‹ JérusalemChapitre 23 sur 81 · LE HARAM-ECH-CHÉRIF · texte numérisé non relu

LE HARAM-ECH-CHÉRIF

vu dans le pavé une plaque de jaspe dans laquelle le prophète lui-même avait planté dix-neuf clous d’or, représentant les dixneuf siècles que l'univers avait encore à passer jusqu’à la fin du monde, ce qui mettrait celle-ci vers l’an 2500. A lä fin de chaque siècle, un des clous se détache tout seul, et va consolider le trône d'Allah. Le diable, que l’on n’a pas surnommé pour rien le malin, se faufila un jour dans la Qoubbet-es-Sakhrah et se mit à l’œuvre pour arracher le plus possible de css clous, afin d’accélérer la fin du monde. L'ange Gabriel le sure prit occupé de cette besogne, le rossa d'importance, et le chassa pour toujours. Comme il ne reste plus que trois clous et demi,

le monde en a encore pour trois cent cinquante ans.

J'ai dit que pour les musulmans la roche sacrée était suspendue en l'air : elle n’a pour support qu’un palmier invisible soutenu par la mère de Mohammed et celle d'Ayssa (Jésus): Mahomet et Jésus étant les deux plus grands prophètes.

La partie de la Sakhrah qui est en saillie au-dessus de l’escaller conduisant à la salle du Puits des âmes se nomme El- Lissia, la langue.

Voici pourquoi. Lorsque le khalife Omar eut retrouvé la roche sainte, il s’écria : « Salut à toi! » et la roche, ne voulant pas être en reste de politesse, répondit : « Sur toi le salut! » On n'est pas mieux élevé.

Quant au puits des âmes, il mérite bien ce nom, puisque chaque semaine, du dimanche au lundi, et du jeudi au vendredi, les âmes des musulmans se réunissent dans ce puits pour y adorer Allah.

Près de la porte du sud (Bab-el-Kibleh), on voit, encastrée dans la muraille, une plaque de marbre dont les veines représentent, pour les croyants, deux oiseaux. Lorsque Salomon eut achevé la construction du temple, il voulut que tous les êtres vivants vinssent devant lui pour reconnaître sa suprématie et

lui rendre hommage, en apportant un tribut. Le lion offrit sa

crimérésl'éléphaänteses défenses Ml'autruche ses Plumes seuls: les petits oiseaux, poussés par une pie impie, refusérent d’obéir. « Que voulez-vous qu'il puisse vous faire? disait la pie à ses amis. Vous vous envolerez, et il ne pourra vous atteindre. » Salomon, qui parlait toutes les langues, même celle des oiseaux, devina la chose. Il convoqua de nouveau toutes les bêtes de la création, bien décidé, cette fois, à surveiller la pie. Les oiseaux se réunirent près de la Sakhrah afin de se Concerrertsuees qu'il y avait à faire. Deux pies au lieu d’une prirent la parole successivement, et osèrent insulter Salomon et son temple. Mais le roi, qui les avait entendues, se montra alors et les condamna à rester pétrifiées, comme esclaves attachés au temple, jusqu’à la fin du monde.

Elles y sont toujours.

Enfin, au sommet de la muraille orientale, entre la porte Dorée et l’angle sud-est, on aperçoit un fût de colonne couché et fortement en saillie sur le mur. C’est de là que part le fameux pont Es-Sirath, dont le tablier est un peu plus étroit que le tranchant d’un rasoir, et sur lequel il faudra passer au jugement dernier. Les justes, soutenus par les anges, franchiront le pont sans embarras ; les méchants seront abandonnés à eux-mêmes et ne manqueront pas de tomber au fond de la vallée de Josaphat, d’où ils gagneront l'enfer.

A une petite distance, devant la porte orientale, s'élève un charmant petit oratoire rond entouré d’un portique, et qui s'appelle Qoubbet-es-Selseleh, coupole de la chaîne. La plateforme n’est qu’une esplanade taillée dans le roc, et pavée de dalles de marbre. On y accède par plusieurs rampes d’escaliers, dont deux sont sur la face nord, trois à l'occident, deux au midi, deux autres sur la face orientale. Des arcs, soutenus par des colonnes, se dressent au sommet de chacun de ces escaliers.

Au nord de la plate-forme et à gauche de la première porte

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