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= ANS toute l'enceinte Mmilitaire actuelle den
ville de Jérusalem, abstraction faite des murailles extérieures du Haram-ech-Chérif,: il n'est qu’un seul point où l’on reconnaisse manifestement un travail contemporain de David: JeWwars de décrire.
Lorsqu'on suit la face sud du Haramech-Chérif, on arrive à une branche de muraille qui coupe en deux la porte hérodienne dite Sous-el-Aksa. Cette branche s’élève perpendiculairement sur la face sud du Haram, se dirigeant elle-même vers le sud sur une longueur de plus de 19 mètres. Là, elle s’infléchit à angle droit vers l’ouest, puis vient un nouveau crochet vers le sud, et vers l’ouest un retour d’équerre. Ces quatre pans de muraille sont en maconnerie récente, turque probablement. Mais au point où nous sommes, le gros appareil judaïque reparaît et descend vers le sud sur une longueur de 61 mètres. A quelque distance de cette branche en commence une autre beaucoup plus étendue,
dirigée à l’ouest, et de construction dite salomonienne; celle-ci
LA MURAILLE D'’OPHEL 139
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a 150 mètres de longueur, et s’arrête à une tour carrée, mo=. derne relativement, qui présente 6 mètres de face, et 5 mètres de saillie sur l’enceinte. Dans le flanc gauche de la tour on voit une poterne close par une porte de fer; c'est la même dont j'ai parlé déjà, et par laquelle passent dans la saison d'été les sakka avec leurs ânes, lorsqu'ils vont s’approvisionner d’eau au Bir-Eyoub.
Cette magnifique muraille, étudiée par moi et mesurée avec sons lorsmdemanspremier séjour ta" Jérusalèm er l'avais déclarée de la plus haute antiquité, et j’y avais vu le mur construit par le roi Manassé pour couvrir le faubourg d’Ophel. Comme il était convenu que je ne pouvais avancer que des sottises, ou, pour être plus poli, que des rêveries, on prétendit que ce n’était là qu’une muraille hérodienne tout au plus, remaniée par les musulmans. Naturellement, je me sentis piqué au jeu, et de retour à Jérusalem, je me promis bien d’y regarder de plus près.
J'y retournai donc avec mon ami Salzmann portant son appareil photographique, et, après une longue et minutieuse inspection, nous restâmes plus convaincus que jamais de l’exactitude de ma première appréciation.
Évidemment, les assises inférieures de ces murs sont d’une antiquité très reculée; elles sont formées de blocs considérables avec encadrement et à surface grossièrement taillée, pour la plupart. La taille était plus soignée pour les blocs destinés aux angles, à celui surtout qui relie la longue face dirigée vers la poterne, et la face perpendiculaire à la muraille sud du Haram-ech-Chérif. Là, le bloc de la seconde assise a 2 mètres 85 dé lonsuenresur-dlarfacel/sud, 1: metre, 50! envretour sur la face est; il atteint une hauteur de r mètre 20. Le bloc qui Surmonterceluique, je: viens de citer n'à que 1 métre. 35 sur la face sud, mais 2 mètres 45 sur la face est, et sa hauteur est
de r mètre 30. On voit que ces dimensions sont énormes.
Toutes les arêtes y sont verticales, et, comme à l’angle sudest du Haram-ech-Chérif, les assises se présentent en retraite les unes sur les autres. Certes, voilà deux constructions dont l’âge ne doit pas différer de beaucoup. On a prétendu que la muraille avait été remaniée, qu'elle ‘étaitsarabe. Æn ce/cas les Arabes étaient de mauvais constructeurs, car en maniant des blocs pareils, dont ils pouvaient disposer à leur gré, et qu’il était si naturel de rendre jointifs, ils ont eu l’idée de laisser par-ci par-là, dans ces immenses assises, quelques places vides pour les reboucher avec de la maçonnerie de petit appareil, au lieu de pousser un peu plus à droite ou à gauche deux des blocs qu'ils voulaient utiliser. Au reste, c’est là, hàtons-nous de le dire, une hypothèse dont le simple bon sens fait immédiatement justice.
