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LE TEMPLE: DE SALOMON

mon, rendons-nous compte de l'énorme quantité d’eau qu'il fallait amener dans les parvis sacrés pour les débarrasser du sang des victimes. [l fallait de vrais torrents pour enlever ce dont le pavé s’encombrait en quelques heures de solennité, et s’il existait des conduits pour amener ces eaux indispensables, on dut en créer d’autres pour les évacuer, pour maintenir le temple dans un état digne de la sainteté du lieu.

Le pâté de collines sur lequel la ville de Jérusalem était assise est d’un calcaire compacte, par conséquent les sources y sont rares et peu abondantes. On n'en connaît que quatre aujourd’hui, toutes les quatre dans le vallon du Cédron, et pouvant à peine suffire aux besoins de la population actuelle, qui ne dépasse pas vingt-cinq mille âmes. Mais de tout temps l’assiette de Jérusalem était criblée de piscines dans lesquelles venaient s’emmagasiner les eaux des grandes pluies de l’hiver, 1uctllesMsureles terrassessdes maisons, Peau vde”citernenest potable, sans doute, mais à la fin de l’été les citernes de Jércsalem donnent plus de moustiques que d’eau. De là, la nécessité d'établir des piscines, ces immenses réservoirs à ciel ouvert qui fonctionnent dans la ville sainte. Néanmoins, aucune de ces piscines n’était destinée au service exclusif du temple.

À quelques lieues au sud de la ville, 1l existait des sources très belles et très abondantes, à Étham principalement, sur la route d'Hébron. Salomon n'hésita point à doter sa capitale des eaux parfaites de ces sources. Dépenses certaines, difficultés deréeution.srien ne le fit, reculér:cet,ce projetiaussitot concu, fut mis à exécution. Trois immenses réservoirs furent taillés dans le roc vit, à des niveaux successivement inférieurs, de manière que le premier bassin, rempli directement par les sources à capter, déversât son trop plein dans le second, celui-ci son propre trop plein dans le troisième, à partir duquel un canaiaqueduc, recouvert de larges dalles, suivant les flancs des val-

lées et contournant les obstacles, amenait les eaux jusqu’à Jé-

rusalem. L'ensemble deces ‘trois réservoirs, "une vraie #merveille, se nomme parmi les chrétiens les Vasques de Salomon, parmi les musulmans El-Bourak (les étangs). Au moyen âge, une forteresse, le Qalâat-el-Bourak (château des étangs), fut construite sur le flanc nord du réservoir supérieur, pour protéger et défendre au besoin la prise d’eaa. C’est aujourd’hui la demeure de quelques hommes préposés à la garde des vasques, bien qu’elles n’envoiënt plus une goutte d’eau dans la ville.

L’aqueduc en question se montre sur la route de Beït-Lehem, dans le voisinage du tombeau de Rachel; là il m'a été désigné par les Arabes sous le nom de Qanat-el-Koufar (canal des infidèles ).

Ponce-Pilate, procurateur de Judée sous Tibère, s’empara d’une partie des trésors du temple, à la grande indignation du peuple juif, pour réparer l’aqueduc. Le sultan d'Égypte, El- Malek-en-Naser-Mohammed, le fit restaurer plus tard et y établit un système de tuyaux en terre cuite que l’on retrouve de temps en temps dans les parties découvertes et dégradées, lorsque lon suit le long trajet de l’aqueduc aujourd’hui ruiné.

Ce trajet, je me suis imposé la tâche de le reconnaître, et J'y suis parvenu, non sans peine. En voici la description. A partir de la vasque inférieure, les conduits longent pendant près d'une lieue kilométrique le flanc nord de la vallée d’Eurtâs. Grâce à l’eau abondante des vasques, mon premier hôte à Jérusalem avait établi là une exploitation de culture maraïîchère et d'arbres fruitiers qui fournissait à la ville des légumes superbes et des fruits médiocres; mais les bédouins y ont mis bon ordre, car je crois me rappeler que Meshulam et son fils ont été assassinés sur leur établissement agricole. Cela n’a pas empêché unasuccesseurncde Wenirereprendre , l'industrie, Sete

l'heure qu'il est les potagers et vergers d’Eurtâs sont en plein

rapport.

