ET MARIAMNE
,A tour Hippicus était à la fois le point de
départ des branches septentrionale et occidentalenderFénceintetde David, ét dé cette branche de la troisième enceinte qui s’étendait vers le nord-ouest jusqu’à la tour Pséphina. Près de la tour Hippicus, on en voyait deux autres qu'Hérode avait fait construire sur la muraille antique. Ces trois citadelles surpassaient en grandeur, en beauté et en solidité toutes celles qui existaient dans Mermonde WFérode leurédonnatiestnomsndes trois per sonnes qu’il avait le plus tendrement aimées, à savoir : Hippicus son ami, Phasaël son frère et Mariamne sa femme. Hippicus était mort en combattant pour le roi; Phasaël, pri- SOnattrdesMhParthes,, s'étaitubrisénla tête contrevleshmurstdée son cachot pour se soustraire au supplice que lui réservaient ceux qui l'avaient traîtreusement attiré dans un 1et-apens ;
enfin la reine Mariamne avait été mise à mort par l’ordre de son
mari, poussé par son amour pour elle, dit naïvement Josèphe.
Nous ne nous ‘occuperons pas plus longuement des deux premiers: mais, puisque l’occasion s’en présente, racontons comment le monstre qui s'appelait Hérode donna cette su-
prême preuve d'amour à sa bien-aimée Mariamne.
Déjà une fois, Hérode avait dù comparaître devant Marc-
Antoine pour se justifier du meurtre du grand prêtre Aristobule son beau-frère, et, en partant, 1l avait chargé son oncle Joseph de tuer Mariamne, s'il ne parvenait pas à fléchir à force d’or le courroux du juge. La raison invoquée par lui pour justifier ses instructions secrètes, était qu'il adorait sa femme, qu'il ne pouvait supporter la pensée que, lui mort, un autre homme l'aimerait et s’en ferait aimer. Pendant l’absence d’'Hérode, Joseph eut la maladresse de confier à la reine les ordres secrets qu’il avait recus. On: devine quel effet produisit sur Mariamne cette confidence inattendue.
Hérode ne s'était pas trompé lorsqu'il avait compté sur la
cupidité d'Antoine pour obtenir sa grâce. Il revint donc plus
puissant et plus sûr que jamais de l’amitié et de la protection
du maître.
A son retour, sa sœur Salomé crut le moment venu d’assouvir la haine qu’elle portait à la jeune reine, fille des Asmonéens, et qui bien des fois lui avait jeté à la face la bassesse de son origine. Salomé dit à son frère que pendant son absence Joseph, qui était son propre mari, avait entretenu des relations coupables avec Mariamne. Exaspéré, Hérode se contint cependant et interrogea celle-ci. Elle répondit à toutes les questions avec le ton qui n'appartient qu'à ceux qui n'ont rien à :se réprocher,heilebien/ique fpeulà Per MamConHancesrentnt dans le cœur du roi. Pour cette fois, Mariamne était sauvée; mais Joseph paya de sa vie la confidence qu’il avait faite
à |la reine.
Peu après, Octave devenait maître du monde, et Marc-An-
v+ Ed L
TOURS HIPPICUS, PHASAEL ET* MARIAMNE 35 toine périssait sur la plage ‘égyptienne. Hérode, qui avait été l'ami le plus dévoué de celui-ci, se crut perduæ. Il comprit qu'il fallait comparaître humblement devant le nouveau César, et se
décida à partir, confiant dans son habileté ordinaire pour se
tirer d’un pas si dangereux. Il avait deviné juste; le discours
quil adressa à Octave, après s'être dépouillé des insignes
royaux, lui valut le pardon et la faveur du nouveau maître.
Cette fois encore, Hérode, en partant, avait laissé pour
‘instruction secrète, à deux de ses fidèles, Joseph l’intendant du
palais, et un Ituréen nommé Soëm, l’ordre de tuer Mariamne étrmémerssar méremAlexandra dansvle: cast oui Gi arriverait malheur.
Soëm , comme Joseph l’oncle d'Hérode, finit par succomber à la tentation de révéler l’ordre qu'il avait recu. Alors Salomé pensa que le moment était venu d’agir, et elle accusa Mariamne d’avoir voulu empoisonner le roi. Celui-ci fit mettre à la torture un eunuque confident et serviteur de Mariamne, et, vaincu par la douleur, ce malheureux se laissa aller à dire que la haine de la reine n’avait d’autre cause que les confidences qu'elle avait recues de Soëm. Il n’en fallait pas plus pour persuader au roi que Soëm avait été l’amant de Mariamne; il le fit égorger sur l’heure, et forma un tribunal de ses amis les plus intimes pour juger la reine, qu'il accusait de l'avoir déshonoré, d'avoir voulu l’empoisonner à l’aide d’un philtre.