Ces assises sont moins anciennes, je le veux bien, que celles du Haram-ech-Chérif, mais à coup sûr elles datent de l’empire judaïque, et puisque nous savons que Manassé a élevé la muraille d'Ophel, je me permets, sans l’ombre de scrupules, d'affirmer de nouveau que ces assises gigantesques sont l’œuvre de Manassé, quoi qu’on en dise.
Elles ont été construites au septième siècle avant notre ère, entre 698 et 645.
A propos de la muraille d'Ophel, je ne puis me dispenser de parler des fouilles intéressantes qui viennent d’être pratiquées dans ces dernières années en avant de la face sud du Haram-ech-Chérif, par les officiers anglais envoyés à Jérusalem par le comité d’exploration de la Palestine.
Au-dessous du sol, ils ont découvert un mur antique construit en gros blocs dont l’assise supérieure avait 1 mètre 14 de hauteur, tandis que l'assise inférieure n’en avait plus que 53 centimètres, hauteur constante des pierres employées par Hérode à la construction de l'Hérodium.
Cette muraille, que la commission anglaise a déclaré être Île
LA MORAIECE CDI OPITEE [AI
mur d'Ophel élevé par le roi Manassé, est garnie de trois tours en assez faible saillie. On l’a suivie sur une longueur de 210 mètres; puis brusquement elle s'arrête.
Est-ce bien là le véritable mur d’Ophel ? Non, et pour une bonne raison ; c’est qu'il n’a aucun des caractères d’une construction de l’époque des rois de Juda. D'ailleurs, le faubourg d'Ophel s’étendait-il au-delà de la porte Sous-el-Aksa ? Je n’en GrOIS Rien.
Nous savons, par le témoignage d’'Antonin de Plaisance, que l’impératrice Eudoxie avait ajouté des murailles à celles que possédait déjà la ville, et que cette enceinte nouvelle reliait la fontaine de Siloé à Jérusalem. Je ne sais si réellement Eudoxie a bâti des murailles contournant au sud la piscine de Siloé ; jen doutais fort, et j’en doute encore. Mais la découverte du prétendu mur d'Ophel m'a fait revenir en partie de ce doute absolu, et je crois volontiers qu’il s’agit ici d’une œuvre byzantine plutôt que d’un mur judaïque.
Pour moi, le véritable mur d’Ophel est celui que j'ai reconnu comme tel,et qui me semble très bien limiter au sud et
à l’est lé quartier que l’on appelait ainsi.
9 9 UJOURD HUI que les archéologues anglais, AN |
grâce aux fouilles qu’ils ont provoquées tout le long de l’enceinte du Haram-ech-Chérif, ont été contraints d’attribuer à Salomon une bonne partie de ces vénérables murailles, comme je lPavais fait il y a vingt-cinq ans, je me sens plus à l'aise pour étudier ces assises imposantes dont l'appréciation m'avait valu une série indéfinie de dénégations et de sarcasmes.
Mais j'aurai le triomphe bon enfant, et ne rendrai pas aux adversaires d’alors le dédain avec lequel ils accueillaient mon opinion. Je me contenterai de signaler aux pèlerins futurs les parties de ces murailles”"splendides devant lesquelles ils feront bien de s'arrêter souvent et avec attention pour contempler l'œuvre d’un grand roi.
Un tiers de la longueur de la face nord du Haram-ech- Chérif est protégé par une vaste piscine à ciel ouvert, qui porte le nom de Birket-Israël.
En approchant du bord du Birket-Israël, on reconnaît un
angle de grand appareil. Quatre belles assises de blocs énormes à encadrement (à refend, comme disent les architectes) font retour sur la face nord de l'enceinte actuelle. Au-dessus de ces quatre assises, paraît un pan de mur hérodien, percé d’une baie à plein cintre. Le rempart moderne de Jérusalem s'appuie contre cette construction gigantesque, et forme la suite de la face orientale du Haram-ech-Chérif, laquelle se trouve ainsi reliée à l’enceinte actuelle de la ville.
