ENCEINTE EXTÉRIEURE DU TEMPLE
Porte Dorée
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Nous voici donc à la porte Dorée. Elle est murée complètement. Deux arcades en plein cintre, d’une ornementation végétale des plus riches, reposent sur deux pilastres que surmontent des chapiteaux à feuilles d’acanthe. Le pied-droit central a disparu pour faire place à la muraille moderne. L’ornementation étant identique avec celle de la porte sous El-Aksa, il n’est pas possible d’assigner aux deux monuments deux dates différentes. Toutes les deux sont l’œuvre d'Hérode le Grand.
Pendant l'existence du royaume latin de Jérusalem, la porte Dorée, qui d'habitude restait close, s’ouvrait deux fois par an. la première au dimanche des Rameaux, en souvenir de l’entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem sur l’ânesse de Béthanie, la seconde fois le jour de l’Exaltation de la croix, en souvenir de l’entrée d'Héraclius rapportant sur ses épaules le bois de la vraie Croix.
Cnpme-permettra.. je pense. de Conclure de ce double fait que, pendant le siècle qu’a duré le royaume latin, la porte Dorée passait pour antérieure à la Passion de Jésus-Christ. D’ailleurs les Évangiles apocryphes mentionnent aussi la porte Dorée, et ces écrits-là ne sont certes pas postérieurs à Justinien, auquel on prétend attribuer la construction.
D'où lui est venu le nom de porte Dorée? J'avoue que je l’ignore ; mais je crois que des plaques dorées avaient recouvert les pieds-droits, lors de la reconstruction du temple par Hérode Ce qui semble plus certain, c'est) que la surface des pieds-droits est en retraite relativement aux chapiteaux; par conséquent ils ont été garnis de plaques de revêtement, ce qui d’ailleurs peut seul expliquer la pauvreté de leur appareil, pauvreté relative, cela va sans dire, en comparaison du véritable appareil salomonien.
Il n’est pas agréable de dessiner et de prendre des mesures à lasporte Dorée. Là, en effet, se trouve un cimetière mu-
sulman dont les tombes recouvrent fort mal les cadavres des
défunts, ce qui engendre la plus détestable puanteur. J'avais un jour déposé sur une de ces tombes carton, papier et CraYONS nas Je ndusMbienNvite déménager, ChASSÉN DARNIE mort dont J'utilisais la dernière demeure.
De plus, il arrive parfois que des femmes et des enfants viennent se lamenter sur les tombes d’un époux ou d’un père, et alors on est à peu près sûr d’être assaill à coups de pierres. J'en ai fait l'expérience, et ce n’est qu’en employant la langue arabe que je parvins à mettre un terme à cette ignoble agression. Comme je menaçai d’une plainte au pacha gouverneur, on prit peur, et par prudence on me laissa continuer tranquille-
ment ma besogne.
PÉNIPÉNR SE ESS NTSS PONT ON
ET
ÉEMTEMPPENDE NZ EROUPBABEL
ER ALOMON régna sur les Israélites de 1020 à 980 avant Jésus-Christ.
Il demanda au Pharaon d'Égypte la main de sa fille’; rélle lui fut accordée, et dès lors léroi-des Juifsrsetmit atexécutérilordre que
sons pere luiavait donné démCconstruire un
temple sur l'aire d’Arnan le Jébusite. Assuré par son mariage du concours de tous les artistes égyptiens dont il aurait besoin; d’un autre côté, les Phéniciens jouissant alors d’une grande réputation comme tailleurs de pierres, notamment les Djébélites, habitants de Byblos; 1l écrivit au roi Hiram, qui avait toujours entretenu des relations amicales avec David, pour lui demander les moyens d'élever à Jéhovah un sanctuaire digne de lui.
Voici la teneur de sa lettre, que le livre des Rois nous a
conservée :
« Tu as été l’ami de mon père David, et tu sais qu'il n’a
pi
DR Hnemmaisonsconsacrees alterne son biere à
cause de la guerre que lui ont faite ses ennemis, jusqu’à ce que
Dieu les eût mis sous la plante de ses pieds. Maintenant que l'Éternel, mon Dieu, m'a donné la paix sur toutes mes frontières, il n’y a plus d'obstacles à laccomplissement du dessein de mon père. Je veux bâtir un temple au nom de l'Éternel, mon Dieu, pour exécuter ce que l'Éternel a dit à mon père. Voici ses paroles : « C’est ton fils, que je mettrai à ta place sur « ton trône, qui bâtira mon temple .» Commande donc maintenant que, l'onrabatte des #cedres {danse ban -#eriquemes serviteurs soient avec les tiens, et je donnerai à tes serviteurs le PSalaire que ‘tu cexigeras, .car tu Sais qu'iln y a spersonue parmi nous qui s'entende à travailler le bois comme ies Sidoniens .»
