CONFESSIONNAL
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L’écrit que Savonarole nous a laissé sous ce titre s’adresse seulement aux ecclésiastiques. C’est un manuel pour les guider dans l’exercice de leur ministère au confessionnal. 11 touche, dans les termes consacrés, à toutes les questions que le confesseur est obligé de débattre avec son pénitent. Àus.si le latin , langue de l’Égl ise , a-t-il paru seul propre à rendre des idées qui choqueraient les profanes dans tout autre idiome. Il est jus*e de reconnaître cependant que Savonarole recomm.' .,1e sur les points difficiles une circonspection dont on ne saurait trop le louer. Il n'a pas oublié, tout ennemi qu’il est des poètes , ce vers digne d’un sage : Maxima debelur piiero reverentia ,
et il recommande instamment aux confesseurs de ne pas apprendre à la jeunesse ce qu’elle ne sait pas *. Aux enfants il joint les femmes, qu’il ne faut entretenir de pareils sujets qu’avec la plus grande réserve «. A côté des égards que la vertu du pénitent commande , Savo-
■ Non sunt omnia ab omnibus interroganda , et maxime adhibenda est caiitela circa juvenrtilas et cirra simplices pucros, ne doceamus eos ea quæ ncsciunt. » Confettionale R. F. Hier. etc. , p. 10 ( Verceil , I.5Î4 ).
* « Et maxime in hoc adhibenda e.st cautela circa miilieres. ■> Confusionale , etc., p. 10.
ÉCRITS DE SAVONAROLE
narole place les précautions dont il veut entourer celle du confesseur. Le pénitent, surtout si c’est une femme, ne doit pas lever les yeux sur lui.
L’auteur nous fait connaître le plan de son livre. Il traite d’abord de tous les préliminaires de la confession , du cérémonial et des formules; en second lieu, des questions qui doivent être faites au pénitent, et de l’ordre que le confesseur doit suivre dans ses interrogations ; enfin , de la pénitence qn’il doit infliger.
Dans la seconde partie , qui est la principale de ce manuel , Savonarole entre dans de grands détails sur les commandements de Dieu et sur les différentes manières dont on peut les enfreindre ; il recherche toutes les fautes que l’homme peut commettre. On retrouve la trace de ses préoccupations habituelles : l’usure, le jeu, la toilette des femmes, les restitutions , la simonie , la propriété des biens acquis à la guerre occupent une place considérable dans cet examen.
Nous signalerons une curieuse addition de l’éditeur. A propos de l’excommunication , dont parle Savonarole, il croit devoir donner la liste des différents cas d’excommunication que le chrétien peut encourir, dressée par Jean Polanchus, de la compagnie de Jésus , et il y joint , de son chef, les cas nouveaux déterminés par le concile de Trente. Cette énumération n’embrasse pas moins de dix-huit pages.
Un des cas d’excommunication frappe Savonarole , et il est curieux de le trouver dans un de ses ouvrages : Qui appellent a papa ad fiiturum ronrilium.