ENCEINTE EXTÉRIEURE DU TEMPLE
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sont exactement pareilles à celles qui se montrent au-dessus du sol. Cet angle sud-est a donc été construit en une seule fois, ét comme, sur l’assise la plus profondément enterrée, la face de quelques-uns des blocs a présenté de larges caractères phéniciens peints en rouge, comme repères de carriers et de macons, il a bien fallu se rendre à l’évidence et reconnaître, bon gré mal gré, que cette muraille gigantesque était l’œuvre de Salomon. |
A partir de l'angle sud-est, et en se dirigeant vers l’est, la muraille a un développement en ligne droite de plus de 146 mètres.
Le grand appareil se montre immédiatement à l’angle et continue sur une étendue de plus de 3r mètres, jusqu’à une porte ogivale aujourd’hui condamnée. Cette porte doit être de l’époque du royaume latin de Jérusalem. A 5o mètres à gauche, se voient trois grands arceaux de style romain et en plein cintre, murés d’ailleurs comme la porte elle-même.
Les. baies de cette triple porte ont chacune 4 mètres 32 d'ouverture, et leurs pieds-droits ont 1 ymêtre 75 de largeur. Puis les assises de grand appareil se prolongent sans interruption jusqu'auprès de la porte Sous-el-Aksa.
À la baie de gauche de la triple porte se trouve un autre bloc de grand appareil, orné de moulures qui ne sont ni grecques ni romaines. Évidemment, nous avons là un morceau du pied-droit primitif, resté en place. Or ‘ce fragment, qui se relie à des assises salomoniennes, a le même âge qu’elles, car il en offre tous les caractères. La triple porte en question est donc contemporaine de Salomon, mais elle a été réparée plus tard et a changé de physionomie.
À partir de la porte Sous-el-Aksa, le mur sud de l'enceinte du Haram est caché par des portions de l’enceinte militaire de Jérusalem, parmi lesquelles se voient les restes de la muraille
d'Ophel, construite par le roi Manassé, et que J'ai décrite déjà.
Pour retrouver l'enceinte du Haram, il faut rentrer dans la ville par la poterne de fer ou des Moghrabins, si d'aventure elle est ouverte, ou par le Bab-Sahioun, auquel cas on doit gagner la porte où sont établies les huttes des lépreux, et descendre par le côté oriental de Sion, au fond d’un petit vallon planté de cactus ou figuiers de Barbarie. Au bord opposé de ce vallon qui a pris la place du Tyropæœon, ou vallon des fromagers, on découvre l'angle sud-ouest de lenceinte cherchée.
Cet angle est du grand appareil à sa partie inférieure et se reconnaît facilement par-dessus le mur de clôture, assez bas en ce point, qui sépare le vallon planté de cactus d’une espèce de jardin situé au-dessous de la mosquée d’El-Aksa. Cette face sud de lenceinte du Haram, aussi loin qu’on peut la distinguer, est construite en grands blocs, mais bien moins gigantesques que celui de l’angle même.
L’encoignure à sa base est formée d'assises énormes, en. bon état, et-en retraite de 5centimètres les "nes sure autres. Là encore, les blocs sont encadrés par un cordon lisse d’une dizaine de centimètres de largeur. Quelques-uns des blocs atteignent des dimensions incroyables; ainsi l’un d’eux a une longueur de o mètres 35 sur plus d’un mètre de hauteur. Qui sait de combien il pénètre dans le massif ?