Le rot Firam accuerllitéayechoremlanrequéte dé Salomon’#tet lui répondit: J'ai Compristec quettu n'as démande-4ete ferai selon ton désir, au sujet des bois de cèdre et de cyprès. Mes serviteurs les descendront à la mer, où je les ferai disposer en radeaux pour les envoyer à l’endroit que tu désigneras. Je leserai tdéposer terre, ‘et/tu “es emporteras MtHMMeNeRS plaisir en fournissant des vivres à ma maison. »
Hiram donna à Salomon autant de bois de construction qu'il en voulut, et Salomon fournit chaque année à Hiram vingt mille or de froment pour la nourriture de sa maison et vingt kor d'huile très pure. L’Éternel donna la sagesse à Salomon, comme il le lui avait promis; 1l y eut paix entre lui et Hiram, et les deux rois contractèrent une alliance durable.
Un détail important nous est fourni par le récit parallèle inséré au livre des Paralipomènes. Salomon priait le roi Hiram de lui envoyer un homme expert en l’art de travailler les métaux et les teintures, et qui fût en même temps un ciseleur habile. Hiram accéda à ce désir et écrivit à Salomon : « Maintenant je t'envoie un-homme' sage, intelligent, qui a été le serviteur demon père; tluest tres texpertudans lartde travailler Por,
l'Argént. l’airain, lewfer les pierres ledbois/atteinture/pourpre
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et bleue, et capable d'inventer ce dont tu auras besoin. Tout lebois du“Liban/quet je ferai couper pour toi, je l’enverrai à Japo (Jaffa) d’où tu le feras monter à Jérusalem. »
Aïnsi donc, l’art égyptien et l’art phénicien furent mis à contribution pour la construction du temple de Salomon.
Notons cependant que l'influence de la loi religieuse judaïque qui proscrivait toute représentation d'êtres vivants dut modifier essentiellement les habitudes artistiques des ouvriers égyptiens et phéniciens employés par Salomon, et engendrer un art hybride dont on doit démêler le caractère en face des œuvres purement judaiques.
Mais on peut affirmer a priori que cet art judaïque, tout en restant semi-phénicien, semi-égyptien, dut comporter un genre d’ornementation spécial, emprunté soit au règne végétal, soit à la combinaison pure et simple de la ligne droite et des lignes courbes.
Une multitude d'ouvriers fut rassemblée, et la préparation: des matériaux commenca.
leroifitextraire de grandes, pierres, pierres rares, pour la fondation du temple. Les maçons de Salomon, les maçons de Hiram et ceux de Djébel les taillèrent; Adoniram, l’habile maître que le roi de Tyr avait envoyé à Salomon, dirigeait et surveillait tous ces travaux.
Les travaux furent commencés dans la quatre-cent-quatrevingtième année depuis la sortie des enfants d'Israël du pays d'Égypte, dans la quatrième du règne de Salomon, au mois de Ziou (de la splendeur ou des fleurs), qui est le deuxième mois de lannée judaïque. Cette date correspond à lan 1016 avant l’ère chrétienne.
Les substructions, composées de blocs énormes, furent profondément encastrées dans le roc, afin de pouvoir supporter le poids de lédifice qui allait reposer sur elles, augmenté de celui
de toute l’ornementation qu’il devait recevoir.