Sortant de la porte Saint-Étienne et tournant à droite, on longe une muraille de la même époque et dont l’âge est fixé par la présence des lions passants qui caractérisent les monnaies du soulthan mamlouk Beibars.
A 5r mètres de la porte, le mur d’enceinte est recoupé par une longue ligne verticale servant d’arête extrême à une construction en grand appareil. Ce n’est que l’arête angulaire du mur primitif dont nous avons vu ce qui reste du côté nord, c'est-à-dire au bord du Birket-fsraël.
Là, onze magnifiques assises de blocs salomoniens sont restées intactes, s'étendant vers le sud sur la face de la muraille. Quelques-unes de ces pierres ont une très forte saillie en bossage, en dehors du plan dans lequel sont compris les bordures de jointoiement ou les refends.
J'en ai mesuré deux qui n’ont pas moins de 5 mètres 28 et 7'imetres 25 deïonsueur, sur omeètré de hauteur. On-peut juger par là de l’énormité du mur.
Les onze assises cessent bientôt de se montrer, seules les inférieures étant restées en place. Ce pan de mur présente un développement total de plus de 25 mètres, et à son extrémité commence une face de 45 mètres, avec soubassement de deux assises de blocs, aussi de grand appareil, en faible retraite l’une sur l’autre.
Puis à l'extrémité sud des 45 mètres reparaît l’appareil salo-
monien , avec une saillie telle, qu’il suit à peu près exacte-
ment le prolongement de la face du même appareil de l'angle nord-est du Haram. Tout le long de cette partie, et au-dessus des gros blocs supérieurs, règne une rigole-aqueduc qui a dû servir à évacuer les eaux provenant de l’intérieur du Haram.
A 25 mètres en decà du nouvel angle, se trouvent deux assises sans retraite, formées de deux blocs énormes ayant 5 mêtres 75 de longueur sur. r mêtre 65 de- hauteur. Entre eux et le nouveau mur de grand appareil, les pierres employées sont petites; ici le mur d’enceinte est, par conséquent, beaucoup plus moderne; on aura voulu fermer une brèche.
La face suivante, qui commence juste à 8o mètres de l'angle nord-est du Haram, a un développement de plus de 2r mètres, mais les assises inférieures sont seules du grand appareil.
Vient alors une nouvelle façade, avec 2 mèêtres de saillie, et un développement de près de 17 mètres; c’est là que s'élève la double porte appelée porte Dorée.
Sauf les pieds-droits des deux arcs et les archivoltes, tout y est moderne et de construction turque. Ces pieds-droits ont 2 mètres 10 de largeur, et sont construits assez négligemment en grosses pierres de taille, bien supérieures sans doute aux blocs de la maconnerie moderne dans laquelle on les a enclavés, mais de beaucoup inférieures par leurs dimensions ux blocs salomoniens. La largeur de chacune des deux arcades de la'porte/Dôrée est, deL5 mètres S5-\celquiMaÎtots te icCondecs judaïques et un tiers.
Dans la maçonnerie moderne, au sommet de la muraille et au-dessus du centre même de la Double porte, est compris un chapiteau antique, d’apparence romaine, autant qu’on en peut juger à pareille hauteur.
Au delà de la porte Dorée, en marchant vers le sud, on trouve bientôt la-vpetite, poterne. murée que jai reconnueet décrite le premier. Depuis le ressaut de la face dans laquelle
est percée la porte Dorée, jusqu'au côté droit de la poterne,
toute la base du mur d’enceinte est de l’ancien style, et la hauteur de la poterne est formée exactement de deux hauteurs des assises de ces blocs imposants. A partir du pied-droit de gauche de la poterne, la construction en grand appareil cesse de se montrer sur une certaine longueur, mais l’appareil employé là est toujours très beau. Ou bien nous avons ici, ainst/que je le /crois.vunupantide mur !de: l’époque d'Hérode: OU SDien cest: une, reconstruction, de l’époque où, Adrien fit construire sur le saint des saints le temple de Jupiter Capitolin.