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Après avoir quitté la vallée, l’aqueduc remonte au nord en contournant de nombreux ravins, jusqu’à Beït-Lehem, sur une longueur de trois kilomètres. De là, il entoure cette illustre bourgade d’un lacet de près d’une lieue pour aller reparaître au nord à trois ou quatre cents mètres au plus du point où il s'était infléchi pour tourner le village, puis 1l remonte au nord pendant une lieue environ. Arrivé à un kilomètre au sud du couvent de Mar-Elias, il se dirigellvers le nord-est sur une longueur d’une demi-lieue, fait un nouveau contour de quinze cents mètres en redescendant au sud, et remonte ensuite au nord et au nord-ouest sur une étendue de cinq kilomètres. Là, il traverse le Birket-es-Soulthan sur un pont-aqueduc et fait le tour du mont Sion pour entrer dans les flancs de cette montagne. Il vient déboucher dans l’escarpement de roc qui dominait le Tyropæon à l’ouest du Haram-ech-Chérif. La soroRdelaqueduce ést encorettresubient conservée entce point, mais à partir de là il a presque complètement disparu. Je n’en aMetrOUvésqUu'uNL seul troncon’ aksec} avecises tuyaux de. terre cuite, au pied de la tour angulaire qui domine le ravin de Siloé.

On le voit, les eaux d'Étham, puisque l’aqueduc qui les conduisait aboutissait au temple, étaient spécialement destinées au service du culte.

Sous le péribole du temple ou, pour être plus exact, sous le sol de la plate-forme générale, se trouvaient de grandes citernes, taillées irrégulièrement dans le roc, et il n’est pas possible d’en donner une description intelligible. Je me bornerai à dire que la plus grande des cinq qui ont été signalées jusqu'ici se voit en aval de la mosquée d’El-Aksa, et que le plafond en est soutenu par une douzaine de gros piliers irréguliers qui ont été ménagés dans le travail de l’excavation.

Lorsqu'en 1863 je retournai à Jérusalem, j'avais à cœur de prouver que je ne m'étais pas trompé autant qu'on voulait bien le dire sur l’âge de l’appareil salomonien. Pour cela faire, je

voulais pratiquer une fouille au pied du mur méridional du Haram et la descendre jusqu’au point où je rencontrerais le roc. La nature et le caractères de, l'assise reposant. directement sur ce roc devait, de l’aveu de tout le monde, ou me donner raison ou démontrer l’inanité de ma théorie. En effet, il était probable qu'eüt-on remanié dix fois la maçonnerie de ces murailles, l’assise inférieure serait restée en place; car, lorsqu'on rase un édifice, on na pas la sottise d'en arracher les fondations pour le seul plaisir de les arracher.

Je ne saurais, en vérité, expliquer par quelle inspiration je me décidai à mettre mon équipe de travailleurs au pied de la Triple porte du sud. En ce point, sans m'en douter, je devais aboutir à une heureuse découverte. À quelques mètres à droite ou à gauche, je me fusse laissé enterrer avec mon monde sous des éboulements inévitables sans arriver à mes fins, car, il ne faut pas l'oublier, c’est en perçant un puits de plus de 20 mètres de profondeur que les officiers anglais sont arrivés au roc et à l’assise qui reposait sur lui, assise dont la nature me donnait raison.

Je renonce à raconter les péripéties par lesquelles il me fallut passer pour obtenir, même avec mon firman du grandvizir, lautorisation d’entamer Îe terrain au pied du Haramech-Chérif. Il fallut l’active intervention de mes amis musulmars pour forcer le scheikht de la ‘secte Schañ. ‘à se désister de l'opposition violente qu'il faisait, auprès du pacha, à l’exécution de mon projet. Ses coreligionnaires finirent par le convaincre que je n'avais d’autre but que de mettre en honneur les travaux de Salomon, et il n’éleva plus d’objections. Un effendi fut chargé de surveiller mes travailleurs, que dirigeait un des zaptiés du Serai. Avec des cigares, de bonnes paroles et des pièces sonnantes, tout le monde, y compris le propriétaire du terrain, m'était acquis. Je savais que tout irait bien.