Mais avant tout autre travail, il fallait établir une plateforme en partie artificielle , et nous allons voir, d’après le récit de Josèphe, comment cette condition de première nécessité fut remplie. |
Parlant des deux portiques élevés par Salomon et qui s’appuyaient contre ce qu'il appelle la grande muraille, l'historien
ee
des Juifs s'exprime ainsi
« Cette muraille constituait à elle seule un des ouvrages les plus gigantesques dont l’homme puisse entendre parler. Une colline rocailleuse et abrupte était située dans la région orientale de la ville; elle allait s’aplanissant légèrement jusqu’au sommet. Le roi Salomon, poussé par l'inspiration divine, entoura cette colline d’un mur à construction grandiose, commençant ce travailipar lenbas et à) partir du-piedimémelde lahauteur 1que longe au sud une vallée profonde. Il revêtit le flanc de la colline de blocs énormes reliés entre eux avec du plomb; cet ouvrage gigantesque continua ainsi à s'élever, les blocs employés remplissant à mesure tout l’espace vide, béant vers l’intérieur de l'enceinte ; si bien que l’étendue et la hauteur de la construction, qui présentait une masse quadrangulaire, étaient également effrayantes. On pouvait juger de l’immensité des blocs mis en œuvre, à voir la surface de la construction, dont l’intérieur, relié par des armatures de fer, constituait une masse absolument indestructible, et sur laquelle le temps ne pourrait jamais avoir d’action
« Ce travail ayant été poussé jusqu’au niveau du sommet même de la colline, celui-ci fut aplani, les cavités que présentait la surface comprise dans le grand mur d'enceinte furent comblées, toutes les aspérités du roc furent arasées, de sorte que l'enceinte devint une esplanade parfaitement plane. Cette grande enceinte avait quatre stades de circuit, chacun de ses angles se trouvant entre deux côtés d’un stade de longueur. A
l’intérieur, le sommet de la colline était entouré d’une autre
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muraille sur laquelle s’appuyait un double portique de ia même longueur que la muraille, et qui faisait face à l’entrée du temple bâti au milieu de cette enceinte, »
Le double portique oriental conserva le nom de portique de Salomon et ne fut détruit que lors du siège de Titus. Pendant le règne d’Agrippa IL, il était toujours debout, mais délabré. Agrippa fut supplié par les grands de la nation de le reconstruire; effrayé par la dépense énorme qu’aurait coûté un semblable travail, 1l refusa d’accéder à leur prière, et crut faire une merveille de compensation en pavant à ses frais les rues de Jérusalem. Les Évangiles nous apprennent que Jésus-Christ venait souvent dans le portique de Salomon pour y répandre la bonne parole.
C'est là, devant le portique, que se passa une scène délicieuse que nous lisons dans l'Évangile de saint Jean, et que je ne me pardonnerais pas de ne pas reproduire :
« Au point du jour Jésus était revenu au temple, et le peuple l’y avait bientôt rejoint; s’asseyant alors, 1l se mit à instruire ceux qui l’entouraient
« Les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en adultère, et la poussent au milieu des assistants. Ils disent à Jésus : «Maître, cette femme vient d’être surprise en flagrant « délit d’adultère; la loi de Moïse nous ordonne de la lapider; toi, « que dis-tu? » Ils lui adressaient cette question pour le tenter et trouver dans sa réponse un motif d’accusation. Mais Jésus, Soil utracen des lettiessSurtamternraveelerboutduidoist Ils réitèrent alors leur question, et Jésus, se redressant, leur dit : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le “prémier une pierre: » |
Mais revenons à la grande muraille du temple. Les dimensions données par Josèphe sont inadmissibles. Il assigne à chaque côté la longueur d’un stade (180 mètres), de sorte que
la plate-forme de Salomon aurait été rigoureusement carrée,
Mais le plus petit des côtés du quadrilatère, celui du sud, a 225 mètres de longueur, c’est-à-dire un stade et un quart; les trois autres sont plus considérables encore, et le plan de la plate-forme n’est pas un rectangle.
Dès mon premier séjour à Jérusalem, j'avais acquis la conviction que beaucoup de portions de la muraille, si imposantes par leur masse et par l’énormité des blocs de pierre qui y entraient, étaient de l’époque de Salomon. À ce sujet je fus accusé de légèreté, d'imagination tout au moins, surtout en Angleterre; puis, lorsque des officiers du génie de l’armée anglaise furent chargés d’explorer la Palestine, ce qu’on avait rejeté comme impossible, parce que cela venait de moi, fut prouvé à l’évidence par les faits les plus brutaux. C’est ainsi que des puits de sondage percés à l’angle sud-est du Haram-ech-Chérif ont fait reconnaître des assises de blocs absolument semblables aux assises placées au-dessus du sol, jusqu’à une profondeur de 22 mêtres ‘où levroc se montrait. Et'1l a bien‘fallu réconnaitre alors, devant ce mur de 42 mètres de hauteur, que j'avais eu raison, en suivant le récit de Josèphe, d’en attribuer la construction à Salomon.
Je lexrépète.ten bien tdéstpoints ide l'enceinte datHaram-eeh: Chérif, l’appareil énorme que j'ai appelé l'appareil salomonien se voit encore, et excite l’admiration bien légitime de ceux qui le contemplent.
Je me dispenserai de donner ici l’énumération détaillée de ces parties vénérables des murailles. [l en est deux cependant, à 12 mètres en arrière de l’angle sud-ouest, dont je ne saurais négliger de parler.
Sur la face occidentale du Haram, on voit en place trois rangs de magnifiques voussoirs qui ont incontestablement appartenu à l’arche d’un pont reliant, par-dessus la vallée profonde du Tyropæon, le mont Moriah à lescarpement oriental du mont
Sion, le long duquel courait une branche de lenceinte de David.