La reine fut condamnée et conduite au supplice.
Eh bien ! à cette reine, si odieusement assassinée, ce mari si tendre emprunta le nom de l’une des belles tours qu'il fit bâtir.
Hâtons-nous de quitter les horreurs de l’histoire juive, et revenons à la topographie de Jérusalem, qui seule nous intéresse dans ce moment.
La tour Hippicus était quadrangulaire; chacune de ses faces
avait 25 coudées de largeur.
126 JÉRUSALEM SU Dans un massif haut de 30 coudées était un puits, rofond :
au-dessus, une construction à ‘deux étages, divisée en chambres
et couronnée de créneaux, de sorté « que la hauteur ss s’éle-
vait à 8o coudées (42 mètres). Mais ces” chiires | ne sont peut-
être pas rigoureusement exacts. « à + NO LES
La seconde tour, dite de Phasaël, mesurait 0 tes | s À À,
hauteur et de largeur; jusque-là elle était SU > PL
montée d’un portique crénelé. Au milieu du portique se dressait une autre tour divisée en chambres, avec une salle de bain; rien ne lui manquait pour ressembler à une habitation royale. La hauteur totale était de 90 coudées (47 mètres ab) On la comparait au phare d’Alexandrie, bien que ses dimensions fussent plus considérables.
La troisième tour, nommée Mariamne, restait massive jusqu'à une hauteur de 20 coudées. Les appartements qu’elle supportait étaient plus magnifiques encore et plus ornés que ceux des deux constructions précédentes. Enfin, sa hauteur totale était de 55 coudées.
La situation même de ces tours leur donnait l’apparence d'être éplus hautes qu'elles ner létiénrmréellement ÆEnthteletr le mur antique dont elles faisaient partie avait été établi sur une colline élevée qu’il dominait, et les pierres employées pour la maçonnerie étaient d’une grandeur étonnante. Il y avait là des blocs d’une espèce de marbre blanc ayant 20 coudées de
long, le tout si bien appareillé et jointoyé, que chaque tour
paraissait n'être qu'un seul rocher naturel, qui aurait été taillé
et faconné de main d'homme.
Jusqu'à mon second séjour à Jérusalem, j'avais partagé l’erreur assez générale qui de la tour de-David faisait la tour Hippicus d'Hérode, mais je n'avais pas admis un seul instant que ce pût être là une œuvre des architectes d'Hérode. On va voir comment je suis revenu de cette erreur.
Le 25 novembre 1863, il m'était enfin permis de pénétrer
ff
te”
TOURS HIPPICUS, PHASAEL ET MARIAMNE 127
dans le Qaläah ou château den Pisans, citadelle actuelle de Jérusalem, et d'étudier à mon aise L masse imposante nommée par tout le monde tour de David.
L'offcier | commandant de place nous attendait, mes compagnoï et moi, ct la plupart Se hommes du poste furent mis à
Fait Mb pion pour nous aider dans ce que nous voudrions
er ÉG:
Nous commençâmes par visiter l’intérieur de la citadelle, qui est encombré de masures sans forme et sans nom, croulant de toutes parts, et auxquelles personne ne songe à faire la moindre réparation. On monte, on descend, on remonte, on redescend, sans deviner pourquoi, afin d'aller on ne sait où. Je n’apercçois rien d’antique dans tout ce tohu-bohu de décombres. Il y a bien
à la porte d’un certain magasin à poudre, confié à la garde de Dieu, deux fûts de colonne en maleki, c'est-à-dire en belle pierre du pays, mais c’est tout. Comme ils ne sont pas venus là tout Souls net qu'atcoupsirmcenensontipas tes liurcstquimis sont taillés et apportés, 1l faut admettre que ceux-ci les ont trouvés sur place et les ont utilisés avec le goût et l'élégance qui les caractérisent.
Il va sans dire qu’en affirmant qu’il n’y a rien d’antique au
Qalâah que les deux fûts de colonne du magasin à poudre, j'ai fait une restriction en faveur de la tour de David. Celle-là, certes, est antique, et nous y reviendrons tout à l'heure.