Dès les premiers coups de pioche, le rocher était trouvé; on

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avait découvert un puits fermé par de grosses pierres, jetées les unes surlesrautrés.

La base de la Triple porte fut alors entièrement déchaussée sur une étendue de plus de 20 mètres; et la grande assise que javais appelée salomonienne reposait directement, par des joints d’une grande perfection, sur le roc. Le bloc à moulure était dans la même condition; jamais il n'avait été dérangé depuis sa mise en place; des sondages poussés à gauche jusqu’à 10 mètres plus loin me donnant le même résultat, je m'en tins [4 Quelques mètres encore,et je fusse-arrivé sur cette énorme couche de remblais, de plus de 20 mètres, qui me séparait du roc.

Maintenant, disons ce que cette fouille m'apprenait de nouveau. Devant les trois portes avait régné un immense palier, parfaitement nivelé, et formé tantôt de dalles rapportées de 30 centimètres d'épaisseur, tantôt de la surface même du roc, nivelée au ciseau. Deux grands lambeaux du palier étaient en excellent état de consérvation, et sur l’un. d'eux avait été tracée Wrémablétdetchatrandi, sespécetdèteurdécnees qui dé tout temps a été très en vogue parmi les Arabes.

Arrivons au puits. Celui-ci fut dégagé, et mon ami Salzmann, plus agile et plus mince que moi, put y descendre à l’aide de cordes et avec des bougies. Le puits avait 4 mètres 50 de profondeur et aboutissait à une galerie de plus d’un mètre de hauteur sur 6o centimètres seulement de largeur, taillée en tunnel dans le roc, ou formée ailleurs de gros blocs de revêtement et de toit. Fortement inclinée, elle se dirigeait d’un côté au nord-nord-ouest, vers l’intérieur du Haram-ech-Chérif, de l'autre au sud-est, en se bifurquant sur une longueur de 4 mètres 50. Là les deux branches se rejoignaient et formaient une shentieMéhambrer carrée ide. mètresr dé"côté, Mawpartirode laquelle la bifurcation recommencçait en s’inclinant au sud. La branche de l’ouest était presque immédiatement close par des

blocs de toute nature qui s'y étaient entassés; la branche de

l'esttallait vers Siloé, mais à 5 =métres “elle était, “commetla première, obstruée par des blocs de pierre accumulés, et dont quelques-uns portaient des moulures.

De la petite chambre carrée remontait vers le Haram-ech- Chérif une seconde galerie dirigée au nord-nord-est, large de plus d’un mètre et munie d’une rigole rectangulaire destinée à l'écoulement ‘de l'eau" MondderCettetrisole Ncommenessal des diverses galeries, était tapissé d’une croûte de concrétion calcaire d’un blanc éclatant, très friable, et qui criait sous les pieds comme de la neige gelée.

Une troisième galerie fut rencontrée recoupant la première et dirigée, comme elle, d’un côté vers l’intérieur du Haram, de l’autre vers la vallée du Cédron.

Maintenant, je demanderai à quoi ont pu servir ces galeries compliquées, si ce n’est à évacuer du sanctuaire les eaux de lavage des saints parvis ? |

Lorsque les officiers anglais arrivèrent à Jérusalem, leur premier travail fut destiné à contrôler ce que j'avais publié sur mon exploration du pied de la Triple porte. Je ne sais s'ils avaient mission de rechercher et de signaler ce que j'avais pu mettre de lfantaisie dans Metrécitrdèimes fouillés:imas ?ce que jéssais Mbiens”ic'eétraquils eeutentula Aloyaurénde décliner dans un de leurs premiers rapports, qu'ils avaient, en recommençant mes fouilles, vérifié l’exactitude de toutes mes observations.

J'arrive aux prétendues Écuries de Salomon.

