‹ Jérome Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écritsChapitre 79 sur 97 · TRAITÉ DES DIX COMMANDEMENTS · texte numérisé non relu

TRAITÉ DES DIX COMMANDEMENTS

plus de brièveté; mais sachez, ajoute-t-il , que tout ce que je dis , je l'ai tiré de bonne source. J’ai laissé , dit-il enfin , l’éloquence de côté, parce qu’elle gonfle le cœur d'orgueil , et que la charité n’en fait aucun cas *.

■ << lo non ho allegato i dottori per maggior brevità , ma sappiate ch’io l’bo cavato da buone acque. E ho lasciato la eloquenza perché la carità non fa slima dclla eloquenza , la qualu isgonfla il cuore di superbia. » Operetta , etc. : Délit altri due ( 'J« et I0« } comandamenti.

ÉCHITS DE SAVON AROLE.

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1' TRAHI' DE LA VIE DES YEl'YES.

I DtUd vit* viduttle. )

Les ouvrages qui précèdent furent écrits pour l’enseignement de tous les chrétiens; ceux qui suivent ne s’adressent qu’à certaines classes de fidèles. Sollicité , à ce qu’il parait, par un grand nombre de veufs et de veuves*, de leur apprendre comment il entendait le veuvage, Savonarole composa retraité, qui touche par plus d’un endroit à la vie civile. Mais , soit qu’il désespérât de rendre les hommes dociles à ses idées, soit qu’il pensât que les femmes étaient plus exposées qu’eux , c’est à elles seulement qu’il s'adresse. Il montre qu’il les connaissait bien , et l’intérêt principal de ce livre est dans le portrait de la Florentine au XV“ siècle, qu’il serait facile , après lecture, de reconstruire presque de toutes pièces. Lorsque le poète disait :

Varium et mulabile semper

Fetnina....

il voulait parler de chaque femme en particulier. En • lisant le curieux traité de Savonarole, on voit bien que l&s passions et les faiblesses de ce sexe sont les mêmes dans tous les temps

I. Savonarole envisage son sujet sous un triple aspect. Il dira ce que doit être une veuve , comment

> Lr litre dit : «ad instaiizia diiuolto vedove e vedovi. «

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TRAITÉ ItE LA VIE DES VEUVES. 375

elle doit vivre , comment elle doit enseigner la sainteté aux autres femmes. Mais ces instructions seraient inutiles, si les veuves prenaient généralement le goût de convoler en secondes noces : c’est pourquoi il croit devoir leur démontrer, au préalable, qu’une veuve ne doit pas se remarier.

Ce n’est pas un mal de se remarier; mais il vaut mieux qu’une veuve reste dans la condition que la volonté de Dieu lui a faite. La femme mariée, en effet, a deux maîtres : Dieu et son époux. Les devoirs qu’il faut qu’elle remplisse à l’égard de l’un la détournent de s’acquitter de ses obligations envers l’autre. Il arrive d’ailleurs souvent , pour la punition des veuves remariées , qu’elles prennent un homme pervers , ou tout au moins peu zélé pour le service de Dieu et qui les empêche d’accomplir leurs devoirs religieux. Et lors même que le mari serait, à cet égard , ce qu’il doit être , les soins qu’il faut donner aux enfants, au ménage, sont autant d’empêchements à l’œuvre sainte do la vie, qui est le culte de Dieu.

D’autres raisons, d’un ordre moins élevé, mais d’une grande importance , devraient déterminer la veuve à ne pas changer d’état. La vie qu’elle mènerait, étant mariée, est nécessairement plus mondaine; et qui ne sait que la vie du monde est une source inépuisable de péchés? Il faut que la femme mariée brille, ainsi que ses enfants, pour plaire à son mari, et qu’elle ne se montre pas inférieure aux autres femmes '. De là vien-

' n Dal quai ve.stire si gi*ni‘ra molla vana gloria e supcrbia e

ÉCRITS DE SAVÜNAROLE.

nent l’avarife et l’orgueil. Il faut que, pour plaire à son mari et par convenance , elle prenne part à des festins, à des noces, à des fêtes, au milieu d’un grand nombre de parents et d’amis, dans des réunions, en un mot , où se commettent de nombreux péchés. Elle peut, enfin , se mettre à la fenêtre, aller seule par les rues, causer avec les boinmes : autant d’occasions de péché. Tous ces divertissements mondains sont interdits à la veuve , ou pour le moins sa condition lui est une raison suffisante de s’en excuser; il y a donc lieu de croire qu’elle vivra plus saintement.

Reste une dernière considération fort importante , mais fort délicate, sur laquelle Savonarole s’explique librement. Une veuve vit dans cet état de chasteté si propre à purifier le corps et à sanctifier l’ame. Elle n’est pas exposée, comme dans le mariage, à l’aiguillon de la chair; ou du moins, si elle a quelque vertu, clic sait résister, car il lui faudrait se perdre pour céder à ses passions * .

Telles sont les principales raisons pour lesquelles Savonarole conseille aux veuves de ne pas se remarier. Elles ont le tort grave d’attaquer le mariage lui-même,

invidia Ira le dunne, e sono etiaui cagioiie di inoiti altri peccali. •> Délia vita, etc., lib. I, cap. I (Florence, I4'J..).

' U Nel nialrimonio in liillo non si piio aslenere dalla carne, e quando ancora |X)tcssc con buona coscienza astenersi , sarebbe [>cr6 molto dilBcile c quasi impossibile a farlo, f)crcliè clii sla appresso al fuoco, bisogna scaldarsi. E quesla opéra carnalc è talc che quanto più si esercila, più cresce la concupiscenza. » Delta cita, etc., lib. I, cap. I.

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