Dès qu’on a franchi la porte de la citadelle, on se trouve dans un premier vestibule adossé à la tour, dont l’angle sud-est forme la face de droite du vestibule. Au delà, on entre dans une jolie petite salle pentagonale avec coupole bien appareillée. Deux des côtés du pentagone sont pleins; les trois autres ouvrent chacun sur une ruelle différente par laquelle on entre dans le chaos des masures dont j'ai parlé.
Notre première visite fut naturellement pour la tour de
David. C’est la plate-forme de cette tour qui porte le drapeau
128 JÉRUSALEM J4 de, 6 4
2 * . nCé à M e .… des Osmanlis et les deux ou trois £anons détraqués qui servent de temps en temps à: “exécuter des stlves-d'honneur, au,-grand péril des. artilleurs. Du haut ‘de. la tour on jouit d’une vue splendide . sur Jérüsalem ét ses. énYirons. Toute la base de lédificexconstitue un massif sans aucun vide intérieur. Je me suis laissé conter qu ’Ibrahim- Pacha; pendant qu'il était maitre de Jérusalem, avait pet des. recherches afin de s'assurer de l'existence ou de la non- -existénce d’un vide qu il soupçonnait et où il comptait bien découvrir quelque trésor. Il n’arriva à rien, et renoncça à l’opération.
Du reste, Ibrahim-Pacha n'avait là qu’un accès d’une maladie endémique dont sont atteints les Orientaux, du plus petit au plus grand. Un étranger semble-t-1l prendre quelque intérêt à considérer un bloc de pierre, fait-il un trou quelque part dans l’espérance de déterrer des antiquités, tous les assistants sont à l'instant saisis d’une seule et même pensée : dans le blocide’ipierre, al \ 83#de l'or; fau ond (du trou ml trésor caché. De là, les entraves incessantes que les autorités turques mettent à toutes les fouilles entreprises dans un but qu'ils ne veulent pas croire purement scientifique. Je parierais volontiers que le Grand Turc partage lui-même cette croyance nationale,
À ce sujet, il me souvient qu’il y a vingt-cinq ans, me trouvant sur le bord de la mer à Beyrouth avec un de mes amis, l’abbé Michon, nous découvrimes que le chemin recouvrait presque à fleur de terre une mosaïque grossière, formée de cubes irréguliers. Je l’examinai avec soin, pensant que j'avais sous les yeux un spécimen de l’art phénicien primitif. Le lendemain, au point du jour, le brave abbé était retourné sans rien me dire à la fameuse mosaique, et, à l’aide de ses outils d’herborisation, il parvenait à arracher une large plaque de ce pavé antique, qu’il rapportait triomphalement sur
son dos, à l'hôtel que nous habitions. Naturellement, cette
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à À ‘ TOURS HIPPICUS, PHASAEL ET MARIAMNE 129 petite expédition archéologique, bien qu'alors elle se fit en dehors des murs de Beyrouth, avait eu des témoins, et chacun fut bien convaincu que l'abbé cherchait un trésor qu'il savait être caché là, parce qu'il l'avait le dans. lrablirresmC'etiliex pression consacrée. Les plus avisés ne perdirent pas un instant, et coururent au Serai avertir le pacha den sespressemsuMre voulait pas voir le trésor enlevé à son nez et à sa barbe, par des chiens de chrétiens. Le pacha ne se le fit pas répéter. Une compagnie d'infanterie, commandée par un capitaine et par un lieutenant aussi intelligents que le pacha, fut conduite sur place, et, en. moins d'une heure, la pauvre mosaïque était découverte, dépecée en mille morceaux, et à jamais détruite.
Ibrahim-Pacha obéissait donc à son instinct en faisant sonder le- massif de la tour de David; mais au moins, cette fois, le sondage avait un bon résultat, celui de constater que la tour, telle qu'elle est aujourd’hui, ne présente plus qu’une masse compacte et sans le moindre vide intérieur.
Interrogez les braves chrétiens qui vivent à Jérusalem, ils vous diront tous imperturbablement que c’est du haut de cette tour que le roi David vit pour la première fois Bersabé, se baignant dans la piscine nommée Birket-es-Soulthan, qu'il n'est pas possible d’apercevoir de là, qui d’ailleurs n'existait pas encore, et qui, si elle eût existé par hasard, aurait eu pour les baigneuses le désagrément de les montrer à tout venant.
Au-dessus du massif antique, existe une salle qui semble avoir été une chapelle chrétienne; maintenant elle sert d’oratoire aux musulmans de la garnison.