Une ‘seule seritrée y. donnait hacces sen MS65 Met éitTonn véritable casse-cou. Aujourd'hui, on n’y pénètre plus; un pacha intelligent, furieux de ce que quelques jeunes hommes, désignés pour la conscription, étaient allés se cacher dans ces magnifiques substructions, a fait fermer le trou qui y conduisait. Il est vrai qu’un autre pacha peut le faire rouvrir quand

il en aur4 la fantaisies tret Cette “fantaisie. «si elle n'est déà

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venue, viendra infailliblement, le jour où quelques centaines de francs, argument péremptoire en ce pays, y seront employées.

En s’aidant des saillies étroites étagées le long de la paroi verticale du mur, et d’un petit arbre qui avait eu la bonne idée de pousser dans linterstice de deux assises, on finissait par arriver, tant bien que mal, sur un talus de décombres et de terre qui menait au fond du souterrain.

Ces souterrains sont splendides, fort anciens sans doute, mais ils ont été soumis à bien des remaniements. Des rangées de hauts piliers carrés, dont les quatre faces sont à bossages, supportent des voûtes en plein cintre, d’une antiquité médiocre. Mhidque pilièr est muni, sur Fune,de, ses’ arêtes 1 d’un ‘anneau Pré dans lib pierre, et quisar dû vServirs à passer le: licou d'un cheval ; de là, le nom d’Écuries de Salomon, que le vulgaire donne à ces substructions. Que les Templiers aient eu là leurs écuries, cela ne me paraît guère douteux; cependant les piliers sont de beaucoup antérieurs à l’époque où les Templiers étaient installés dans le Haram-ech-Chérif.

Il y a un assez grand nombre de travées parallèles (quinze, je crois), toutes constituées de même; Le sol en est devenu onduleux, grâce aux terres et aux décombres qui s’y sont accumulés. Ce qui frappe surtout, c’est l'immense quantité de petits tas pyramidaux de pierres que les musulmans y empilent en témoignage de leur visite. Quand on approche de la muraille denl'enceinte extérieure, soit aù sud. soit à! l’est, on voit les blocs énormes de l’appareil salomonien étagés les uns sur les autres, mais cette fois sans apparence de taille; en d’autres termes, à l’intérieur, les blocs salomoniens n’ont pas été parementés. À quoi bon, en effet, se donner un surcroît de travail pour tailler une face destinée à être enfouie à jamais dans les terres.

L’angle sud-est constitue un massif homogène, compact,

et d’une solidité à toute épreuve; aussi est-il naturel qu'à l’ex-

térieur du Haram ce soit cet angle sud-est qui présente le morceau le plus admirablement conservé de ceux qui subsistent encore de l'enceinte primitive.

Dans cet angle massif a été ménagée une petite chambre que l'on appelle le Berceau du Christ, parce qu’il s’y trouve une énorme pierre taillée en niche, apportée là depuis un temps fort reculé, et dans laquelle les bons musulmans affirment que Jésus, fils de-Marie, atéré.berce.

Quoi qu'il en soit, cette chambre date de la construction même de l'angle; par conséquent elle est l’œuvre des ouvriers

de Salomon. Hu Salomon 44

Maintenant que nous avons passé en revue tout ce qui Subsiste encore et que l’on puisse rattacher à l’ancien temple, il ne nousireste, à dire equ'une #seule chose Acer iqu'iImPpeTrRetr l'incendie en 588, lors de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor.

Le second temple, construit par Zeroubabel, fut commencé sous Ale règne. de Darius anis nd EYES SpeEL ro Ie eD er C On rebâtit d’abord l'autel des holocaustes (521 avant Jésus- Christ), et six mois après, les fondations du temple proprement dit furent posées. A la fête d'actions de grâces, plusieurs des prêtres, “des Uévités,L desuchefs Hdetfamille, Mdesnwrerllards qui avaient vu le premier temple, se lamentaient à haute voix en souvenir de sa splendeur à jamais perdue, tandis que le reste de l'assistance poussait des cris de joie. Le nouveau sanctuaire fut achevé dans la sixième année du règne de Darius (515 avant Jésus-Christ). Sur lui, nous ne possédons qu’un seul renseignement, dans un passage d’'Hécatée que Josèphe a copié dans son livre contre Apion. En voici la substance : « À Jérusalem, vers le milieu de la ville, se trouve une enceinte de pierre, longue d'environ 5 plèthres (le plèthre est le sixième du stade, c'est-à-dire 31 mètres), large de 100 coudées, et dans laquelle

