LA MAISON DES ASMONÉENS
E palais des princes juifs de la dynastie des D) Asmonéens, c’est-à-dire des princes Macchabées, occupait une place différente de celle où le palais d'Hérode fut construit plus tard.
ll ? En eflet, nous trouvons dans l’Æistoire
ET; Ce de la guerre judaïque de Josèphe un passage oi | qui précise la situation de cette demeure. Après le massacre ordonné par le procurateur de la Judée
Gessius Florus, la population entière vint trouver le roi
Agrippa IL, et le supplia d'envoyer une ambassade à Néron afin
d'obtenir la destitution de Florus, et son remplacement par un
procurateur plus équitable et plus humain. Cette requête mit
Agrippa dans un grand embarras. Il convoqua le peuple au
Xystus, et là, en présence de sa sœur Bérénice qu'il avait
placée sur la terrasse du palais des Asmonéens, il adressa une
harangue à la foule. L’historien a eu l’heureuse idée de préciser l'emplacement du palais, en disant qu'il était situé audessus du Xystus, faisant face à ce qui était opposé à la ville
haute, et qu’un pont reliait le Hiéron au Xystus.
Aujourd’hui cette indication topographique est claire cemme le jour. Le pont désigné, c’est celui dont nous voyons les restes de la première arche à l’angle sud-ouest de l’enceinte du Haramech-Chérif. Le Xystus se trouvait au delà du ravin du Tyropœon que traversait le pont. Sur la crête du mont Sion, partout où le roc vif ne forme pas une face d’escarpe bien continue, le roc est encore couronné de constructions particulières, dont quelques-unes recouvrent certainement l’emplacement du palais des Asmonéens.
C’est sous le procuratorat de Porcius Festus que le roi Agrippa fit construire, près du Xystus, dans le palais qui avait été autrefois la résidence des rois asmonéens, un grand bâtiment d'où l’on jouissait de la vue la plus agréable, grâce à sa situation sur un point élevé. De là, le roi, étendu dans le triclinium, pouvait voir ce qui se passait dans l’enceinte du temple. Dès que les hauts personnages de Jérusalem se furent aperçus du fait, grande fut leur irritation, car la loi ne permettait pas, lorsque les cérémonies sacrées avaient lieu, que des regards indiscrèts pussent suivre ce qui se faisait dans le sanctuaire. En conséquence, une haute muraille fut construite au-dessus de l’exèdre occidentale qui couvrait le hiéron; cette muraille, une fois achevée, interceptait la vue du haut du triclinium royal, et en même temps celle dont usaient, du haut du portique extérieur, les troupes romaines qui y étaient de garde aux jours de fête.
Une telle disposition déplut grandement au roi Agrippa, mais irrita surtout le procurateur, qui donna l’ordre de démolir la muraille. Les grands de la nation demandèrent alors qu’il leur fût permis d'envoyer une ambassade à Néron, pour lui soumettre le différend; dix personnages de distinction, à leur tête le grand prêtre Ismaël et le trésorier du temple, composèrent la légation. Néron les accueillit favorablement et, grâce
à l'intervention de l’impératrice Poppée, non seulement leur