‹ Jérome Savonarole, sa vie, ses prédications, ses écritsChapitre 81 sur 97 · THAITÉ DE LA VIE DES VEUVES · texte numérisé non relu

THAITÉ DE LA VIE DES VEUVES

même parmi ces dernières, il y a lieu de distinguer, et toutes ne se déterminent pas par des motifs également purs.

Il y a d’abord la veuve coquette, qui craint de mal réussir dans un second mariage, et qui, peu soucieuse de son honneur, met tous ses soins à plaire et à jouir de la vie. Jérôme nous en laisse un portrait vigoureux et bien touché ;

« Elles parlent d’une manière peu convenable à leur » état , parce qu'elles ne gardent pas la chasteté dans le «secret de leur maison. Même au-<lehors , elles se com- « portent de manière à faire entendre aux jeunes gens » dissolus ce qu’elles veulent d’eux. Elles sortent parées » galamment et avec élégance : leurs voiles et leurs mou- «choirs sont tendus et plissés ; leur poitrine est décou- » verte ; elles lèvent les yeux sans vergogne ; elles vont » très -volontiers dans la compagnie des jeunes gens; «elles rient, elles plaisantent avec eux , même de choses «illicites. Ces femmes, il faut les fuir, et ne parler sous « aucun prétexte avec elles. Vivant dans l’oisiveté, elles «apprennent à passer sans cesse d’une chose à l’autre ; » bavardes et curieuses , elles parlent toujours hors de » propos. Elles feraient moins mal de se remarier que » de mener pareille vie ‘ » Ce n’est pas à elles que Savonarole s’adresse.

11 y a d’autres veuves qui vivent chastement en pensée et en action , et qui ne se remarient pas par respect

' D*Ua riia, etc., Mb. I, cap. 1.

ÉCRITS DE SAVONAROLE

humain, par amour de leurs enfants, par crainte de rencontrer pire que leur premier mari , ou par goût naturel. On les tient pour de saintes femmes; mais, comme elles ne restent point veuves pour l’amonr de Dieu , ce n’est pas encore à elles que je m’adresse, dit Savonarole. Je parle à la véritable veuve, à celle qui pense à Dieu jour et nuit ; à celle surtout qui vit seule pour n’être point distraite de ses saintes pensées , et se donner toute à son souverain maître.

Il peut arriver qu’elle soit chargée de famille , et que, dans ce cas, elle ne puisse vivre seule; mais, quoiqu’il lui soit impossible alors d’atteindre û un aussi haut degré de sainteté, il suffît qu’elle dirige son intention vers Dieu , dans les soins qu’elle donne à sa famille , pour mériter d’être rangée parmi les saintes veuves.

Telle est la pieuse femme à qui Savonarole entreprend de donner des règles de conduite. Le but qu’elle doit se proposer est l’amour de Dieu , le bien de tous, le salut de son ame. Comme c’est sur ce point que ses efforts peuvent avoir le plus de vertu , et que par là elle obtient tout le reste dans la mesure de ses forces , elle devra y tendre en veillant à la pureté de son cœur, en se détachant de plus en plus des choses terrestres ; en examinant chaque jour ses passions, ses affections, pour les purifier; en priant pour elle-même, pour le prochain, pour la religion.

Ces règles sont communes à tous les chrétiens; aussi Savonarole ne fait -il que les indiquer, comme le fon-

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