Cette face n’a qu’un développement d'environ 18 mètres, et un petit édicule carré recouvrant des tombes musulmanes lui est adossé. A partir de là, le mur se prolonge en très forte saillie sur la face précédente, et sur une étendue de 194 mètres; on y reconnaît un rhabillage turc. C’est dans la même partie de l'enceinte que se voient encastrés dans la maçonnerie quelques tronçons de colonnes, parfois de matière magnifique. Je les prends pour les débris des édifices somptueux qui se sont succédé sur le plateau du mont Moriah.
Au bout des 104 mètres de mur moderne reparaissent, sur une longueur de 9 mèêtres seulement, les grandes pierres, puis on trouve de nouveau le rhabillage moderne; mais à partir de là jusqu’à l'angle sud-est du Haram-ech-Chérif, les blocs de grand appareil se voient partout en place, et plusieurs d’entre eux atteignent des dimensions étonnantes.
À 25 mètres en arrière de l'angle sud-est, le mur rentre légèrement pour faire saillie presque aussitôt sur une longueur de 6 mètres et rentrer éncore sur une longueur plus faible.
Il y a donc, en d’autres termes, une saillie de mur en grand appareil de 6 mètres de développement, encadrée entre deux
petites faces en retraite. L'assise inférieure est aux trois quarts enterrée dans des détritus de toute nature amoncelés presque partout autour de l’enceinte du Haram.
L’assise au-dessus de celle dont je viens de parler se com-
t Lo .
î ec 146 JÉRUSALEM
pose de deux grands blocs et d’une pierre carrée qui a été rajustée à droite. Les deux blocs principaux simulent un énorme boudin ou tore. Au-dessus se voit une assise de r mètre 50 de hauteur, formée de deux blocs égaux, larges de 3 mètres chacun, et taillés en véritables voussoirs, c’est-à-dire évidés en arcs de cercle à la partie inférieure. Une seule pierre recouvre ces voussoirs, et constituait le sol d’une vraie fenêtre à balcon. Enfin, au ras du sol de la fenêtre, mais à gauche, se voit dans le mur un bloc assez gros qui porte deux encastrements carrés. Sauf meilleur avis, ces encastrements n’ont pas été taillés sans raison; vraisemblablement, ils ont assujetti une balustrade qui garnissait la double baie à balcon.
Tel était, en 1850, l’état dans lequel se trouvait cette portion intéressamte de l’enceinte. En 1860, les remblais avaient été accumulés en si grande quantité au pied de la muraille, que le tore mentionné plus haut se trouvait au ras du sol.
Lorsque j'en parlai à Schultz, dont les travaux sur la Terre sainte sont si estimés, et qui était alors consul à Jérusalem, il me félicita grandement de la découverte que je venais de faire en reconnaissant cette fenêtre à balcon.
Mais revenons vite à l’enceinte extérieure du Haram.
A l’arête même de l’angle sud-est se manifeste d’une facon ‘videnteé la retraite de chacune des assises du grand appareil sur celle qu’elle recouvre. Le sommet de cette magnifique muraille montre, partout où elle est entièrement conservée, un cordon en saillie tout à fait semblable à celui qui se voit au Haram d'Hébron.
Les fouilles anglaises ont fait découvrir l’assise posée sur le roc, à l’angle sud-est, à une profondeur de 8o pieds anglais ou 24 mètres 32 au-dessous du sol actuel, ce qui donne à la muraille une hauteur totale d'environ 45 mêtres. Voilà une hauteur respectable, on en conviendra! Quant à la nature de l'appareil,
on: a constaté que dans toute laMpartie. enterrée. les Lassises