s'ouvrent des portes doubles. Là se voit un autel carré, bâti

LÉCREMPLE DER SALOMON ZX

en pierres blanches non taillées, de 20 coudées de côté et de 10 de haut. En outre de cet autel se voit un grand bâtiment qui contient un autel et un candélabre d’or du poids de, 00 talents our lun et l'autre tbrille "üun/feu-sacré qu'on ne laisse éteindre ni jour ni nuit. Point de statues, point d’offrandes, pas de plantes, pas de bosquets, rien enfin qui soit emprunté à un culte différent. »

Dans un second passage du livre contre Apion, Josèshe

nous apprend que les portes du temple avaient 7 coudées de

. hauteur sur 20 de largeur, qu’elles étaient entièrement dorées

et I ur ainsi dire d’or massif,

C’est ce temple que profana Antiochus Épiphane, roi de Syrie, lorsqu'il pollua l’autel des holocaustes en y faisant immoler des porcs.

Le temple de Zeroubabel resta debout jusqu’à la dix-huitième année du règne d’'Hérode {24 ans avant Jésus-Christ).

L'Écriture sainte nous dit qu’un endroit spécial était destiné à recevoir l’accumulation des cendres provenant des sacrifices, et cette accumulation devait être considérable.

Un passage du prophète Jérémie, le même qui nous a déjà

servi, Contient sur ce sujet un renseignement qui n’est pas à

dédaigner.

« Il viendra, dit Jéhovah (c’est le prophète qui parle), un temps où cette ville sera rebâtie depuis la tour Hananéel jusqu’à la porte de l’Angle, et toute la vallée des Cadavres et RENTE Net toUuS Is pChamEsmvers mm valÉe deco jusqu’à l’angle de la porte des Chevaux, à l’orient, tout sera consacré à Jéhovah; rien n’en sera plus renversé ni détruit. »

Qu'est-ce que la vallée des Cadavres ? D’après le texte chaldéen, il s'agissait de la vallée où sont tombés les Assyriens pendant la nuit fatale où l’ange exterminateur détruisit l’armée de Sennachérib. Josèphe sait que le camp des Assyriens se

trouvait sur la colline de Bezetha, devenue l'assiette de la ville

72 JÉRUSALEM ie neuve par la construction de la troisième enceinte. Occupét À . par une armée innombrable comme celle de Sennachérib, ce #* camp devait s'étendre bien au delà de l’enceinte actuelle, et nul doute qu’il n'ait couvert toute la plaine, jusqu'aux énormes amas de cendres existant de nos jours.

En effet, lorsqu'on sort de Jérusalem par la porte de Damas, si l’on prend la route de gauche, qui longe le pâté de rochers sur lequel s’éleva l’église de Saint-Étienne, on arrive bientôt à des monceaux de cendres, constituant un véritable groupe de collines; cendres de fabricants de savon, dit la voix publique; cendres animales, dit Liebig, le célèbre chimiste, dont personne n'oserait nier la compétence.

Je m'étais promis de me munir, pendant mon séjour à Jérusalem, d'échantillons de ces cendres, pris à diverses profondeurs, afin de les faire analyser à mon retour; je n’y ai pas manqué. Une fouille a été pratiquée sur le flanc de l’amas le plus considérable, et trois spécimens ont été recueillis. À ce moment je ne doutais plus guère de l’origine des collines, je les attribuais au dépôt séculaire des restes des -holocaustes; mais depuis j'ai retrouvé des amas tout à fait analogues auprès de Naplouse, et mes doutes sont revenus. Les trois analyses exécutées au laboratoire de l'École des mines ont donné des résultats peu différents. L’acide phosphorique, qui devrait abonder dans les cendres animales, est ici en faible proportion; mais il se peut que les pluies de l’hivernage, si intenses à Jérusalem, l’aient dissous. |

J'ai fini de rassembler mes souvenirs concernant le temple de Salomon; je puis donc passer à la troisième construction, au temple d’'Hérode.

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