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PORTEUR D'EAU

ÉÉSSPORTESNDEMIERUSALEM 27

la porte de fer (Bab-el-Hadid), parce qu’en réalité elle est close par un battant revêtu de fer. Elle ne s’ouvre pas tous les jours; mais à Jabfin de Pété,. lorsque.lés: chaleurs ont à peu près tari les citernes et les piscines, des bandes de sakka (porteurs d’eau) conduisent incessamment des troupeaux d’ânes chargés d’outres au Bir-Eyoub, seul endroit où il soit possible à ce moment de Panneerderse procurer de l'eau potablé et propre "Ün"sentier abrupt, couvert d’une épaisse couche de poussière, conduit hommes et bêtes à ce bienheureux puits, les ânes au galop, les hommes Îles poussant à coups de bâton assaisonnés de cris gutturaux indescriptibles. Gare aux promeneurs qui remontent péniblement du fond de la vallée vers le Bab-el-Hadid'! Lorsque arrive une de ces avalanches vivantes, ce qu’on a de mieux à RMC CES SEtietermdescotes etai droite, dans Jess,.champs cultivés, plantés d’oliviers et de figuiers. À gauche on serait infailliblement froissé contre un talus couvert de broussailles épineuses.

PMpoternedonte viens de’barler ouvre: sun une espèce: de petite place couverte aujourd’hui d’une vraie forêt de cactus ou figuiers de Barbarie, forêt qui s'étend entre l’escarpement du mont Sion que suivait le mur de David, et la partie sud-ouest de l’enceinte du temple dans laquelle se trouve encastrée l’a- Inotcendiune arche despont en voûte circulaire.-qui. dut être une mérveille de construction à en juger par les dimensions clessésN pierres.

Comme je ne parle en ce moment que des portes qui sont SnUUsSApe;,, je dois passer à celle qu’on nomme aujourd’hui porte de Saint-Étienne ou Bab-Setty-Maryam. Voilà encore une porte moderne qui très certainement a- pris la place d’uné porte juive. Elle s'ouvre dans la muraille de construction plus récente qui prolonge vers le nord la face orientale de lenceinte du Haram-ech-Chérif. À l'extérieur quatre lions en bas-relief sont

encastrés au-dessus de l'entrée, et leur présence suffirait à elle

seule pour prouver que la porte a été construite par le sultan mamlouk Beïbars.

De nos jours, je l’ai dit déjà, elle se nomme porte de Saint- Étienne, par une étrange modification de la tradition qui, l’on ne sait pourquoi, a changé du xim° au xvi° siècle, transportant à une autre localité l'illustration du lieu véritable où saint Étienne fut lapidé.

Devant la porte, et au-dessus de la vallée du Cédron, s'élève une butte énorme composée des décombres et des déblais qu’il a fallu enlever pour faire place nette autour de léglise de Sainte-Anne, église qui, grâce à la générosité de S. M. limpératrice Eugénie, appartient aujourd’hui à la France.

J’ai ainsi terminé la revue des portes modernes, grandes et petites, qui donnent accès dans -Jérüsalem: ous-les jours dè l’ännée, elles’ s’ouvrentulewmatin, souyent après Je leyer du soleil; elles se ferment invariablement au déclin du jour, été comme hiver.

Il y'a mieux encore. Tous’. les’ réndredis,Lellesnse “icrment de midi à deux heures environ, pendant l’heure de la prière, ce qui n’est commode pour personne. Mais à cette coutume, 1l y à une puissante raison d'État. Depuis que les musulmans sont rentrés en possession de la ville sainte, il est de notoriété publique qu'un vendredi, pendant que les fidèles croyants seront réunis à la mosquée, les chrétiens arriveront à l’improviste et s'empareront de Jérusalem.

On ne saurait prendre de trop sérieuses précautions contre pareille éventualité, et le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de fermer les portes de la ville pendant les deux heures fatales. C’est parfait! et l’armée menaçante des chrétiens a beau se cacher dans des trous de souris ou derrière un olivier quelconque, elle n’a pu parvenir encore à surprendre la surveillance ottomane. Je crains même qu’elle n’y parvienne

jamais !