Une fois les mesures prises dont nous avions besoin, nous avons Gite la tour de David pour aller visiter et mesurer la tour sur laquelle s'appuie l'enceinte actuelle. On se rappelle que la tour Hippicus servait de point de départ à cette troisième muraille; il y a donc une forte présomption en faveur de
wi
l'identification de la tour avec l'Hippicus antique; identification à laquelle la tour de David n'aurait plus aucun droit.
Mais voici qui est plus et mieux qu’une présomption. La tour Hippicus, suivant la description qu’en donne Josèphe, contenait un puits profond. Or il n’y a pas de puits à la tour de David, tandis qu’il y en a un très beau à la forteresse sur laquelle s'appuie la muraille d'enceinte. D'ailleurs, nous donnerons tout à l’heure une autre preuve tout aussi convaincante, pour justifier nos vues.
Restait à visiter la troisième grande tour du Qalâah. De la plate-forme de celle-ci, une ouverture carrée permet de pénétrer du regard dans une salle condamnée, et qui paraît a une très grande profondeur. Sur le sol de cette salle basse, on aperçoit comme un énorme tas d’échalas couverts de poussière; ce sont des fusils qui ont été jetés là par l’ordre d’Ibrahim-Pacha, lorsqu'il eut fait exécuter le désarmement des bons bourgeois de Jérusalem. Voilà ce que l’on peut appeler une salle d'armes d’un nouveau modèle.
Disons tout de suite qu'il résulte des mesures que nous avons recueillies, qu'il y a identité de place entre les tours actuelles du Qalâah et les tours Hippicus, Phasaël et Mariamne.
Des trois citadelles antiques, il ne semble être resté que le massif de la tour de David, et le puits de la tour la plus éloignée vers le sud. Celle-ci, c’est-à-dire la forteresse qui renferme le puits, a la place et les dimensions de la tour Hippicus.. Lairseconde;«.sauf la partie supérieure; "relativement moderne, a conservé le massif primitif de la tour Phasaël; la troisième enfin, qui paraît moderne, a pris de son côté la place et les dimensions de la tour Mariamne. V
Voici quelques mesures que j'ai notées avec soin :
La tour contre laquelle s'appuie l'enceinte extérieure de la ville a 16 mètres 40 de largeur sur son plus grand côté,
13 mètres sur le plus petit. Elle n’est donc pas carrée. Josèphe
TOURSrHIPPICUSS PHASAEES PTE MARIAMNE 13£
se figurait que les tours qu'il décrivait étaient carrées toutes Jesstrois: endconséquente. til s'est#bornén a donners une, seule des dimensions. S'il en est ainsi, on m’accordera qu'entre 15hmétres etur3rmetres 12h41 accorde peut#passér pour! satis: faisant.
Le puits signalé par Josèphe comme appartenant à la tour Hippicus, avait ro mètres 50 de profondeur. Avec une ficelle au bout de laquelle était attachée une pierre, nous avons mesuré la profondeur actuelle, en laissant descendre le poids, même à travers la vase molle et jusqu’à refus; résultat : Gbmètres. 55: .Onler voit, :sitla, mesure donnée par Josèphe st Tisoureusemmentmexacte, «4 (mêétrest "25e dér décombres::se seraient accumulés au fond du puits. Non seulement cela n est pas étonnant, mais Je m'étonne que la couche encombrante ne soit pas plus considérable.
Il n'y a donc pas de doute à conserver : la tour voisine de la porte de Beït-Lehem a pris la place de la tour Hippicus.
Passons à la seconde, à la tour Phasaël. Celle-ci avait 21 mèêtres de côté, suivant Josèphe. La tour de David, sur la plate-forme supérieure, épaisseur du parapet moderne comprise, MH Mmetreso{ssurt 16 metres 36: 1elle est pas" carrée:non plus, mais l’une de ses dimensions ne diffère que de 4 centimètres de celle signalée par l'historien juif. Certes, nous pouvons hardiment conclure que la tour de David est la tour Phasaël.
Enfin, la tour Mariamne avait d’après Josèphe 10 mètres 50 dércôte.2L4 tour modèérne a ro métrest4otsur 1171) mètrés 66 à 10 centimètres près, là encore il y a accord absolu, et notre troisième tour a pris la place de la tour Mariamne.
Rien ne change en Orient. Où il y a eu trois tours dans l'antiquité, trois tours ont été maintenues depuis. Josèphe les cite dans l’ordre suivant : Hippicus, Phasaël, Mariamne; et,
une fois Hippicus reconnue, nous retrouvons les autres dans
+ l’ordre voulu. En vérité, il faudrait être difficile pour ne pas voir ici autre chose que des coïincidences fortuites. .
