emploie à les étudier est perdu , parce qu’ils ne parlent ni du paradis ni de l’enfer ^ ; parce qu’ils sont en enfer, et que les vieilles femmes en savent plus qu’eux sur la Foi ». Enfin, par-
> a Qucsto bcne solo hanno fatto qucste doltrine di qucsti savi dcl mondo , coinc fu Aristotile e Platonc die hanno inscgnato molle ragioni da sapcrsi difendcre dagli heretid. » 4® Pred. lop. Aggœo, 8 novembre 1494. (Ym. 1545, f® 27 r®.)
» a Aristotile c Platonc e li savi dcl mondo non fanno mai frutto con la mente, e non pensano al paradiso o all’infcrno, ma tutti vanno a c,asa del di.avolo. » 18® Pred. top. i Sa/mi, 4 juin 1495. (Ven. 1517, f® 60.)
I a Vedi chc oggidi non si dice se non Platono, quello uomo divinorio. Ti dico cb’c debbe essere più presto a casa del diavolo. lo era già in qiiesto errore e studiavo moito questi dialogi di Platone ; ma poi quando Iddio mi dette luine, io ho tutto stracciato quello rhe ne avevo scritto. Clie giova tanta sapientia , sc sapeva poi più