A 12 mètres en arrière de l'angle sud-ouest se trouve l'arche ruinée du pont qui reliait le temple au Xystus pardessus le Tyropæon. Puis à gauche du pont, c'est-à-dire en se dirigeant au nord, le grand appareil se montre sur une étendue de presque 20 mètres. Au delà sont des maisons particulières appuyées sur le mur de l'enceinte primitive du temple et qui constituent le pâté de constructions modernes masquant cette enceinte jusqu’au Heït-el-Morharby (le mur occidental), qu'il méTrestéatdeente
Longtemps avant de visiter Jérusalem pour la première fois,
je savais qu'il y existait, sur un point de l’enceinte de la mos-
quée qui a remplacé le temple des Juifs, un pan de muraille que ceux-ci ont de tout temps vénéré comme un débris du premier temple. Je savais de plus que le pied de ce mur, dont l'approche n’est pas interdite aux Juifs, était pour eux une sorte de sanctuaire où ils venaient prenne) vendredi soir. Ne comptant rencontrer à Jérusalem que cet unique échantillon des constructions primitives, on conçoit que ma première visite à l'enceinte du Haram dut être pour le Heït-el-Morharby. Toutefois, je dois le dire, j'avais entendu émettre tant de doutes sur l'antiquité du mur, que j'avais fini par croire que l’on pouvait tout au plus le faire remonter au temps d'Hérode.
A force d'argent, les enfants d’Israël ont obtenu des Turcs que l'approche de cette muraille leur fût permise. La base en a été dégagée pour former une espèce de petite place étroite, ou mieux,.de ruelle.
Sur une hauteur de plus de 12 mètres, la construction primutive est Téstéenthtacte. Jusqu'à 2, où 3° mêtres au plus du faîte dela. muraille} les assises ‘de blocshà encadrement. sont superposées. Il suffit d’un coup d'œil pour reconnaître que jamais mur semblable n’a été construit ni par les Grecs ni par les Romains ; nous avons infailliblement là un superbe spécimen d'art judaïque.
Dans les assises inférieures, les blocs sont assez régulière- .ment d’une largeur double de leur hauteur ; parfois cependant des blocs carrés se trouvent intercalés entre d’autres à grande largeur. Les quatre dernières assises vers le sommet du mur se composent aussi de blocs carrés, sauf lavant - dernière, formée de pierres trois fois plus longues que hautes. A mesure que les assises s'élèvent, les dimensions des blocs diminuent. Enfin, chaque assise est en retraite de 5 centimètres sur celle qui la précède, et ces retraites successives, déjà constatées partout où règne le grand appareil, produisent un fruit
considérable, et difficile, je crois, à retrouver ailleurs.
La portion de muraille dont l’approche est permise aux juifs est comprise entre le mur d’enceinte du Mekhemeh (tribunal) et le mur de clôture d’une maison particulière. Mesurée entre ‘ces deux fimites lan longutursestider20 "metres vo tan delà des barrières formées par les habitations modernes que je viens de citer, le mur antique se voit encore sur une étendue de:12 -mèêtres "énvironttan dronecrenidenrrmeétrestateauehe c'est-à-dire vers le Mekhemeh. Plus loin, il est masqué; mais, lors de mon second séjour à Jérusalem, en 1863, j'ai pu à l’aise étudier les substructions du Mekhemeh et reconnaître la muraille primitive, sur une cinquantaine de mètres de plus que ce qui est apparent.
Enfin, Pœuvre de Salomon est couronnée à son sommet par quelques assises régulières, il est vrai, mais construites en
petites pierres de taille. Elles ne sont pas anciennes. tailles cOnSI-
Sur la face du mur primitif se montrent des.
pus dérables qui ont servi, à une époque indéterminée, à appliquer
. . . . . Là à un pignon triangulaire en ce point de l'enceinte sacrée. Ces 4
entailles, creusées en niche, c’est-à-dire arrondies au sommet, et
à encastrement rectangulaire à la ‘base, ont des dimensions dif-
férentes, mais lune d’elles mesure jusqu’à 1 mètre 50 de hau-
$ trouvé‘la la porte judaïque que les musul-
teur. Au-dessus # mans nomment Bab- Me
Il n’est pas Possible de reconnaître au delà du Mekhemeh le,
point où cesse de se montrer le grand appareil dans l'enceinte actuelle du Haram-ech-Chérif, car les constructions particulières, celles du bazar spécialement, en encombrent les approches. |
J'ai, dès le premier jour où je me suis trouvé devant ces blocs gigantesques déclaré que c'était là l’ouvrage des architectes de Salomon. Les dénégations les plus absolues m’ont été opposées, en Angleterre surtout, où le public s'intéresse si
vivement et si justement à tout ce qui touche l’histoire biblique.
Ds
PT