DÉESRPORDES DE JÉRUSALEM 39

Passons maintenant aux portes et aux poternes condamnées.

UnepseuRSporte/muréesentrouré au nord, c’est celle que les chrétiens nomment porte d’'Hérode, les musulmans Bab-ez- Zaharieh (porte des fleurs). Anciennement les chrétiens l’appelaient porte de Benjamin. Elle donnait accès dans le quartier de Bezetha, enveloppé par Agrippa I* dans la troisième encemtende, Térusalem: VAS 'éntjugen par l'apparence; "c'est une

construction peu ancienne. Elle est exactement à 500 mètres à

l’ouest de l’angle nord-est de l’enceinte générale.

Sur la face occidentale de l’enceinte on ne voit plus d’appasence d'une porte murée, quoiqu il ait di en exister Une.

Il faut suivre la ligne des remparts et arriver jusqu’au point où l’enceinte militaire se confond avec celle de la mosquée d'Omar pour retrouver des portes condamnées.

La première, sur le milieu de laquelle vient aboutir le mur de Îa ville, enveloppant le champ planté d’arbres qui est situé au-dessous de la mosquée d’'El-Aksa, se trouve une porte judaïque remaniée par Hérode et agrémentée de moulures en placage chargées d’élégants rinceaux. A droite au-dessus de cette porte est encastrée dans la muraille et sens dessus dessous une inscription romaine qui a dû faire partie du soubassement d’une statue de l’empereur Antonin le Pieux. Elle constate qu’un décret des décurions de la colonie fit consacrer cette statue. Un peu plus loin vers l’est, trois grandes arcades juxtaposées sont enclavées dans la maçonnerie, et les blocs énormes qui constituent la base des pieds-droits de cette triple porte présentent tous les caractères de l'appareil salomonien, avec lequel ils se 1 nr lu des thlocs restés ten placerést orné. d'unermoulure singulière, à laquelle, dès le premier jour, j'ai sans hésitation assigné la plus haute antiquité.

Entre la triple porte murée et l'angle sud-est du Haram, se présente une autre arcade murée; mais celle-ci, ogivale, ne

peut prétendre à la même antiquité que les premières. Elle doit

avoir été ouverte par les croisés, afin de mener à l’abreuvoir, soit à la piscine de Siloé, soit au Bir-Eyoub, les chevaux des templiers, dont l’écurie, établie dans les substructions de l’angle sud-est du Haram, s'appelle de nos jours les Écuries de Salomon.

Lorsqu'on a tourné l'angle sud-est de l’enceinte, on arrive bientôt en face d’une double baie murée, à laquelle correspond, à l’intérieur des substructions du plateau artificiel sur lequel le temple de Salomon devait être assis, un dispositif de porte tout à fait semblable à ceux de la porte sous El-Aksa ct dela Triple porte.

Probablement, c’est de là que partait, dans l'antiquité, le pont de bois dont parle le Talmud, et sur lequel on lancçait vers le désert le bouc émissaire chargé des iniquités d'Israël. Je me permettrai, toutefois, d'exprimer quelques doutes sur la possibilité d’établir ce pont de bois, qui, pour avoir un tablier horizontal, devait être d’une hauteur invraisemblable.

Cette double baie, que j'ai signalée dès 1850 et que personne n'avait remarquée avant moi, n'en a pas moins été découverte quelque dix ans plus tard par le révérend Barclay, ct l'on s’est empressé de l’appeler arche de Barclay, avec un peu moins de justesse et de justice que lorsqu'on a donné le nom de Robinson à l'arche réellement signalée par lui sur la face occidentale du Haram-ech-Chérif. Mais cela n’a plus d’im-

portance.

Avant d'arriver à. laMporté orientale "aujourd'aureclosesset connue de tous sous le nom de porte Dorée, j'ai retrouvé dans la muraille et signalé le premier une poterne condamnée dont le linteau est orné d’une croix pattée peinte en rouge, entourée de deux cercles verts et bordés de rouge, puis d’un troisième cercle extérieur -dentelé et peint en rouge.

Cette poterne, haute de deux. mètres, est placée à un peu

moins de 16 mètres de la porte Dorée.

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