Les trois citadelles furent le dernier refuge des Juifs assiégés par Titus après la destruction du temple.
Quand Titus s’en fut emparé, il s’écria : « Nous avons combattu avec la faveur des dieux, car un dieu seul a pu chasser es Juifs de forteresses pareilles ! Qu'’auraient pu faire la main de l’homme et la puissance des machines contre de semblables citadelles? » s
Puis il donna l’ordre de détruire la ville entière, et demne respecter que tces-ttrois tours, pour, montrer A Mapostémtende quelle ville et de quelles fortifications la vaillance romaine était venue à bout.
En y réfléchissant sur place, il m'est venu une idée peutêtre moins maladroite qu'elle n’en a l’air. C’est de la tour de David qu'ont parlé les voyageurs de tous les temps, à cause de son appareil colossal qui constitue absolument un massif. Josèphe prétend que les deux autres étaient massives aussi, du moins jusqu’à une certaine hauteur qu’il indique sans se préoccuper du puits d’'Hippicus, lequel, en vérité, était grandement en contradiction avec l'existence d’une base massive.
Si Josèphe a altéré la vérité sur le compte d'Hippicus, il peut l’avoir altérée également sur le compte de la tour Mariamne, où la salle basse, jonchée de fusils, démontre à l’évidence que cette tour-là non plus n’a pas une base compacte et massive. Titus avait fait respecter les trois tours merveilleuses. Qui donc, depuis lui, se serait avisé de détruire à grands frais, et inutilement, deux masses analogues à celles de la tour de David? Je défie que l’on me cite un seul moment où pareil fait aurait pu se produire dans l’histoire. Me voilà presque sûr qu'Hérode utilisa le massif de la tour de David, existant de toute antiquité, pour élever par-dessus la tour de Phasaël,
et qu’en copiant à sa manière et avec les habitudes de son
An
TOURS HIPPICUS, PHASAEL ET MARIAMNE F> temps il a construit de fond en comble Hippicus et Mariamne. Voici les paroles d’un des plus anciens pèlerins, Antonin de Plaisance, qui visita Jérusalem vers 570: & « De là, nous montèmes à la tour de David, où il composa le psautier. : Elle est'très grande, et des cénobites vivent dans toutes les chambres. Carrée etren pierres: de taille, ellé n'a pas de.toit. Les chrétiens’ÿy vont passer la nuit par dévotion , et vers minuit, ils entendent le murmure de voix partant de Ia vallée de Josaphat, du côté du Jourdain, et des lieux voisins de Sodome et de Gomorrhe ».
Donc, à l’époque où Antonin de Plaisance accomplit son voyage, la tour passait pour être l’œuvre de David.
Quand je pense qu'il s’est trouvé des architectes et des antiquaires capables de reconnaître dans l'appareil de cette forteresse les caractères d’une œuvre d'Hérode, certes, je me demande si je ne suis pas fou, ou bien si ce ne sont pas mes contradicteurs qui ont mis de côté toute espèce de sens archéologique, afin d’être plus à l'aise pour défendre leurs théories préconçues.
Les monnaies et les sceaux des rois latins de Jérusalem nous donnent l’image, fort grossière sans doute, mais cependant Féconnassable, de lattour- de David."Césont celles-au nom d’un Baudouin, et les monnaies anciennes qui portent pour légende les mots: Turris David.
Les monnaies des rois qui ne furent plus que titulaires, comme Amauri [I et Jean de Brienne, portent, comme celles de Gui de Lusignan qui resta maïtre de sa capitale depuis septembre 1185 jusqu’à 1187, l'image du Saint-Sépulcre.
Peut-être ce changement de type eut-1l lieu précisément lorsque les rois latins reprirent leur lutte impuissante pour reconquérir le tombeau du Christ, que Selah-ed-Dyn leur avait définitivement enlevé.
Pour terminer ce qui est relatif à cette tour, je donnerai les
dimensions d’un seul des blocs qui constituent le massif. Il
a 3: metres 26: de longueur; cn métresx25:dethaureun etant d'épaisseur. J’ai choisi ce bloc, d’abord à cause de sa taille, surtout à cause d’une particularité qui le distingue de tous les autres! LL éstumuni dedeux encadrements: lé premier, extérieur ; le second. en saillie sur l’autre; ‘tandis que la partie centrale du bloc est en saillie de 4 centimètres sur l’encadrement intérieur. Je ne me rappelle pas avoir apercu dans l’enceinte du Haram-ech-Chérif un seul bloc orné comme celui-ci
d'une double bordure.